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Etudes épidémiologiques de la leucémie infantile (en dehors des CEM)

Etudes épidémiologiques de la leucémie infantile (en dehors des CEM)

EFFECTS OF MATERNAL DIET DURING PREGNANCY ON THE RISK OF CHILDHOOD ACUTE LYMPHOBLASTIC LEUKEMIA: A SYSTEMATIC REVIEW.
[Effets de l’alimentation de la mère pendant la grossesse sur le risque de leucémie lymphoblastique aigue chez l’enfant : une revue systématique.]
Abiri B, Kelishadi R, Sadeghi H, Azizi-Soleiman F.
Nutr Cancer. 2016 Oct;68(7):1065-72.

La leucémie lymphoblastique aiguë (LLA) est le type le plus fréquent de leucémie chez les enfants. Son développement pourrait être lié à l'alimentation maternelle. Le but de cette étude était d'évaluer les facteurs de risque de LLA en relation avec l’alimentation des futures mamans. Les auteurs ont fait des recherches dans les bases de données MEDLINE, Cochrane Library, Springer Link, Wiley Online, Science Direct, Mosby, ISI Web of Science, OVID, ProQuest et Scopus jusqu'au 2 février 2016. Deux examinateurs ont parcouru les titres, les résumés et les mots clés d'articles après exclusion des doublons. Des études cas-témoins évaluant la relation entre l'alimentation pendant la grossesse et LLA infantile ont été incluses. La recherche a abouti à 2 940 articles, dont 11 articles en texte intégral remplissaient les critères d'inclusion et ont été analysés. Les résultats de ces études suggèrent que le régime alimentaire maternel composé en grande partie de légumes, de fruits et de sources de protéines avant et pendant la grossesse peut réduire le risque de LLA chez les enfants. La consommation d'alcool par la mère n'a aucun effet. Néanmoins, les limites inhérentes aux études cas-témoins telles que l'erreur de mesure, l'erreur aléatoire, le biais de rappel et le biais de sélection empêchent de conclure.

Conclusions : Persuader les femmes enceintes de suivre une alimentation saine et riche en fruits, en légumes et en protéines pourrait réduire le risque de LLA. Éviter l'apport d'alcool semble prudent.

CHILDHOOD ACUTE LYMPHOBLASTIC LEUKAEMIA AND INDICATORS OF EARLY IMMUNE STIMULATION: THE ESTELLE STUDY (SFCE).
[LEUCÉMIE LYMPHOBLASTIQUE AIGUE DE L’ENFANT ET DES INDICATEURS D’UNE STIMULATION IMMUNITAIRE PRÉCOCE: L’ÉTUDE ESTELLE (SFCE)]
Ajrouche R, Rudant J, Orsi L, Petit A, Baruchel A, Lambilliotte A, Gambart M, Michel G, Bertrand Y, Ducassou S, Gandemer V, Paillard C, Saumet L, Blin N, Hémon D, Clavel J.
Br J Cancer. 2015 Mar 17;112(6):1017-26.

Les facteurs liés à la stimulation précoce du système immunitaire (allaitement maternel, exposition à des agents infectieux, accouchement normal, et exposition à des animaux en début de vie) pourraient diminuer le risque de leucémie lymphoblastique aiguë (LLA).

L'étude cas-témoins basée sur les registres nationaux, ESTELLE, a été réalisée en France en 2010-2011. Les contrôles ont été appariés selon l'âge et le sexe. Les taux de participation étaient de 93% pour les malades et 86% pour les contrôles. Les données ont été obtenues à partir des questionnaires administrés aux mères par téléphone. Les odds ratios (OR) ont été estimés en utilisant des modèles de régression inconditionnels ajustés pour l'âge, le sexe et les facteurs confondants potentiels.

En tout, 617 LLA et 1225 contrôles âgés ≥1 ans ont été inclus. Des associations inverses ont été observées entre LLA et les infections précoces communes (OR = 0,8, intervalle de confiance à 95% (IC): 0,6, 1,0), non premiers-nés (≥3 vs 1; OR = 0,7, IC 95%: 0,5, 1,0), la fréquentation d’une garderie avant l'âge de 1 an (OR = 0,7, IC 95%: 0,5, 1,0), l'allaitement maternel (OR = 0,8, IC 95%: 0,7, 1,0), et des contacts réguliers avec des animaux domestiques (OR = 0,8, 95% CI: 0,7, 1,0) dans la petite enfance.

Conclusions: Ces résultats soutiennent l'hypothèse d’un rôle protecteur à l'égard de LLA des conditions favorisant la maturation du système immunitaire dans l'enfance.

ROAD TRAFFIC AND CHILDHOOD LEUKEMIA: THE ESCALE STUDY (SFCE).
[Trafic routier et leucémie infantile: l'étude ESCALE (SFCE).]
Amigou A, Sermage-Faure C, Orsi L, Leverger G, Baruchel A, Bertrand Y, Nelken B, Robert A, Michel G, Margueritte G, Perel Y, Mechinaud F, Bordigoni P, Hémon D, Clavel J.
Environ Health Perspect. 2011;119(4):566-572.

Une étude cas-témoins basée sur les registres nationaux (ESCALE : Étude sur les cancers et les Leucémies de l'Enfant, Étude sur les facteurs de risque environnementaux et génétiques des cancers infantiles et la leucémie) réalisée en France a été utilisée pour évaluer l'effet de l'exposition aux gaz d'échappement du trafic routier sur le risque de leucémie infantile.

Durant la période d'étude , 2003-2004, 763 cas et 1681 contrôles de < 15 ans ont été inclus, et les contrôles ont été appariés avec les cas selon l'âge et le sexe. Les données de l'ESCALE o nt été recueillies par un entretien téléphonique standardisé avec l es mères. Différents indicateurs d'exposition à la circulation routière et la pollution ont été déterminés à l'aide du géocodage des adresses au moment du diagnostic pour les cas et au moment de l'interview pour les contrôles. Des indicateurs de la distance , et de la densité , des routes principales et les concentrations de dioxyde d'azote dérivées des données d'émission de la circulation routière (NO 2 ) ont été utilisés. Les odds ratios (OR) ont été estimés en utilisant des modèles de régression non conditionnelle ajustés pour des facteurs confondants potentiels .

La leucémie aiguë (AL) était significativement associée à des estimations de la concentration en NO 2 liée au trafic > 27,7 mg / m³ par rapport à la concentration en NO 2 < 21,9 g / m³ [ OR = 1,2; intervalle de confiance (IC) , 1,0 à 1,5 ] et avec la présence d'une route à fort trafic à moins de 500 m par rapport à l' absence d' une route à fort trafic dans la même zone (OR = 2,0 , IC 95%, 1,0 à 3,6 ). Une association significative a été trouvée entre l' AL et une forte densité de routes à fort trafic à moins de 500 m par rapport à la catégorie de référence càd sans route à fort trafic à moins de 500 m ( OR = 2,2, IC 95%, 1,1 à 4,2 ), avec une association linéaire positive significative entre AL et l a longueur totale des routes à fort trafic dans les 500 m.

Conclusions: Cette étude soutient l'hypothèse selon laquelle vivre à proximité de routes à fort trafic augmenterait le risque de leucémie infantile.

BREASTFEEDING AND CHILDHOOD LEUKEMIA INCIDENCE: A META-ANALYSIS AND SYSTEMATIC REVIEW.
[Allaitement maternel et incidence de leucémie infantile: une méta-analyse et une revue systématique.]
Amitay EL, Keinan-Boker L.
JAMA Pediatr. 2015;169(6):e151025.

L'objectif de cette étude était de procéder à une méta-analyse des données scientifiques disponibles sur l'association entre l'allaitement maternel et la leucémie infantile.

Une recherche approfondie des articles publiés entre janvier 1960 et décembre 2014 sur l'association entre l'allaitement maternel et la leucémie infantile a été menée dans PubMed, la Cochrane Library, et Scopus (recherche effectués en juillet et décembre 2014), complétée par des recherches manuelles dans les listes de référence. Pour être inclues dans les méta-analyses, les études devaient être cas-témoins; inclure l'allaitement comme une exposition mesurée et la leucémie comme un résultat mesuré; inclure des données sur la durée de l'allaitement maternel en mois; et être publiée dans une revue peer-reviewed avec le texte intégral disponible en anglais.

La recherche a identifié 25 études pertinentes, dont 18 répondaient à tous les critères d'inclusion. Aucun biais de publication ou d'hétérogénéité parmi ces 18 études n’a été détecté. La qualité de chaque étude qui répondait aux critères d'inclusion a été évaluée en utilisant l'échelle Newcastle-Ottawa. Des méta-analyses multiples ont été effectuées en utilisant le modèle d'effet aléatoire sur des données brutes dans le programme statistique StatsDirect.

La méta-analyse des 18 études a indiqué que, comparé à l'absence (ou une courte durée) d’allaitement, l'allaitement maternel pendant 6 mois ou plus est associé à un risque plus faible de 19% de leucémie infantile (odds ratio, 0,81; IC 95%, 0,73 à 0,89). Une méta-analyse séparée de 15 études indique un risque de 11% inférieur dans le groupe “allaité” par rapport au groupe “jamais allaité”. (odds ratio, 0,89; IC 95%, 0,84 à 0,94), bien que la définition de “jamais allaité” diffère selon les études. Toutes les méta-analyses des sous-groupes des 18 études ont montré des associations similaires. En se basant sur les résultats actuels, 14% à 19% de tous les cas de leucémie infantile pourraient être prévenus par l'allaitement maternel pendant 6 mois ou plus.

Conclusions: Cette méta-analyse qui comprenait des études non inclues dans des méta-analyses précédentes indique que la promotion de l'allaitement maternel pendant 6 mois ou plus pourrait aider à réduire l'incidence de la leucémie infantile.

AIR POLLUTION AND CHILDHOOD LEUKAEMIA: A NATIONWIDE CASE-CONTROL STUDY IN ITALY.
[Pollution de l’air et leucémie infantile: une étude cas-témoins nationale en Italie.]
Badaloni C, Ranucci A, Cesaroni G, Zanini G, Vienneau D, Al-Aidrous F, De Hoogh K, Magnani C, Forastiere F; SETIL Study Group.
Occup Environ Med. 2013; 70(12):876-883.

La leucémie est le cancer le plus fréquent chez les enfants, mais l'étiologie est encore mal comprise. Les auteurs ont testé l'hypothèse selon laquelle la pollution de l'air liée à la circulation automobile serait associée à la leucémie pédiatrique en raison de l'exposition chronique à plusieurs carcinogènes potentiels.

L'étude italienne SETIL (“Study on the aetiology of lymphohematopoietic malignancies in children”) a été menée dans 14 régions italiennes. Tous les cas de leucémie chez des enfants âgés de ≤ 10 ans habitant ces régions (période 1998-2001) pouvaient être enrôlés dans l’étude. Deux témoins par cas, appariés sur la date de naissance, le sexe et la région de résidence ont été choisis au hasard à partir des registres de la population locale. L’évaluation de l'exposition à la résidence de la naissance comprend des indicateurs de trafic (distance des routes principales et longueur des routes principales à moins de 100 m) et les estimations des concentrations de polluants (particules -PM2.5 et PM10- et gaz -NO2 et O3-) selon le modèle de dispersion national et des modèles de régression de l’utilisation des terres. L'association entre les variables d'exposition et la leucémie a été évaluée par des analyses de régression logistique.

Les taux de participation sont de 91,4% chez les cas et 69,2% chez les témoins; 620 cas (544 lymphocytaire aiguë et 76 leucémie aiguë non lymphocytaire) et 957 témoins ont été inclus. Dans l'ensemble, si l'on considère la résidence à la naissance, 35,6% des cas et 42,4% des témoins vivaient le long de routes très fréquentées, et les niveaux moyens annuels de PM10 étaient de 33,3 (SD = 6,3) et 33,4 mg / m³ (SD = 6,5), respectivement. Aucune association n'a été trouvée, et tous les odd ratios, indépendamment de la méthode d'évaluation et des fenêtres d'exposition, étaient proches de la valeur nulle.

Conclusions: A partir de différentes stratégies d'évaluation de l'exposition, cette étude montre que la pollution de l'air ne semble pas influer sur l'incidence de la leucémie infantile.

EXPOSURE TO PROFESSIONAL PEST CONTROL TREATMENTS AND THE RISK OF CHILDHOOD ACUTE LYMPHOBLASTIC LEUKEMIA.
[Exposition professionnelle aux pesticides et risque de leucémie aigue lymphoblastique chez les enfants.]
Bailey HD , Armstrong BK, de Klerk NH, Fritschi L, Attia J, Scott RJ, Smibert E, Milne E; Aus-ALL Consortium.
Int J Cancer. 2011; 129: 1678-1688.

Des études antérieures suggèrent que l'exposition aux pesticides augmente le risque de leucémie aiguë lymphoblastique (ALL) infantile. Le but de cette étude était de déterminer si les traitements professionnels contre les parasites à l'intérieur ou autour de la maison avant la naissance ou pendant l'enfance augmentaient le risque d'ALL infantile. Les données de 388 cas et 870 contrôles appariés en fréquence ont été analysées à l'aide de régression logistique non conditionnelle, avec ajustement selon les variables appariées de l'étude et des facteurs confondants potentiels, pour calculer les odds ratios (OR). Une méta-analyse de ces résultats avec les résultats publiés dans des études antérieures a également été menée. Les OR pour les traitements antiparasitaires professionnels étaient de 1,19 (IC à 95% 0,83, 1,69) dans l'année précédant la grossesse, de 1,30 (IC à 95% 0,86, 1,97) pendant la grossesse et de 1,24 (IC à 95% 0,93, 1,65) pour ceux effectués après le naissance de l'enfant. Les OR pour l'exposition après la naissance étaient les plus élevés quand l'exposition avait eu lieu entre les âges de deux et trois ans. Les OR étaient élevés pour les traitements contre les termites avant la naissance. Les OR étaient plus élevés pour les cellules de l'ALL pré-B que pour les cellules T et pour t (12; 21) (ETV6-Runx-1) que pour d'autres sous-types cytogénétique. La mise en commun des OR à partir d'une méta-analyse de notre étude avec les trois études précédentes portant sur les traitements antiparasitaires professionnels au cours de la grossesse était de 1,37 (IC 95% 1.00, 1.88).

Conclusion: Les résultats de cette étude et ceux de la méta-analyse apportent des données d'un risque modérément accru d'ALL pour les traitements pesticides professionnels réalisés pendant la grossesse et peut-être pendant les premières années de l'enfant. Les analyses poolées de données obtenues à partir de collaborations internationales pourraient apporter plus de certitude quant à ces associations potentiellement importantes.

REFUELLING OF VEHICLES, THE USE OF WOOD BURNERS AND THE RISK OF ACUTE LYMPHOBLASTIC LEUKAEMIA IN CHILDHOOD.
[Ravitaillement en carburants des véhicules, utilisation du chauffage au bois et risque de leucémie lymphoblastique aigue chez les enfants.]
Bailey HD, de Klerk NH, Fritschi L, Attia J, Daubenton JD, Armstrong BK, Milne E; Aus-ALL Consortium.
Paediatr Perinat Epidemiol. 2011; 25: 528-539.

Il est plausible que l'exposition des parents avant la naissance de l'enfant à des sources de benzène augmente le risque de leucémie lymphoblastique aiguë de l'enfant (ALL). Le but de cette analyse était de déterminer si le ravitaillement en essence des véhicules avant la naissance ou la combustion du bois pour chauffer la maison avant ou après la naissance de l'enfant augmentaient le risque d'ALL infantile. Les données de 389 cas et 876 contrôles appariés en fréquence ont été analysées à l'aide d'une régression logistique inconditionnelle, avec ajustement pour les facteurs appariés de l'étude et les facteurs confondants potentiels. L'odds ratio (OR) pour la mère, faisant toujours le ravitaillement en carburants d'un véhicule à des fins non-professionnels avant ou pendant la grossesse était de 0,97 [intervalle de confiance à 95% (IC) 0,69, 1,38]. L'OR du père pour cette même exposition dans l'année avant la conception était de 0,88 [95% IC 0,52, 1,48]. L'OR pour l'utilisation d'un poêle à bois fermé pour chauffer la maison dans l'année, avant ou pendant la grossesse était de 1,41 [IC 95% 1,02, 1,94] et 1,25 [IC à 95% 0,92, 1,70] après la naissance.

Conclusion: les auteurs n'ont pas trouvé d'indication d'un risque accru d'ALL chez les enfants lors du ravitaillement non professionnel en carburants dans l'année avant la naissance et pendant la grossesse. Il existe de faibles indications d'une augmentation du risque en cas de chauffage au bois, mais pas de relation dose-réponse et le hasard pourrait expliquer ce résultat.

PARENTAL OCCUPATIONAL PESTICIDE EXPOSURE AND THE RISK OF CHILDHOOD LEUKEMIA IN THE OFFSPRING: FINDINGS FROM THE CHILDHOOD LEUKEMIA INTERNATIONAL CONSORTIUM.
[Exposition professionnelle des parents aux pesticides et risque de leucémie infantile chez les enfants : Résultats du consortium international de la leucémie infantile.]
Bailey HD1, Fritschi L, Infante-Rivard C, Glass DC, Miligi L, Dockerty JD, Lightfoot T, Clavel J, Roman E, Spector LG, Kaatsch P, Metayer C, Magnani C, Milne E, Polychronopoulou S, Simpson J, Rudant J, Sidi V, Rondelli R, Orsi L, Kang AY, Petridou E, Schüz J.
Int J Cancer. 20141 ;135(9):2157-2172.

L'exposition professionnelle des mères aux pesticides pendant la grossesse et / ou l'exposition professionnelle des pères aux pesticides lors de la conception seraient associées à un risque accru de leucémie chez les enfants. Afin d’obtenir une meilleure compréhension de l’association, les auteurs ont regroupés les données individuelles de 13 études cas-témoins du Consortium International. Les données professionnelles ont été harmonisées dans un format compatible.

Pour la leucémie lymphoblastique aigue, à partir des données de l’exposition des mères (pendant la grossesse) de 8236 malades et 14 850 contrôles, et des pères (lors de la conception) de 8169 malades et 14 201 contrôles, les auteurs ont calculé des odds ratio (OR) de 1,01 [intervalle de confiance de 95% (CI) 0,78, 1,30] et de 1,20 (95% 1,06, 1,38), respectivement.

Pour la leucémie myéloïde aiguë, à partir des données de l’exposition des mères (pendant la grossesse) de 1329 malades et 12 141 contrôles, et des pères (lors de la conception) de 1231 malades et 11 383 contrôles, les auteurs ont calculé des odds ratio (OR) de 1,94 (IC 1,19, 3,18) et de 0,91 (IC 0,66, 1,24.), respectivement.

Les résultats montrent une augmentation significative du risque de leucémie myéloïde chez les enfants des mères exposées aux pesticides pendant la grossesse. Les auteurs ont également constaté une légère augmentation du risque de leucémie lymphoblastique aigue des enfants dont les pères étaient exposés lors de la conception. Cette association semble plus importante chez les enfants diagnostiqués à l'âge de 5 ans ou plus et chez les malades d’ALL à cellules T, ce qui soulève des questions intéressantes quant aux mécanismes possibles.

PARENTAL OCCUPATIONAL PAINT EXPOSURE AND RISK OF CHILDHOOD LEUKEMIA IN THE OFFSPRING: FINDINGS FROM THE CHILDHOOD LEUKEMIA INTERNATIONAL CONSORTIUM.
[Exposition professionnelle des parents aux peintures et risque de leucémie infantile chez les enfants : Résultats du consortium international de la leucémie infantile.]
Bailey HD, Fritschi L, Metayer C, Infante-Rivard C, Magnani C, Petridou E, Roman E, Spector LG, Kaatsch P, Clavel J, Milne E, Dockerty JD, Glass DC, Lightfoot T, Miligi L, Rudant J, Baka M, Rondelli R, Amigou A, Simpson J, Kang AY, Moschovi M, Schüz J.
Cancer Causes Control. 2014; 25(10):1351-1367.

L'exposition professionnelle aux peintures lors de la conception ou la grossesse augmenterait le risque de leucémie infantile des enfants.

Les auteurs ont obtenu les données des participants de 13 études cas-témoins du Consortium international. Les données professionnelles ont été harmonisées dans un format compatible.

A partir des données individuelles des pères de 8185 malades et 14 210 contrôles, les odds ratio (OR) selon l’exposition des pères lors de la conception était de 0,93 [95% intervalle de confiance (IC) à 0,76, 1,14]. Les OR à partir des données de l’exposition des mères de 8156 malades et 14 568 contrôles pendant la grossesse étaient de 0,81 (IC 95% 0,39, 1,68). Pour la leucémie myéloïde aiguë (LMA), les OR des expositions paternelles et maternelles étaient de 0,96 (IC 95% 0,65, 1,41) et 1,31 (IC 95% 0,38, 4,47), respectivement, sur base des données de 1231 malades et 11 392 contrôles pour les pères et 1329 malades et 12 141 contrôles pour les mères.

Conclusions: Les résultats négatifs en relation avec l'exposition paternelle à la fois pour ALL et AML sont comparables à ceux des rapports précédents. Malgré la grande taille de l'échantillon, les résultats de l'exposition maternelle aux peintures pendant la grossesse sont basés sur un petit nombre d'exposés. Dans l'ensemble, aucune preuve n'a été constatée entre l'exposition professionnelle des parents aux peintures et un risque accru de leucémie chez les enfants, mais de nouvelles données sur l'exposition à la maison sont nécessaires.

HOME PESTICIDE EXPOSURES AND RISK OF CHILDHOOD LEUKEMIA: FINDINGS FROM THE CHILDHOOD LEUKEMIA INTERNATIONAL CONSORTIUM.
[Exposition domestique aux pesticides et risqué de leucémie infantile: résultats du « Childhood Leukemia International Consortium ».]
Bailey HD, Infante-Rivard C, Metayer C, Clavel J, Lightfoot T, Kaatsch P, Roman E, Magnani C, Spector LG, Th Petridou E, Milne E, Dockerty JD, Miligi L, Armstrong BK, Rudant J, Fritschi L, Simpson J, Zhang L, Rondelli R, Baka M, Orsi L, Moschovi M, Kang AY, Schüz J.
Int J Cancer. 2015;137(11):2644-2663.

Certaines études antérieures ont suggéré que l'exposition domestique aux pesticides avant la naissance et pendant les premières années d'un enfant pourrait augmenter le risque de leucémie infantile. Pour aller plus loin, les auteurs ont mis en commun les données de 12 études cas-témoins du consortium international. Les données d'exposition ont été harmonisées dans des formats compatibles. Les analyses ont été réalisées par régression logistique multivariée inconditionnelle. L’odd ratio (OR) pour la leucémie lymphoblastique aiguë (LLA) associé à une exposition aux pesticides peu avant la conception, pendant la grossesse et après la naissance était de 1,39 (intervalle de confiance [IC à 95% : 1,25, 1,55) (en utilisant 2785 cas et 3635 contrôles), 1,43 (IC à 95% : 1,32 1,54) (5055 cas et 7370 contrôles) et 1,36 (IC à 95% 1,23, 1,51) (4162 cas et 5179 contrôles), respectivement. Les OR correspondants pour le risque de la leucémie myéloïde aiguë (LMA) étaient 1,49 (IC à 95% : 1,02 2,16) (173 cas et 1.789 contrôles), 1,55 (IC à 95% : 1,21 1,99) (344 cas et 4666 contrôles) et 1,08 (IC à 95% : 0,76, 1,53) (198 cas et 2655 contrôles), respectivement. Il y avait peu de différence selon le type de pesticide utilisé. La relative similitude des OR selon les types de leucémie, les périodes et les types de pesticides peut être expliquée par des modes d’exposition et des effets similaires, l’exposition des participants à plusieurs pesticides, ou par un biais de rappel.

Conclusions : Bien que certains biais de rappel soient probables, jusqu'à ce qu'une meilleure méthodologie soit trouvée pour étudier les associations entre l’utilisation de pesticides domestiques et la leucémie infantile, il semblerait prudent de limiter l'utilisation des pesticides à domicile avant et pendant la grossesse, et pendant l'enfance.

EXPOSURE TO HOUSE PAINTING AND THE USE OF FLOOR TREATMENTS AND THE RISK OF CHILDHOOD ACUTE LYMPHOBLASTIC LEUKEMIA.
[Exposition à la peinture dans les maisons et aux traitements des planchers et risque de leucémie lymphoblastique aigue infantile.]
Bailey HD, Milne E, de Klerk NH, Fritschi L, Attia J, Cole C, Armstrong BK; Aus-ALL Consortium.
Int J Cancer. 2011;128(10):2405-2414.

Les peintures domestiques ont été identifiées comme étant des facteurs de risque potentiel de la leucémie aiguë lymphoblastique infantile (ALL ). Le but de cette analyse était d'étudier si l'exposition aux peintures domestiques ou aux traitements de sol avant la naissance ou pendant l'enfance augmentait le risque d'ALL infantile . Les données de 389 cas et 876 témoins appariés ont été analysées à l'aide d'une régression logistique non conditionnelle , avec ajustement selon les variables appariées de l'étude et les facteurs confondants potentiels . Globalement, il y avait peu d'indication d' un risque accru lié à la peinture à l'intérieur de la maison dans l'année précédant la grossesse, pendant la grossesse, ou après la naissance de l'enfant , mais le risque semblait être augmenté dans certaines circonstances. L' odds ratio (OR) pour la peinture de plus de trois chambres pendant la grossesse était de 1,68 [ intervalle de confiance 95% (IC ) 1,01, 2,80 ]. L'OR pour une autre personne que les parents peignant à l'intérieur de la maison dans l'année précédant la grossesse était de 2,37 (IC 95% 1,30 , 4,30 ) et 3,07 (IC 95% 1,46, 6,46) lorsque plus de trois chambres étaient peintes . L'OR pour la mère peignant à l'extérieur de la maison avec une peinture à l'huile dans l'année précédant la grossesse était 2,97 (IC 95% 1,06, 8,33) . Aucune association n'a été trouvée avec les traitements des sols dans aucune des périodes de temps .

Conclusions: Les auteurs ont trouvé des indications d'un risque accru d'ALL associées à la peinture dans les maisons. Le risque apparemment accru lié à la peinture par une autre personne peut être liée à la quantité de peinture utilisée et l'intensité de la dose reçue.

DIAGNOSTIC X-RAYS AND RISK OF CHILDHOOD LEUKAEMIA.
[Les rayons X en diagnostic et le risque de leucémie infantile.]
Bartley K, Metayer C, Selvin S, Ducore J, Buffler P.
Int J Epidemiol. 2010; 39(6): 1628-1637.

L'association entre les expositions aux R-X de diagnostic tôt dans la vie et le risque accru de leucémie infantile reste non clarifiée. Cette étude cas-témoins inclut des enfants âgés de 0 à 14 ans dont le diagnostic de leucémie lymphoïde aigue (ALL, n=711) ou de leucémie myéloïde aigue (AML (n=116) a été posé entre 1995 et 2008. Les contrôles ont été sélectionnés aléatoirement dans le registre californien de naissance et individuellement appariés aux cas selon la date de naissance, le sexe, l'ethnicité hispanique et l'origine de la mère. Des analyses de régression logistique conditionnelle ont été réalisées pour évaluer si ALL et AML étaient associées à des examens aux R-X rapportés par les enfants (post-natal), incluant le nombre de radio, la région du corps soumise aux rayons X, ainsi que les radios des femmes avant et pendant la grossesse (préconception et prénatal).

Après exclusion des radios dans l'année précédent le diagnostic (date de référence pour les contrôles appariés), le risque d'ALL était plus élevé chez les enfants exposés à 3 examens aux R-X ou plus après la naissance (odd ratio OR = 1.85, intervalle de confiance 95% CI 1.2 – 2.79). Plus spécifiquement pour les cellules B de l'ALL, toute exposition (une ou plusieurs radios) entraînait un risque accru (OR = 1.40, 95% CI 1.06-1.86). La région du corps exposée n'était pas un facteur de risque indépendant des analyses multivariées. Aucune association n'était observée entre le nombre d'examens aux R-X post natal et l'AML (OR = 1.05, 95% CI 0.90-1.22) ou les cellules T ALL (OR = 0.84, 95% CI 0.59-1.19). La prévalence de l'exposition maternelle prénatale et avant la conception était faible et aucune association avec ALL et AML n'a été observée.

Conclusion: Les résultats suggèrent que l'exposition post natale aux R-X est associée à un risque accru de leucémie infantile, particulièrement les cellule B de l'ALL, mais pas de l'AML ou des cellules T de l'ALL. Etant donné les relevés imprécis de l'exposition aux R-X auto rapportés, les résultats de cette analyse doivent être interprétés avec précaution et demandent des études complémentaires.

CHILDHOOD LEUKAEMIA AND POPULATION MOVEMENTS IN FRANCE, 1990-2003.
[Leucémie infantile et mouvements de population en France, 1990-2003]
Bellec S, Baccaïni B, Goubin A, Rudant J, Ripert M, Hémon D, Clavel J.
Br J Cancer. 2008; 98: 225-231.

Les auteurs ont analysé l’incidence de la leucémie infantile sur une période de 14 ans en France, en relation avec plusieurs mesures basées sur la proportion d’individus ayant changé d’adresse entre les deux derniers recensements nationaux. Une association positive a été trouvée avec la proportion de migrants venant de loin. Plus les migrants venaient de loin, plus l’incidence de leucémie était élevée, particulièrement chez les enfants âgés de 0 à 4 ans habitant dans des communes « isolées » au moment du diagnostic (RR=1.4, 95% CI: 1.1,1.8 dans la plus haute catégorie de distance de migration). Bien que le rôle de la densité de population soit moins évident, une association plus marquée a été obtenue au-dessus d’un certain seuil. Aucune association avec la proportion de navetteurs n’a été observée.

RISK FACTORS FOR ACUTE LEUKEMIA IN CHILDREN: A REVIEW.
[Facteurs de risque de leucémie aigue chez les enfants: une revue de la littérature].
Belson M, Kingsley B, Holmes A.
Environ Health Perspect. 2007; 115 : 138–145.

Bien que l’incidence globale soit faible, la leucémie est un des types de cancers infantiles les plus courants. Il représente 30% de tous les cancers diagnostiqués chez les enfants de moins de 15 ans. Dans cette population, la leucémie lymphocytique aigue apparaît plus ou moins 5 fois plus fréquemment que le leucémie myéloïde aigue (AML) et représente environ 78% de toutes les leucémies diagnostiquées chez les enfants. Les études épidémiologiques portant sur les leucémies aigues des enfants ont examiné des facteurs de risque possibles, incluant des facteurs génétiques, infectieux et environnementaux, dans le but d’en déterminer l’étiologie. Seul un facteur environnemental (radiation ionisante) a été significativement lié à ALL ou AML.

La plupart des facteurs de risque environnementaux ont été trouvés comme étant faiblement et de manière contradictoire associés avec l’une ou l’autre des formes de leucémie infantile aigue. Cette revue de la littérature se focalise sur les caractéristiques démographiques de la leucémie infantile et les facteurs de risque qui ont été associés au développement de l’ALL ou AML dans l’enfance. Les facteurs de risque discutés comprennent les radiations ionisantes, les radiations non-ionisantes, les hydrocarbures, les pesticides, la consommation d’alcool, la consommation de cigarettes et l’utilisation de drogues illicites. La connaissance de ces facteurs de risque en particulier peut être utilisée pour soutenir les mesures visant à réduire les expositions potentiellement dangereuses et diminuer le risque de maladie. Les auteurs parcourent également les facteurs de risques génétiques et infectieux et d’autres variables telles que les antécédents de gestation des mères et les caractéristiques de la naissance.

DOES PROLONGED BREASTFEEDING REDUCE THE RISK FOR CHILDHOOD LEUKEMIA AND LYMPHOMAS?
[L'allaitement maternel diminue-t-il le risque de leucémie infantile et de lymphomes?]
Bener A , Hoffmann GF , Afify Z , Rasul K , Tewfik I .
Minerva Pediatr. 2008; 60: 155-161.

L'allaitement maternel prolongé diminue le risque de leucémie infantile aigue. L'objectif de cette étude était d'analyser l'effet protecteur de l'allaitement de plus longue durée sur le risque de malignités lymphoïdes chez les enfants et la dépendance des facteurs socio-économiques. Le groupe étudié comprend 169 patients (âge < ou = à 15 ans) avec leucémie lymphocytaire aigue (ALL), lymphomes hodgkiniens (HL) et non-hodgkiniens (NHL) et 169 témoins en bonne santé, appariés selon l'âge et le sexe. Les mères des enfants participants à l'étude ont été contactées par téléphone pour donner des informations sur l'histoire d'allaitement et d'autres paramètres susceptibles de mettre en avant une infection virale. L'âge moyen et l'écart type des cas était de 5.44 ans +/- 3.29 et des témoins 5.51 ans +/-3.62 years. La rapport garçons/filles était de 1.73. Globalement, le nombre moyen de mois d'allaitement des garçons malades et des témoins était respectivement de 9.1 (intervalle de confiance à 95% [IC] 7.9-10.4) et 12.1 (95% IC 11.0-13.4) (P<0.001), et chez les filles malades et témoins de 8.4 (95% IC 6.9-10.1) et 11.5 (95% IC 10.0-13.0) (P<0.01). Chez 103 patients ALL, une plus courte période d'allaitement (durée de 0-6 mois), était associée à une augmentation des odds ratio (OR) pour les garçons (OR=3.1, 95% IC 1.4-6.8) et les filles (OR=2.2, 95% IC 0.8-6.32) en comparaison à ceux que avaient été allaités plus de 6 mois. Chez 103 patients ALL, 32 HL et 34 NHL, il n'y avait pas de différence significative dans la durée d'allaitement des filles et des garçons malades et de leurs contrôles respectifs. Dans une analyse multivariée, les facteurs de risque significatifs pour le développement d'une malignité lymphoïde infantile étaient: une plus courte période d'allaitement, le plus jeune âge et le niveau d'éducation de la mère et le plus haut revenu, la taille plus importante de l'habitation et l'ordre de naissance dans la famille.

Conclusion: Cette étude a confirmé qu'une plus longue période d'allaitement a un effet protecteur contre ALL et HL. Des facteurs supplémentaires trouvés comme étant associés à un risque élevé de malignité lymphoïde étaient la jeunesse et le faible niveau d'éducation de la mère. Tous ces facteurs peuvent être en relation avec un risque accru d'infections dans la prime enfance.

LEUKAEMIA IN YOUNG CHILDREN IN THE VICINITY OF BRITISH NUCLEAR POWER PLANTS: A CASE-CONTROL STUDY.
[La leucémie chez les jeunes enfants à proximité des centrales nucléaires en Grande-Bretagne: une étude cas-témoins.]
Bithell JF, Murphy MF, Stiller CA, Toumpakari E, Vincent T, Wakeford R.
Br J Cancer. 2013; 109(11):2880-2885.

La préoccupation d’un risque de leucémie chez les enfants vivant à proximité des centrales nucléaires persiste. Des analyses britanniques antérieures se sont basées sur des zones et, par conséquent, pourraient être moins efficaces que les études cas-témoins. Des enfants atteints de leucémie infantile et de lymphome non hodgkinien (LNHL) nés et diagnostiqués en Grande-Bretagne entre 1962 et 2007, ont été appariés à des témoins n’ayant pas de cancers. L’analyse cas-témoins a été menée par régression logistique afin d'estimer le risque d’habiter à la naissance à proximité d’une centrale nucléaire, après ajustement pour les variables pertinentes.

Pour 9821 enfants de moins de 5 ans atteints de LNHL, le risque supplémentaire estimé associé à la proximité résidentielle d’une centrale nucléaire était de 0,86 (OR à 5km (0,49 à 1,52)).

La comparaison des 10 618 enfants atteints de LNHL ayant moins de cinq ans avec 16 760 enfants du même âge avec d'autres cancers a également donné une estimation négative du risque supplémentaire (OR de 0,86 à 5 km (0,62 à 1,18)).

Conclusion: Ces résultats montrent peu d’indications d'une augmentation du risque de LNHL des enfants âgés de moins de 5 ans vivant dans le voisinage d'une centrale nucléaire. Les estimations de risque sont incompatibles avec ceux publiés dans une récente étude cas-témoins allemande.

VITAMIN SUPPLEMENT USE AMONG CHILDREN WITH DOWN'S SYNDROME AND RISK OF LEUKAEMIA: A CHILDREN'S ONCOLOGY GROUP (COG) STUDY.
[Utilisation de suppléments vitaminés chez des enfants présentant un syndrome de Down et risque de leucémie: une étude du « CHILDREN'S ONCOLOGY GROUP (COG) »]
Blair CK , Roesler M , Xie Y , Gamis AS , Olshan AF , Heerema NA , Robison LL , Ross JA ; Children's Oncology Group (COG) .
Paediatr Perinat Epidemiol. 2008; 22: 288-295.

Des suppléments vitaminés ont été proposés à des enfants présentant un syndrome de Down (DS) avec l'idée d'améliorer les capacités cognitives, ou les fonctions immunitaires ou thyroïdiennes. Plusieurs études ont montré une diminution des niveaux de Zinc dans cette population. Comme les enfants présentant un DS ont 50 fois plus de risque de développer une leucémie aigue durant les 5 premières années de leur vie, nous avons exploré la relation entre les suppléments vitaminés et à base de plantes donnés aux enfants et le risque de leucémie dans une étude cas-témoins. Entre 1997 et 2002, les auteurs ont recruté, dans les institutions du Children's Oncology Group, 158 enfants avec DS, âgés de 0 à 18 ans, et diagnostiqués avec leucémie lymphocytaire aigue (ALL) (n=97) ou leucémie myéloide aigue (AML) (n=61). Ils ont également recruté 173 enfants DS, sans leucémie (témoins), sélectionnés à partir de la clinique de soins primaires des cas et appariés selon l'âge. Les données ont été collectées à partir d'entretiens téléphoniques avec les mères et centrées sur l'utilisation de suppléments multivitaminés, de zinc, de vitamine C, de fer, et de plantes, incluant l'âge de la première utilisation et la durée. Parmi les contrôles, 57% rapportent une utilisation régulière des complexes multivitaminés (au moins 3 fois par semaine pendant au moins 3 mois) en comparaison avec 48% d'ALL et 61% d'AML.

Conclusion: Les auteurs n'ont pas trouvé d'indication d'une association entre l'utilisation régulière par les enfants de complexes multivitaminés et ALL ou AML (odds ratios ajustés [OR] = 094 [IC à 95% 0.52-1.70] et 1.9 [0.73-4.91], respectivement). Il y avait une indication d'un risque accru d'AML associé à une utilisation régulière de complexes multivitaminés pendant la première année de la vie et sur une période prolongée (ORs = 2.38 [0.94, 5.76] et 2.59 [1.02, 6.59] respectivement). Bien que cette étude soit la plus large sur DS et leucémie, la taille de l'échantillon était petit, entraînant des imprécisions dans les estimations. Des recherches ultérieures devraient inclure des nombres plus importants d'enfants ainsi qu'une évaluation complète de l'alimentation, en incluant les suppléments vitaminés, pour examiner adéquatement le relation entre le statut nutritionnel et la leucémie infantile.

RESIDENTIAL TRAFFIC EXPOSURE AND CHILDHOOD LEUKEMIA: A SYSTEMATIC REVIEW AND META-ANALYSIS.
[Exposition résidentielle au trafic et leucémie infantile: une revue systématique et une méta-analyse.]
Boothe VL, Boehmer TK, Wendel AM, Yip FY.
Am J Prev Med. 2014; 46(4):413-22.

L’exposition à des concentrations élevées de polluants liés au trafic routier est associée à de nombreux effets négatifs sur la santé humaine, incluant les cancers infantiles, qui sont en augmentation depuis 1975. Les résultats des études épidémiologiques ne sont pas constants. Une méta analyse a donc été menée dans le but d’examiner l’association entre l’exposition résidentielle au trafic et les cancers infantiles.

Les études publiées entre janvier 1980 et juillet 2011 ont été recherchées dans 18 bases de données bibliographiques. Neuf études rencontrent les critères d’inclusion. Des OR pondérés ont été calculés à l’aide d’un modèle à effets aléatoires pour quatre études et plus. Des analyses de sous-groupes et de sensibilité ont été réalisées.

La leucémie infantile est positivement associée (OR consolidé= 1.53, IC 95%=1.12, 2.1) à l’exposition résidentielle au trafic dans 7 études utilisant une période d’exposition postnatale (par exemple pendant l’enfance ou l’adresse au moment du diagnostic) et il n’y avait pas d’association (OR consolidé=0.92, IC 95%=0.78, 1.09) dans 4 études utilisant une période d’exposition prénatale (par exemple pendant la grossesse ou l’adresse de naissance). Les études étaient trop peu nombreuses pour analyser d’autres résultats de cancers infantiles.

Conclusions: Les indications actuelles suggèrent que la leucémie infantile est associée à l’exposition résidentielle au trafic pendant la période postnatale mais pas prénatale. De nouvelles études épidémiologiques qui reprennent les antécédents résidentiels complets pour évaluer l’exposition au trafic, qui examinent les différents sous-types de leucémie et qui contrôlent les facteurs de confusion potentiels sont nécessaires pour confirmer ces résultats.

CHILDHOOD ACUTE LEUKEMIA, MATERNAL BEVERAGE INTAKE DURING PREGNANCY, AND METABOLIC POLYMORPHISMS.
[Leucémie infantile aigue, prise de boissons de la mère pendant la grossesse et polymorphismes métaboliques.]
Bonaventure A, Rudant J, Goujon-Bellec S, Orsi L, Leverger G, Baruchel A, Bertrand Y, Nelken B, Pasquet M, Michel G, Sirvent N, Bordigoni P, Ducassou S, Rialland X, Zelenika D, Hémon D, Clavel J.
Cancer Causes Control. 2013; 24(4): 783-793.

L’objectif de l’étude est d’analyser les associations entre la leucémie infantile aigue (LA) et la consommation de café pendant la grossesse et d’explorer les interactions entre les boissons caféinées et alcooliques et les polymorphisme des enzymes impliquées dans les métabolismes de la caféine et de l’éthanol.

Les données ont été générées par l’étude française ESCALE, qui a inclus 764 cas de LA et 1681 contrôles en 2003-2004. Les mères des enfants malades et des contrôles ont été interviewées sur leurs habitudes de consommation durant la grossesse à l’aide d’un questionnaire standardisé. Les génotypes des allèles candidats (NAT2*5 rs1801280, ADH1C*2 rs698 et rs1693482, CYP2E1*5 rs2031920 and rs3813867) ont été obtenus par génotypage et données d’imputation pour 493 cas de LA et 549 contrôles ayant au moins deux grands-parents nés en Europe.

La consommation régulière de café pendant la grossesse était associée à la leucémie infantile aigue (OR = 1.2 [1.0-1.5], p = 0.02); les odds ratios augmentaient linéairement avec la quantité ingérée quotidiennement (p for trend <0.001; >2 tasses par jour vs. aucune ou moins d’une tasse par semaine: AL: OR = 1.6 [1.2-2.1], LA lymphoblastique: OR = 1.5 [1.1-2.0], LA myéloblastique: OR = 2.4 [1.3-4.3]). L’association était un peu moins marquée chez les enfants dont les mères ne fumaient pas. La LA lymphoblastique était aussi associée à l’ingestion de coca cola (OR = 1.3 [1.0-1.5], p = 0.02). Aucune interaction significative gène-environnement avec e café, le thé, le coca-cola, ou l’alcool n’a été observée.

Conclusion: Cette étude apporte de nouvelles indications d’une association possible entre la consommation de café pendant la grossesse et la leucémie aigue infantile. La consommation de café est une habitude fréquente et son implication potentielle dans la leucémie aigue infantile doit être considérée plus avant.

IS THERE ANY INTERACTION BETWEEN DOMESTIC RADON EXPOSURE AND AIR POLLUTION FROM TRAFFIC IN RELATION TO CHILDHOOD LEUKEMIA RISK?
[Existe-t-il des interactions entre l'exposition au radon domestique et la pollution de l'air par la circulation automobile en relation avec un risque de leucémie infantile.]
Bräuner EV, Andersen CE, Andersen HP, Gravesen P, Lind M, Ulbak K, Hertel O, Schüz J, Raaschou-Nielsen O.
Cancer Causes Control. 2010; 21(11): 1961-1964.

Dans une récente étude cas-témoins basée sur la population, à partir de 2400 cas de cancer infantile, les auteurs ont trouvé une association statistique entre le radon résidentiel et le risque de leucémie lymphoblastique aigue. Ils ont étudié l'hypothèse d'un rôle des gaz d'échappements des voitures dans l'air en relation avec un risque accru d'une association entre radon et leucémie infantile.

Ils ont inclu 985 cas de leucémie infantile et 1969 enfants contrôle et ont utilis des modèles validés pour calculer le radon résidentiel et les concentrations de NO(x) dans la rue pour chacune des maisons. Des analyses de régression logistique conditionnelle ont été utilisées pour analyser l'effet du radon sur le risque de leucémie infantile dans différentes strates de pollution de l'air liée à la densité de trafic.

Le risque relatif de leucémie infantile en association avec une augmentation de 10(3) Bq/m(3)-an de radon était de 1.77 (1.11, 2.82) chez les enfants exposés aux plus hautes concentrations de NO(x) et 1.23 (0.79, 1.91) chez ceux exposés aux concentrations les plus faibles (p interaction, 0.17). Des analyses pour différents sous-types morphologiques de leucémie et selon différentes strates de densité de trafic montrait un modèle non significatif d'associations plus importantes entre le radon, et la leucémie infantile dans la strate la plus haute de densité de trafic.

Conclusion: la pollution de l'air par le trafic pourrait augmenter l'effet du radon sur le risque de leucémie infantile. La tendance observée pourrait aussi être attribuée à la chance.

ACUTE CHILDHOOD LEUKAEMIA AND RESIDENCE NEXT TO PETROL STATIONS AND AUTOMOTIVE REPAIR GARAGES: THE ESCALE STUDY (SFCE).
[Leucémie aigue infantile et habitat à côté des stations services et des garages : « The Escale Study (SFCE). »]
Brosselin P , Rudant J , Orsi L , Leverger G , Baruchel A , Bertrand Y , Nelken B , Robert A , Michel G , Margueritte G , Perel Y , Mechinaud F , Bordigoni P , Hémon D , Clavel J .
Occup Environ Med. 2009; 66(9):598-606.

L'association entre la leucémie aigue infantile et la résidence à côté des stations-services et des garages a été analysée dans une étude cas-témoins basée sur les registres nationaux et menée en France en 2003-2004. Les personnes contrôles ont été appariées avec les cas sur base de leur âge et de leur sexe. Les données ont été récoltées par interviews téléphoniques standardisés des mères. Il était demandé à ces dernières de rapporter la proximité de leur maison avec les stations services, les garages et autres entreprises au moment de la conception de l'enfant et jusqu'au diagnostic (pour les cas) ou l'interview (pour les témoins). Les odds ratios ont été estimés en utilisant des modèles de régression non conditionnels ajustés pour l'âge, le sexe et le nombre d'enfants de moins de 15 ans dans la fratrie, le degré d'urbanisation et le type d'habitation. 765 cas de leucémie aigue et 1681 contrôles ont été inclus. La leucémie aigue était significativement associée avec la résidence à côté des stations services ou des garages (OR 1.6, 95% IC 1.2 to 2.2) et à côté d'une station-service (OR 1.9, 95% IC 1.2 to 3.0). L'OR ne montrait pas de tendance d'augmentation avec la durée d'exposition. Les résultats n'étaient pas modifiés lors de l'ajustement pour des facteurs potentiels de confusion, tels que le type de zone (rural ou urbain) et le type d'habitation.

Conclusions: Cette étude confirme les résultats d'une étude antérieure et suggère que vivre à côté d'une station-service pourrait être associé à la leucémie aigue infantile. Les résultats suggèrent également que le rôle d'une exposition faible au benzène dans la leucémie aigue infantile mérite des évaluations ultérieures.

INFECTIONS IN EARLY LIFE AND CHILDHOOD LEUKAEMIA RISK: A UK CASE-CONTROL STUDY OF GENERAL PRACTITIONER RECORDS.
[Infections dans l’enfance et risque de leucémie infantile: une étude cas-témoin des données des médecins généralistes.]
Cardwell CR, McKinney PA, Patterson CC, Murray LJ.
Br J Cancer. 2008; 99: 1529-1533.

Les auteurs ont étudié les infections au début de la vie (diagnostiquée en médecine générale) et les risques de leucémie infantile à partir de la « General Practice Research Database (GPRD) » (Royaume-Unis). Tous les enfants répertoriées dans la GPRD et pour lesquels un diagnostic de leucémie a été posé par la suite ont été inclus comme cas et ont été appariés individuellement (selon l'année de naissance, le sexe et la pratique) à un maximum de 20 contrôles. L'analyse finale a inclus 162 patients atteints de leucémie et 2215 témoins appariés. Une régression logistique conditionnelle n’a pas montré un risque plus faible de leucémie (OR = 1,05, CI 95% 0,69, 1,59, P = 0,83) ou de leucémie lymphoblastique aiguë (ALL, OR = 1,05, CI 95% 0.64-1.74, p = 0,84) chez les enfants pour lesquels une ou plusieurs infections avaient été enregistrées dans la première année de leur vie.

Conclusion: Cette étude ne fournit aucun support à l'hypothèse de Greaves, qui propose que la réduction ou le retard de l'exposition à des infections au début de la vie augmenteraient le risque d’ALL infantile.

PARENTAL, IN UTERO, AND EARLY-LIFE EXPOSURE TO BENZENE AND THE RISK OF CHILDHOOD LEUKEMIA: A META-ANALYSIS.
[Exposition des parents, in utéro et dans la prime enfance au benzène et risque de leucémie infantile: une méta-analyse.]
Carlos-Wallace FM, Zhang L, Smith MT, Rader G, Steinmaus C.
Am J Epidemiol. 2016;183(1):1-14.

Le benzène est un facteur connu dans la leucémie de l’adulte, mais son rôle dans la leucémie infantile reste flou. Les auteurs ont mené une méta-analyse dans laquelle ils ont analysé la littérature épidémiologique sur le sujet et ont exploré les inférences causales, les biais et l’hétérogénéité. Les données d’exposition qui ont été évaluées incluent l’utilisation professionnelle et domestique de benzènes et de solvants, la densité de trafic et la pollution de l’air liée au trafic.

Dans les études de l'exposition professionnelle et domestique publiées entre 1987 et 2014, le risque relatif global de leucémie infantile était de 1,96 (intervalle de confiance 95% (IC): 1,53, 2,52; n = 20). Dans ces études, le risque relatif global était plus élevé pour la leucémie myéloïde aiguë (risque relatif global (RRg) = 2,34, IC à 95%: 1,72, 3,18; n = 6) que pour la leucémie lymphoblastique aiguë (RRg = 1,57; IC à 95%: 1,21, 2,05, n = 14). Le risque relatif global était plus élevé pour l’exposition de la mère que du père, dans les études qui ont évalué le benzène par rapport à tous les solvants, et dans les études d'exposition pendant la gestation.

Dans les études de la densité du trafic ou de la pollution de l'air liée au trafic, publiées entre1999 et 2014, le risque relatif global était de 1,48 (IC à 95%: 1,10, 1,99; n = 12); il était plus élevé pour la leucémie myéloïde aiguë (RRg = 2,07; IC à 95%: 1,34, 3,20) que pour la leucémie lymphoblastique aiguë (RRg = 1,49; IC à 95%: 1,07, 2,08) et dans les études impliquant des modèles détaillés de la pollution liée au trafic (RRg = 1,70; IC à 95%: 1.16, 2.49).

Conclusions : Globalement, certaines indications d’associations entre la leucémie infantile et différents facteurs permettant d’estimer l’exposition au benzène ont été identifiées.

RISK OF CHILDHOOD CANCERS ASSOCIATED WITH RESIDENCE IN AGRICULTURALLY INTENSE AREAS IN THE UNITED STATES.
[Risque de cancers infantiles associés au fait de vivre dans des zones d'agriculture intensive aux Etats-Unis.]
Carozza SE , Li B , Elgethun K , Whitworth R .
Environ Health Perspect. 2008;116: 559-565.

Les possibilités d'exposition très répandue aux pesticides pendant leur épandage soulèvent des inquiétudes quant aux effets possibles sur la santé des enfants vivant dans des zones d'activité agricole intense. Les auteurs ont évalué si le fait d'habiter dans des provinces avec une activité agricole plus importante était associé à un risque de développement d'un cancer chez des enfants de moins de 15 ans. Les données d'incidence pour les enfants américains de 0 à 14 ans, diagnostiqués avec un cancer entre 1995 et 2001 ont été fournies par les registres des membres de « the North American Association of Central Cancer Registries ». Les auteurs ont déterminé le pourcentage de terres agricoles dans chacune des provinces en utilisant des données de recensement agricole et utilisé la distribution de l'étude globale pour classer les provinces selon l'intensité de l'activité agricole. Ils ont estimé les odds ratios et les intervalles de confiance à 95% pour tous les âges et par groupe de 5 ans pour l'ensemble des cancers et sélectionné des sites de cancer par régression logistique. Les résultats de l'étude ont montré des estimations d'un risque accru statistiquement significatif pour beaucoup de types de cancer infantile associés avec la résidence au moment du diagnostic dans des provinces ayant une activité agricole modérée à intense, avec un effet dose-réponse remarquablement cohérent pour les provinces dont la surface totale occupée par l'agriculture est au moins de 60%. Le risque de différents cancers varie selon le type de terre agricole.

Conclusions: Bien que les possibilités d'interprétation des résultats sont limitées par le design écologique, dans cette étude, les auteurs ont pu évaluer des cancers infantiles plus rares en fonction de diverses topographies agricoles. Les résultats de cette étude exploratoire montre l'intérêt de continuer dans la voie d'un possible impact à long terme, d'une exposition à de faibles niveaux de pesticides dans des communautés localisées dans des zones d'agriculture intensive.

PARENTAL EXPOSURE TO CARCINOGENS AND RISK FOR CHILDHOOD ACUTE LYMPHOBLASTIC LEUKEMIA, COLOMBIA, 2000-2005.
[Exposition des parents aux carcinogènes et risque de leucémie lymphoblastique aigue infantile, Colombie, 2000-2005.]
Castro-Jiménez MÁ, Orozco-Vargas LC.
Prev Chronic Dis. 2011 ; 8: A106.

L'objectif de cette étude était de déterminer les facteurs de risque de leucémie aiguë lymphoblastique (ALL) infantile et, en particulier, le rôle de l'exposition professionnelle des parents aux hydrocarbures cancérigènes et probablement cancérigènes avant la conception de l'enfant.

Pour cette étude cas-témoins, les cas étaient des enfants de moins de 15 ans ayant été nouvellement diagnostiqués avec ALL entre janvier 2000 et mars 2005 dans 1 des 6 hôpitaux colombiens. Une entrevue avec les parents des 170 enfants (85 cas et 85 contrôles appariés individuellement) a permis de recueillir des informations sur les expositions des enfants et les caractéristiques démographiques et professionnelles des parents, les antécédents médicaux, les comportements à risque pour la santé et la grossesse et l'historique des naissances. Une matrice emploi-exposition a été utilisée pour classer l'exposition des parents aux hydrocarbures sur base de la principale activité industrielle de chacun des lieux de travail fréquentés par les parents avant (les deux parents) ou pendant la grossesse (mère seule). Des odds ratios conditionnels et des intervalles de confiance à 95% ont été calculés selon la période d'exposition (préconception, grossesse et enfance).

Le risque d'ALL infantile était lié à 1) l'exposition professionnelle des parents aux hydrocarbures avant la conception, 2) le tabagisme des parents avant la conception, 3) le faible statut socioéconomique de la mère durant la grossesse, et 4) l'âge de la mère (= 35 ans) à la naissance de l'enfant.

Conclusion: Ces résultats suggèrent une association entre l'ALL infantile et l'exposition professionnelle des parents aux hydrocarbures cancérigènes et probablement cancérigènes avant la conception. Les résultats dépendent du parent exposé. Les recherches futures devraient enquêter sur le rôle additif ou multiplicatif d'autres sources environnementales d'hydrocarbures.

BIRTH WEIGHT AND CHILDHOOD LEUKEMIA: A META-ANALYSIS AND REVIEW OF THE CURRENT EVIDENCE.
[Poids à la naissance et leucémie infantile: une méta analyse et une revue de la littérature des indications actuelles.]
Caughey RW , Michels KB .
Int J Cancer. 2009;124(11):2658-2670.

Un nombre croissant d'études suggère que la leucémie infantile pourrait être initiée in utéro, quand les cellules lymphoïdes et myéloïdes ne sont pas totalement différenciées et sont particulièrement sensibles à une transformation maligne. Une méta analyse d'effets fixes examinant l'association entre le poids à la naissance et la leucémie infantile a été menée incluant 32 études et 16 501 cas de tous types de leucémie (OL), 10 974 cas de leucémie lymphoblastique aigue (ALL) et 1832 cas de leucémie myéloïde aigue (AML). Les Odd Ratios (OR) des associations entre le poids à la naissance et OL, ALL et AML étaient respectivement de 1.35 (IC 95%: 1.24, 1.48), 1.23 (IC 95%: 1.15, 1.32), et 1.40 (IC 95%: 1.11, 1.76), comparés aux enfants avec un poids normal à la naissance. Un faible poids à la naissance n'était pas associé avec OL, ni ALL, mais bien avec AML (OR = 1.50; IC 95%: 1.05, 2.13). Par 1000 g d'augmentation du poids à la naissance, l'OR de OL était de 1.18 (IC 95%: 1.13, 1.23) et celui de ALL de 1.18 (IC 95%: 1.12, 1.23).

Conclusion: En l'état actuel des connaissances obtenues par des études observationnelles, un poids élevé à la naissance est associé à une augmentation du risque d'OL et d'ALL. Pour AML, le risque pourrait être plus élevé, non seulement pour les poids élevés, mais également pour les poids faibles, suggérant une association en forme de U.

MATERNAL IMMUNOGLOBULIN E AND CHILDHOOD LEUKEMIA.
[Immunoglobuline E maternelle et leucémie infantile.]
Chang JS , Buffler PA , Metayer C , Chokkalingam AP , Patoka J , Kronish D , Wiemels JL .
Cancer Epidemiol Biomarkers Prev. 2009; 18(8):2221-2227.

Il existe depuis longtemps une hypothèse selon laquelle la leucémie infantile, particulièrement la leucémie lymphoblastique aigue (ALL), serait affectée par des réponses immunitaires à des défis microbiens anormales, qui auraient pour cause une insuffisance de modulation immunitaire dans la prime enfance.

Les études des allergies suggèrent que le développement immunitaire d'un enfant pourrait être modulé par le statut immunitaire maternel. Nous avons mené une étude afin d'explorer la relation entre l'immunoglobuline E maternelle (IgE) et la leucémie infantile et afin d'investiguer si le statut immunitaire maternel pouvait influencer le risque de leucémie infantile. Les IgE sériques totales et spécifiques (respiratoire et alimentaire) ont été mesurées chez les mères biologiques de 352 enfants (193 contrôles en bonne santé et 159 cas de leucémie, incluant 139 cas d'ALL) âgés de moins de 8 ans qui ont été enrôlés dans l'étude de la leucémie infantile dans le nord de la Californie. Les odds ratios associés aux IgE maternels ont été calculés par régression logistique non conditionnelle avec ajustement selon l'âge de l'enfant, son sexe, sa race/ethnie et les revenus annuels du ménage. Une association positive entre la leucémie infantile ou ALL et des niveaux élevés d'IgE totaux sériques maternelles a été observée, particulièrement chez les hispaniques. De plus, une association positive a été observée entre la leucémie infantile ou ALL et le statut maternel des IgE respiratoire ou alimentaire.

Ces résultats suggèrent que la fonction immunitaire maternelle pourrait jouer un rôle crucial dans l'origine de la leucémie infantile, bien que des études supplémentaires soient nécessaires afin de confirmer les résultats de cette étude et d'apporter une perspective de mécanismes.

PARENTAL SOCIAL CONTACT IN THE WORK PLACE AND THE RISK OF CHILDHOOD ACUTE LYMPHOBLASTIC LEUKAEMIA.
[Contact social parental sur le lieu de travail et le risque de leucémie lymphoblastique aigue infantile.]
Chang JS, Metayer C, Fear NT, Reinier K, Yin X, Urayama K, Russo C, Jolly KW, Buffler PA.
Br J Cancer. 2007; 97: 1315-1321.

Pour étudier la relation possible entre le contact social parental au travers de leur profession, un marqueur de risque d’infection de l’enfant, et la leucémie lymphoblastique aigue (ALL) infantile, les parents de 294 enfants avec ALL âgés de 0 à 14,9 ans et 376 contrôles appariés ont été interrogés sur leur travail après la naissance de leur enfant et jusque l’âge de 3 ans. Les dénominations des professions étaient assignées à un niveau de contacts sociaux et un index de contacts sociaux professionnels mensuels a été créé en utilisant le niveau et la durée du travail. Des interactions positives entre cet index et le lieu de domicile rural, associée à une augmentation du risque d’ALL infantile et d’ALL commune (c-ALL), ont été observées (p de l’interaction = 0,02 pour les deux, en utilisant les tertiles des contacts mensuels, p de l’interaction= 0,05 et 0,02 respectivement pour ALL et c-ALL, en utilisant les contacts mensuels continu). De tels résultats n’ont jamais été observés quand la durée de l’emploi n’était pas prise en considération.

Conclusion: Ces données suggèrent que la durée de la profession des parents pourrait être importante quand on examine l’association entre les contacts sociaux professionnels des parents et la leucémie infantile.

ALLERGY AND RISK OF CHILDHOOD ACUTE LYMPHOBLASTIC LEUKEMIA: A POPULATION-BASED AND RECORD-BASED STUDY.
[Allergie et risque de leucémie lymphoblastique aigue: une étude basée sur la population ]
Chang JS, Tsai YW, Tsai CR, Wiemels JL.
Am J Epidemiol. 2012; 176):970-978.

Un déficit de stimulation immunitaire normale dans la petite enfance est un facteur de risque suspecté à la fois dans la leucémie infantile aiguë lymphoblastique (ALL) et les allergies. Cette étude a utilisé une méthodologie cas-témoins basée sur la population pour évaluer l'association entre les allergies et la leucémie infantile. Les données médicales sont issues de la base de données “National Health Insurance Research » de Taiwan. Huit cent quarante-six enfants atteints d’ALL et diagnostiqués entre 2000 et 2008 (âgés de 1 à < 10 ans) ont été appariés individuellement avec 3.374 contrôles selon le sexe, la date de naissance et la période du diagnostic (date de référence pour les contrôles). Une régression logistique conditionnelle a été réalisée pour évaluer l'association entre l’ALL infantile et les allergies. Un risque accru d’ALL a été observée chez les enfants ayant présenté une allergie moins d’1 an avant le diagnostic d’ALL (odds ratio (OR) = 1,7, intervalle de confiance 95% (IC): 1,5-2,0), plus de 1 an avant le diagnostic (OR = 1,3, IC 95%: 1,1-1,5), et avant l'âge de 1 an (OR = 1,4, IC 95%: 1,1-1,7).

Conclusion: Ces résultats suggèrent un mécanisme biologique commun dans la pathogénèse de l’ALL infantile et des allergies.

MEDICALLY DIAGNOSED INFECTIONS AND RISK OF CHILDHOOD LEUKAEMIA: A POPULATION-BASED CASE-CONTROL STUDY.
[Infections médicalement diagnostiquées et risque de leucémie infantile: une étude cas-témoins de population.]
Chang JS, Tsai CR, Tsai YW, Wiemels JL.
Int J Epidemiol. 2012; 41: 1050-1059.

Des études antérieures sur l’association entre les infections pendant l’enfance et la leucémie infantile ont montré des résultats peu cohérents, probablement en raison du biais/de l’erreur de rappel des données liées aux infections par les parents. Cette étude a comme objectif d’évaluer l’association entre la leucémie infantile et les infections à l’aide de la “National Health Insurance Research Database“ à Taiwan.

846 enfants présentant une leucémie lymphoblastique aigue (ALL) et 193 une leucémie myéloïde aigue (AML), diagnostiqués entre 2000 et 2008 et âgés de plus de 1 an et moins de 10 ans ont été inclus. Jusqu’à 4 contrôles individuellement appariés selon le sexe, la date de naissance et le moment du diagnostic (date de référence pour les contrôles) ont été identifiés (3374 pour ALL et 766 pour AML). Une régression logistique conditionnelle a été réalisée pour évaluer l’association entre la leucémie infantile et les infections.

Avoir une infection avant l’âge d’un an était associé à un risque accru pour les deux types de leucémie (ALL odds ratio = 3.2, 95% intervalle de confiance 2.2-4.7 ; AML odds ratio = 6.0, 95% intervalle de confiance 2.0-17.8), avec un risque encore plus grand lors d’un plus grand nombre d’épisodes infectieux. Des résultats similaires ont été observés pour les infections survenant plus d’un an avant le diagnostic de leucémie infantile.

Conclusions: Les enfants présentant une leucémie pourraient avoir une fonction immunitaire dérégulée à un âge précoce, entraînant plus d’épisodes infectieux par rapport aux contrôles en bonne santé. Toutefois, des facteurs de confusion par d’autres mesures comme par exemple l’ordre de naissance et la présence en crèche ne peuvent être exclus. Les résultats ne sont valables que pour les infections médicalement diagnostiquées.

MATERNAL COFFEE CONSUMPTION DURING PREGNANCY AND RISK OF CHILDHOOD ACUTE LEUKEMIA: A META-ANALYSIS.
[Consommation de café par les mères pendant la grossesse et risque de leucémie aigue infantile: une méta-analyse.]
Cheng J, Su H, Zhu R, Wang X, Peng M, Song J, Fan D.
Am J Obstet Gynecol. 2014; 210(2):151.e1-151.e10.

L’étude avait comme objectif d’explorer l’association entre la consommation de café par les mères pendant la grossesse et la leucémie aigue infantile (LA).

La base de données PubMed a été utilisée pour rechercher les études publiées jusqu’au 5 mai 2013 et les listes de références des articles récupérés ont également été consultées afin d’identifier des études supplémentaires pertinentes. Les études étaient incluses si elles rapportaient les OR et les intervalles de confiance à 95% correspondants de la LA infantile, comprenant la leucémie lymphoblastique aigue (LLA) et la leucémie myéloïde aigue (LMA), ainsi que des données de la consommation de café pendant la grossesse.

Par rapport aux non buveurs ou aux buveurs occasionnels, l'OR combiné de la relation entre la consommation de café pendant la grossesse et la LA infantile était de 1,22 (IC 95%, 1,04 à 1,43) pour les buveurs, 1,16 (IC 95% 1,00 à 1,34), pour les buveurs occasionnels et de niveau modéré, et de 1,72 (IC 95%, 1,37 à 2,16) pour les « gros » buveurs. Lorsque l'analyse était réalisée par sous-types de LA infantile, la consommation maternelle de café (« gros » buveurs vs non buveurs ou buveurs occasionnels) était significativement associée à la LLA infantile (1,65, IC 95%, 1.28 à 2.12) et à la LMA infantile (1,58; 95% CI, 01.20 à 02.08). Une relation dose-réponse linéaire de la consommation de café et de la LA infantile (P de non-linéarité = 0,68) a été observée, y compris la LLA et la LMA infantiles; une augmentation de la consommation de café entraîne une augmentation du risque de LA infantile.

Conclusions: Ces résultats suggèrent que la consommation de café par les mères pendant la grossesse pourrait augmenter le risque de LA infantile. Etant donné le peu d’études, d'autres recherches prospectives sont nécessaires de toute urgence pour explorer les effets néfastes de la consommation de café sur la LA infantile.

EVIDENCE OF POPULATION MIXING BASED ON THE GEOGRAPHICAL DISTRIBUTION OF CHILDHOOD LEUKEMIA IN OHIO.
[Indication de brassage de population basée sur la distribution de leucémie infantile en Ohio.]
Clark BR, Ferketich AK, Fisher JL, Ruymann FB, Harris RE, Wilkins JR.
Pediatr Blood Cancer. 2007; 49: 797-802.

Cette étude écologique a analysé la distribution géographique des leucémies infantiles en Ohio, entre 1996-2000, parmi des enfants âgés de 0-19 ans à la recherche d’indications sur le fait que le brassage des populations pourrait être un facteur. Les taux d’incidence de l’Etat ont été comparé aux taux du « Surveillance, Epidemiology and End Results (SEER) » pour chaque année et sur une période de 5 ans, 1996- 2000 ; les taux d’incidence pour chacune des 88 cantons de l’Ohio ont été comparés aux taux dans tout l’Etat et les taux d’incidence dans les provinces ont été comparés sur base de la densité de population, de la croissance de la population et de la localisation rurale ou urbaine. SEER*Stat version 5.0 a été utilisé pour dériver les taux spécifiques à l’âge et ceux à l’âge ajusté 0-19 ans. Les valeurs attendues, les taux d’incidence standardisés (SIRs) et les valeurs P de Poisson ont été calculés avec Excel par la méthode indirecte de standardisation.

Parmi les 585 cas, 73,3% avaient une leucémie aigue lymphocytique (ALL), 16,6% une leucémie myéloïde aigue (AML), 3,2% une leucémie aigue monoblastique (AMoL) et 2,6% une leucémie myéloïde chronique (CML). Les taux de la charge totale de leucémie étaient significativement inférieurs aux niveaux nationaux pour toutes les races (p= 0,00001), probablement en raison du manque de déclaration des cas. Les taux d’incidence annuels pour 1996-2000 étaient stables pour l’ALL et l’AML, les taux de CML diminuaient sur cette même période. En se basant sur le recensement de 2000 et les estimations de population inter-recensement pour 1996-2000, des taux statistiquement plus élevés de ALL ont été notés pour les provinces présentant plus de 10% de changement de population entre 1990 et 2000 (p<0,05), spécialement pour les âges de 1 à 4 ans (p<0,03) dans les provinces avec une croissance de 10 à 20 %. Les provinces avec 67,9 à 99,2% de zones urbaines présentaient moins de cas d’AML et AMoL qu’attendus (p<0,06).

Conclusion : ces données supportent la théorie de Kinlen sur le brassage des populations et justifient des études ultérieures en Ohio et dans d’autres provinces.

RESIDENTIAL EXPOSURE TO SOLAR ULTRAVIOLET RADIATION AND INCIDENCE OF CHILDHOOD HEMATOLOGICAL MALIGNANCIES IN FRANCE.
[Exposition résidentielle au rayonnement solaire ultraviolet et incidence des hémopathies malignes de l'enfant en France.]
Coste A, Goujon S, Boniol M, Marquant F, Faure L, Doré JF, Hémon D, Clavel J.
Cancer Causes Control. 2015;26(9):1339-1349.

Peu d’études ont analysé la relation entre le rayonnement solaire UV et les hémopathies malignes dans l’enfance (HME). Les auteurs ont étudié les associations entre l’exposition résidentielle aux UV lors du diagnostic et l’incidence de types et sous-types de HME, selon l’âge et le genre en France, sur une longue période et dans 36 326 communes. Les 9082 cas de leucémie aigue et 3563 cas de lymphome diagnostiqué avant l’âge de 15 ans entre 1990 et 2009 ont été obtenus via le Registre National Français des Hémopathies Malignes de l'Enfant. L’incidence de HME a été calculée selon la commune, l’année, l’âge, le genre et exprimé en rapport standardisé d'incidence (RSI). Les données des UV de 1988 à 2007 ont été extraites de la base de données EUROSUN.

La moyenne journalière annuelle de l’exposition aux UV des enfants varie de 85,5 à 137,8 J/cm². Pour chaque 25 J/cm² additionnel, les résultats montrent une augmentation significative de leucémie lymphoblastique aigue à précurseurs de cellule B (PBC-ALL) chez les enfants âgés de moins de 5 ans (RSI 1,18; IC 95 % 1,10-1,27). Des analyses plus poussées de PBC-ALL chez les jeunes enfants suggèrent une meilleure adéquation des modèles avec un seuil, avec un risque qui augmente au-delà de 100 J/cm² (RSI 1,24 IC 95% 1,14-1,36) par 25 J/cm². Les résultats restent stables dans les analyses selon l’indice de privation et le degré d’urbanisation des communes.

Conclusions: L’étude suggère qu’une exposition résidentielle plus élevés aux UV pourrait être associée à une incidence plus élevée de PBC-ALL dans la prime enfance.

PREGNANCY, MATERNAL EXPOSURE TO HAIR DYES AND HAIR STRAIGHTENING COSMETICS, AND EARLY AGE LEUKEMIA.
[Grossesse, exposition maternelle aux teintures capillaires et aux produits de défrisage des cheveux, et leucémie en bas âge.]
Couto AC, Ferreira JD, Rosa AC, Pombo-de-Oliveira MS, Koifman S; Brazilian Collaborative Study Group of Infant Acute Leukemia.
Chem Biol Interact. 2013;205(1):46-52.

L’objectif de l’étude était d’analyser l’association entre l’exposition maternelle aux teintures capillaires et aux produits de défrisages pendant la grossesse et la leucémie en bas âge (moins de 2 ans).
Une étude cas-témoins multicentrique a été menée dans des hôpitaux de 13 états brésiliens entre 1999 et 2007. Les mères de 231 enfants malades (176 leucémie lymphocytique aigue, ALL, et 55 leucémie myéloïde aigue, AML) et 419 témoins ont été interviewées. L’exposition aux cosmétiques étudiés a été recherchée dans trois périodes: 3 mois avant la grossesse, pendant la grossesse et pendant l’allaitement. Des données ont également été obtenues sur l’exposition des pères aux cosmétiques 3 mois avant la naissance. Une régression logistique conditionnelle a été réalisée et les odds ratios (OR) de l’association entre les cosmétiques et la leucémie en bas âge ont été obtenus après ajustement sur la prise hormonale pendant la grossesse, l’âge de la mère, l’éducation, le poids à la naissance et la couleur de peau de l’enfant.

Un OR ajusté de 1.78 (IC à 95% 1.13-2.81) est observé entre l’exposition des mères aux cosmétiques étudiés pendant le premier trimestre de grossesse et l’ALL. Pour l’AML, un OR ajusté de 2.43 (IC à 95% 1.13-5.22) est montré entre l’exposition des mères pendant l’allaitement. Aucune association entre l’exposition maternelle aux cosmétiques pendant la grossesse et l’ALL ou l’AML n’a été observée chez les enfants avec réarrangement du gène MLL (Mixed Lineage Leukemia).

Conclusion: Les résultats de cette étude semble supporter l’hypothèse selon laquelle l’exposition maternelle aux cosmétiques pendant la grossesse pourrait être impliquée dans l’étiologie de la leucémie chez les enfants de moins de 2 ans.

INFECTIOUS ILLNESS IN CHILDREN SUBSEQUENTLY DIAGNOSED WITH ACUTE LYMPHOBLASTIC LEUKEMIA: MODELING THE TRENDS FROM BIRTH TO DIAGNOSIS.
[Maladie infectieuse chez les enfants ayant une leucémie lymphoblastique aigue : modélisation des tendances de la naissance au diagnostic.]
Crouch S, Lightfoot T, Simpson J, Smith A, Ansell P, Roman E.
Am J Epidemiol. 2012; 176:402-408.

Malgré toujours plus d’indications de la détectabilité dès la naissance d’une dérégulation immunitaire des enfants qui développent une leucémie lymphoblastique aigue (ALL), le débat sur le rôle des expositions aux agents infectieux pendant l’enfance continue. Dans le but de quantifier l'exposition des enfants aux agents infectieux, les chercheurs ont utilisé un certain nombre de marqueurs d’exposition aux infections, mais il y a un manque de cohérence dans les résultats, avec des marqueurs indiquant une augmentation des risques d’ALL et d’autres une réduction des risques : la disparité est évidente aussi bien dans une même étude qu’entre les études.

En conséquence, les auteurs ont procédé à une analyse approfondie des principaux marqueurs d’exposition utilisés dans l'étude des cancers infantiles au Royaume-Uni (étude nationale cas-témoins de la population menée entre 1991-1996) qui a combiné les données issues des dossiers médicaux, des interviews des parents et d’un recensement de la population. Cette approche longitudinale a révélé la détérioration marquée de la réponse immunitaire qui apparaissait environ 5 mois avant le diagnostic d’ALL et a confirmé que les diagnostics infectieux dans la première année de vie étaient significativement augmentés (P <0,05) chez les enfants ayant développé une leucémie entre 2 et 14 ans , ainsi que chez les cadets des fratries, chez ceux qui n'ont pas été allaités, qui ont vécu dans des zones défavorisées, ou qui avaient de l'eczéma. En revanche, aucune association entre des maladies infectieuses et les activités préscolaires n’a été détectée, les niveaux d'infection plus faibles chez les contrôles ayant participé à ces activités contribuant à réduire significativement l’OR de l’ALL.

PERINATAL AND FAMILIAL RISK FACTORS FOR ACUTE LYMPHOBLASTIC LEUKEMIA IN A SWEDISH NATIONAL COHORT.
[Facteurs de risque périnatals et familiaux de leucémie lymphoblastique aigue dans une cohorte nationale suédoise.]
Crump C, Sundquist J, Sieh W, Winkleby MA, Sundquist K.
Cancer. 2015;121(7):1040-1047.

Les facteurs périnatals y compris le poids élevé à la naissance sont associés à la leucémie lymphoblastique aiguë (LLA) dans des études cas-témoins. Cependant, ces résultats ont rarement été examinés dans de grandes études de cohortes et les contributions spécifiques de l'âge gestationnel et de la croissance du fœtus demeurent inconnues.

Les auteurs ont mené une étude de cohorte nationale de 3.569.333 personnes sans syndrome de Down, nées en Suède entre 1973 et 2008 et suivies pour l'incidence de LLA jusqu’en 2010 (âge maximum, 38 ans) dans le but d’examiner les facteurs de risque périnatals et familiaux.

Il y avait 1960 malades sur 69,7 millions de personnes-années de suivi. Après ajustement pour les facteurs confondants potentiels, les facteurs de risque de LLA comprennent une croissance foetale élevée (taux d'incidence [IRR] par écart-type supplémentaire, 1,07; intervalle de confiance à 95% [IC 95%], 1.02-1.11 [P = 0,002]; et IRR pour l'âge gestationnel grand vs approprié, 1,22; IC 95%, 1,06 à 1,40 [p = 0,005]), les antécédents familiaux (au premier degré) de ALL (IRR, 7,41; IC 95%, 4,60 à 11,95 [P <0,001 ]), le sexe masculin (IRR, 1.20; 95% CI, 1.10 à 1.31 [P <0,001]), et le pays de naissance des parents (IRR pour les deux parents sont nés en Suède vs autres pays, 1,13; IC à 95%, 1.00- 1,27 [p = 0,045]). Ces facteurs de risque ne semblent pas varier selon l'âge du patient au moment du diagnostic. L'âge gestationnel à la naissance, la saison de naissance, le rang de naissance, les naissances multiples, l'âge des parents, et le niveau d'éducation des parents n'ont pas été associés à LLA.

Conclusions: Dans cette grande étude de cohorte, une croissance fœtale élevée est associée à un risque accru de LLA dans l'enfance jusqu’au début de l’âge adulte, indépendamment de l'âge gestationnel à la naissance, ce qui suggère que les voies du facteur de croissance pourraient jouer un rôle important à long terme dans le étiologie de LLA.

POVERTY AND THE RISK OF LEUKEMIA AND CANCER IN THE CENTRAL NERVOUS SYSTEM IN CHILDREN: A COHORT STUDY IN A HIGH-INCOME COUNTRY.
[Pauvreté et risque de leucémie et de cancer du système nerveux central chez les enfants: étude de cohorte dans un pays à revenu élevé.]
Del Risco Kollerud R, Blaasaas KG, Claussen B.
Scand J Public Health. 2015;43(7):736-743.

L'association entre les cancers infantiles et le statut socioéconomique est peu concluante. Le revenu familial a rarement été inclus dans de grandes études basées sur la population, et les contributions spécifiques de celui-ci restent inconnues.

Un total de 712.674 enfants nés entre 1967 et 2009 dans la région d'Oslo ont été inclus dans l’étude. Parmi ceux-ci, 864 ont eu une leucémie ou un cancer du système nerveux central avant l'âge de 15 ans. L'association entre la pauvreté et la leucémie infantile ou le cancer du cerveau a été analysée par régression logistique et modèles de Cox à risques proportionnels. Le revenu familial a été stratifié selon les seuils de pauvreté. Le niveau d’éducation des parents et plusieurs variables périnatales ont été examinées.

La pauvreté des familles pendant les 2 premières années de vie a été associée à la leucémie lymphoïde avant l'âge de 15 ans : odds ratio 1,72, intervalle de confiance à 95% de 1,11 à 2,64. Dans le même groupe d'âge, les auteurs ont observé une relation dose-réponse, avec un risque accru de 21% de la leucémie lymphoïde avec l'augmentation de la pauvreté. Le risque de tumeurs embryonnaires intracrâniennes et intramédullaires dans la période de l'étude était plus faible pour les enfants des familles à revenu moyen. Pour les astrocytomes, un risque accru de plus de 70% a été relevé dans les familles à revenu moyen lors de l'analyse des deux premières années de la vie. L'augmentation observée était réduite lorsque tous les enfants étaient inclus. Le risque de cancer du système nerveux central était 20% plus élevé dans les familles à revenu moyen par rapport aux familles à revenu élevé.

Conclusions : Etre né dans une famille à faible revenu les 2 premières années de la vie serait un facteur de risque pour le développement de la leucémie lymphoïde. Pour les astrocytomes, un risque accru est observé chez les enfants nés dans les familles à revenu moyen au cours des deux premières années de vie.

 RESIDENTIAL EXPOSURE TO NATURAL BACKGROUND RADIATION AND RISK OF CHILDHOOD ACUTE LEUKEMIA IN FRANCE, 1990-2009.
[Exposition résidentielle aux rayonnements naturels et risque de leucémie infantile aiguë en France, 1990-2009.]
Demoury C, Marquant F, Ielsch G, Goujon S, Debayle C, Faure L, Coste A, Laurent O, Guillevic J, Laurier D, Hémon D, Clavel J.
Environ Health Perspect. 2017; 125(4):714-720.

Les expositions à des doses élevées de rayonnements ionisants sont des facteurs de risque de leucémie aiguë infantile (AL). Le risque d'AL après exposition à des doses plus faibles liée au rayonnement naturel doit encore être déterminé.

Les cas d'AL diagnostiqués entre 1990 et 2009 (9 056 cas) ont été identifiés et leur municipalité de résidence au moment du diagnostic a été relevée via le Registre national des cancers de l'enfance. L'étude Geocap, qui incluait 2 763 cas en 2002-2007 et 30 000 contrôles, a été utilisée pour des analyses complémentaires. Les expositions au rayonnement naturel ont été modélisées à une échelle fine (36 326 communes) sur base des campagnes de mesure et des données géologiques. La puissance de la détection de l’association entre AL et la dose dans la moelle osseuse rouge (RBM) qui correspond aux prévisions UNSCEAR (Comité scientifique des Nations Unies sur les effets des rayonnements atomiques) était respectivement de 92%, 45% et 99% pour l'exposition au rayonnement gamma naturel, au radon et au rayonnement total.

Le risque de AL, quel que soit le sous-type et le groupe d'âge, n'a pas été associé à l'exposition aux radons et au rayonnement gamma en termes d'exposition annuelle à l'âge atteint, d'exposition cumulée ou de dose dans la RBM. Il n’y avait pas d’effets confondants des indicateurs socio-démographiques basés sur le recensement ou des facteurs environnementaux (trafic routier, lignes électriques à haute tension, voisinage des centrales nucléaires) sur AL dans l'étude Geocap.

Conclusions: Ces résultats ne soutiennent pas l'hypothèse selon laquelle l'exposition résidentielle au rayonnement naturel augmente le risque d'AL, malgré la grande taille de l'étude, les estimations de l'exposition à une échelle fine et une large gamme d'expositions en France. Cependant, les résultats au moment du diagnostic n'excluent pas une faible association avec le rayonnement gamma au moment de la naissance, ce qui correspond plus aux récents résultats au Royaume-Uni et en Suisse.

POLYCYCLIC AROMATIC HYDROCARBONS IN RESIDENTIAL DUST AND RISK OF CHILDHOOD ACUTE LYMPHOBLASTIC LEUKEMIA.
[Hydrocarbures aromatiques polycycliques dans la poussière des maisons et risque de leucémie lymphoblastique aigue dans l’enfance.]
Deziel NC, Rull RP, Colt JS, Reynolds P, Whitehead TP, Gunier RB, Month SR, Taggart DR, Buffler P, Ward MH, Metayer C.
Environ Res. 2014; 133:388-395.

Plusieurs hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) sont des cancérigènes probables ou connus. Les auteurs ont évalué la relation entre l'exposition aux HAP et le risque de leucémie lymphoblastique aiguë (ALL) en utilisant des concentrations en poussière comme indicateur de l'exposition. Ils ont mené une étude cas-témoins basée sur la population (251 ALL, 306 contrôles) dans le nord et le centre de la Californie de 2001 à 2007. Les poussières résidentielles ont été recueillies à l’aide d’un échantillonneur de grand volume et de petite surface (HVS3) (n = 185 cas, 212 contrôles) ou par échantillonnage des aspirateurs ménagers des participants (n = 66 cas, 94 contrôles). Les auteurs ont évalué les concentrations de 9 HAP (log), l’addition des HAP et l’addition des HAP pondérées par leur potentiel cancérogène (l'équivalence toxique). Ils ont calculés les odds ratios (OR) et les intervalles de confiance à 95% (IC) en utilisant une régression logistique tenant compte des caractéristiques démographiques et de la durée entre le diagnostic / date de référence et la collecte de la poussière.

Parmi les participants avec poussières recueillies par HVS3, le risque d’ALL n'a pas été associé à une augmentation de la concentration d’aucun des HAP en se basant sur OR perln (ng/g). Parmi les participants avec poussières recueilles dans les aspirateurs, des associations positives ont été observées entre le risque d’ALL et des concentrations accrues de benzo [a] pyrène (OR perln [ng / g] = 1,42, IC à 95% = 0,95, 2,12), dibenzo [a, h] anthracène (OR = 1,98, IC à 95% = 1,11, 3,55), le benzo [k] fluoranthène (OR = 1,71, IC à 95% = 0,91, 3,22), indéno [1,2,3-cd] pyrène (OR = 1,81, 95% CI = 1,04, 3,16), et l'équivalence toxique (OR = 2,35, IC à 95% = 1,18, 4,69).

Conclusions: Le risque accru d’ALL chez les participants avec poussières de l’aspirateur suggère que l'exposition aux HAP peut augmenter le risque d’ALL infantile; Cependant, la recherche de l’origine des résultats différents obtenus par HVS3 mérite une étude plus approfondie.

EXAMINATION OF GENDER EFFECT IN BIRTH WEIGHT AND MISCARRIAGE ASSOCIATIONS WITH CHILDHOOD CANCER (UNITED KINGDOM).
[Analyse de l’effet du genre sur le poids à la naissance et les associations des fausses couches avec le cancer infantile (Royaume-Uni)]
Dorak MT, Pearce MS, Hammal DM, McNally RJ, Parker L.
Cancer Causes Control. 2007; 18 : 219-228.

Un poids à la naissance plus élevé et une histoire de fausses couches de la mère ont été associés à une augmentation du risque de leucémie infantile. La possibilité que cette association puisse être dépendante du sexe n’a pas été explorée en détail dans les études antérieures. Dans une étude cas-témoin rétrospective, 732 cas de cancers infantiles (âge ≤ 14 ans) obtenus à partir d’un registre de population de l’Angleterre du Nord dont les données de naissance en hôpital pouvaient être évaluées et 3723 contrôles appariés pour la date et l’hôpital de naissance ont été comparés. Le poids à la naissance pour des associations selon le sexe avec le cancer infantile a été analysé.

L’analyse de régression logistique conditionnelle a été utilisée pour l’évaluation statistique des associations. Dans la leucémie lymphoblastique aigue (ALL) (225 cas et 1163 contrôles appariés), le poids à la naissance et le sexe montre une interaction forte (p=0.003). Chez les garçons avec ALL, mais pas chez les filles, il existe une association non linéaire avec le poids à la naissance (p= 0.008, OR=3.05 pour le quintile le plus élevé en comparaison au deuxième quintile le plus bas, 95% CI=1.40-6.64, p=0.005). Lorsque le poids à la naissance est ajusté en utilisant les normes anglaises d’âge de la gestation et le sexe, les associations du risque étaient similaires au point de vue de leur signification statistique et de leur amplitude. L’histoire de fausses couches de la mère était associée à tous les cancers et individuellement avec ALL. L’association entre les fausses-couches et l’ALL était statistiquement significative seulement chez les garçons (OR=1.91, 95%CI=1.07-3.42, p = 0.03). Un modèle multivarié pour l’ALL incluant d’autres variables maternelles et génésiques a confirmé l’indépendance des associations entre le poids à la naissance et les fausses couches. Il n’y avait pas d’association entre le poids à la naissance et les fausses couches dans d’autres cancers.

Conclusion : cette étude a confirmé les associations entre le poids à la naissance et les fausses-couches dans l’ALL infantile. Une association statistiquement significative avec la taille à la naissance a suggéré des différences marquées de l’étiologie entre les filles et les garçons.

TOBACCO SMOKE AND RISK OF CHILDHOOD ACUTE LYMPHOBLASTIC LEUKEMIA: FINDINGS FROM THE SETIL CASE-CONTROL STUDY.
[Fumée de tabac et risque de leucémie lymphoblastique aigue infantile: résultats de l’étude cas-témoins SETIL.]
Farioli A, Legittimo P, Mattioli S, Miligi L, Benvenuti A, Ranucci A, Salvan A, Rondelli R, Conter V, Magnani C.
Cancer Causes Control. 2014; 25(6):683-692.

La fumée de tabac peut entraîner le développement d’une leucémie lymphoblastique aigue infantile par: (1) le tabagisme des parents avant la conception, (2) l’exposition du fœtus au tabagisme de la mère pendant la grossesse, (3) l’exposition passive pendant l’enfance. Les auteurs ont testé les trois hypothèses dans une large étude cas-témoins basées sur la population (SETIL), conçue au départ pour évaluer le rôle des champs électromagnétiques dans les maladies hématopoïétiques de l’enfance. Entre 1998 et 2003, 602 cas incident d’ALL dans 14 régions italiennes ont été intégrés dans l’étude et 918 contrôles ont été individuellement appariés selon la date de naissance, le sexe et la zone de résidence. Les cas (n=557) et les contrôles (n=855) avec des informations complètes ont été analysés ; les odds ratio et intervalles de confiance à 95% ont été estimés par des modèles de régression logistique selon les variables appariées et ajustés selon l’ordre de naissance, le poids à la naissance, la durée de l’allaitement, l’âge des parents au moment de la naissance, l’éducation et l’exposition professionnelle au benzène.

Aucune indication d’une association entre ALL et le tabagisme du père pendant la période de conception et le tabagisme de la mère pendant la grossesse n’a été relevée. Une association entre l’exposition passive de la mère pendant la grossesse (OR ajusté pour les mères exposées plus de 4h par jour = 2,18, IC 95% 1,39-3,42) a été observée, mais un biais de rappel ne peut être exclu. L’exposition passive des enfants était uniquement associée à ALL dans les analyses non ajustées (OR non ajustés pour les enfants les plus exposés = 1,64, IC 95% 1,10-2,45).

Conclusions: Cette étude ne supporte pas l’hypothèse d’un lien entre le tabagisme actif des parents et l’ALL. Elle a montré une faible indication avec ALL chez les enfants exposés de manière passive. L’exposition passive des mères était associée à l’ALL, mais le biais de rappel peut avoir influencé ce résultat.

A REVIEW AND META-ANALYSIS OF OUTDOOR AIR POLLUTION AND RISK OF CHILDHOOD LEUKEMIA.
[UNE REVUE ET UNE MÉTA-ANALYSE DE LA POLLUTION DE L’AIR EXTÉRIEUR ET LE RISQUE DE LEUCÉMIE INFANTILE.]
Filippini T, Heck JE, Malagoli C, Giovane CD, Vinceti M.
J Environ Sci Health C Environ Carcinog Ecotoxicol Rev. 2015 Jan 2;33(1):36-66.

À ce jour, l'étiologie de la leucémie infantile reste largement inconnue. Peu de facteurs de risque (prédisposition génétique, infections, rayonnements ionisants, etc.) ont été clairement identifiés, et ils ne semblent expliquer qu'une faible proportion des cas. Le rôle d’autres facteurs de risque environnementaux, tels que la pollution de l'air intérieur et extérieur est beaucoup plus incertain.

Cette étude a cherché à résumer et à quantifier l'association entre la pollution de l’air liée au trafic et le risque de leucémie infantile et d’analyser les résultats selon la méthode d’évaluation de l’exposition, la qualité de l’étude, le sous-type de leucémie, la période et le continent où les études ont été menées.

Six études écologiques et 20 études cas-témoins ont été relevées. Les études ont été évaluées sur la base de l'échelle Newcastle-Ottawa. Les études évaluaient l'exposition résidentielle aux polluants du trafic motorisé en calculant la densité du trafic dans les routes avoisinantes ou à proximité de stations-service, ou en utilisant le dioxyde d'azote mesuré ou modélisé et les niveaux de benzène dans l'air extérieur.

Parce qu’une hétérogénéité des études a été observée, les odd ratio à effets aléatoires (OR) et les intervalles de confiance à 95% (IC) ont été rapportés. Chaque fois que possible, des analyses stratifiées comparant la leucémie lymphoblastique aiguë (LLA) et la leucémie myéloïde aiguë (LMA) ont en outre été menées.

En limitant l'analyse aux études de haute qualité (Newcastle-Ottawa Échelle ≥ 7), les études utilisant la densité de trafic comme métrique d'évaluation de l'exposition a montré une augmentation du risque de leucémie infantile dans la catégorie d'exposition la plus élevée (OR = 1,07, IC 95% 0,93 à 1,24). Toutefois, des preuves de biais de publication ont été observées. Les résultats de l'exposition au NO2 et au benzène ont montré un OR de 1,21 (IC à 95% 0,97 à 1,52) et 1,64 (IC à 95% 0,91 à 2,95), respectivement.

Lorsque les résultats étaient stratifiés par type de leucémie, les résultats pour NO2 étaient 1,21 (IC à 95% 1,04 à 1,41) pour LAL et 1,06 (IC à 95% 0,51 à 2,21) pour AML; pour le benzène de 1,09 (IC à 95% 0,67 à 1,77) pour LLA et 2,28 (IC à 95% 1,09 à 4,75) pour LMA. Les estimations étaient généralement plus élevées pour les expositions dans la période postnatale par rapport à la période prénatale, et pour les études européennes comparées aux études nord-américaines.

Conclusions: Dans l'ensemble, ces résultats confirment un lien entre la pollution de l’air liée au trafic et le risque de leucémie infantile, notamment en raison de benzène.

BREASTFEEDING AND EARLY INFECTION IN THE AETIOLOGY OF CHILDHOOD LEUKAEMIA IN DOWN SYNDROME.
[Allaitement maternel et infections précoces dans l'origine de la leucémie infantile chez les enfants atteints du syndrome de Down.]
Flores-Lujano J , Perez-Saldivar ML , Fuentes-Pananá EM , Gorodezky C , Bernaldez-Rios R , Del Campo-Martinez MA , Martinez-Avalos A , Medina-Sanson A , Paredes-Aguilera R , De Diego-Flores Chapa J , Bolea-Murga V , Rodriguez-Zepeda MC , Rivera-Luna R , Palomo-Colli MA , Romero-Guzman L , Perez-Vera P , Alvarado-Ibarra M , Salamanca-Gómez F , Fajardo-Gutierrez A , Mejía-Aranguré JM .
Br J Cancer. 2009 Sep 1;101(5):860-864.

Pour qu'un enfant développe une leucémie aigue (AL), l'exposition environnementale pourrait ne pas être suffisante : l'interaction avec un facteur de susceptibilité de la maladie, comme le syndrome de Down (DS), pourrait aussi être nécessaire. Nous avons évalué si l'allaitement maternel et les infections précoces étaient associés au risque de développer une AL chez les enfants avec DS. Les enfants avec DS à Mexico, avec ou sans AL, étaient respectivement les cas (n=57) et les témoins (n=218). La population a été divisée en enfants avec AL et avec leucémie lymphoblastique aigue (ALL), et également en enfants d'âge égal ou inférieur à 6 ans et plus âgés que 6 ans. L'allaitement maternel et les infections précoces ont montré une association modérée avec AL, alors que l'hospitalisation pour infection pendant la première année de vie augmentait le risque : les odds ratios (intervalle de confiance 95%) étaient respectivement de 0.84 (0.43-1.61), 1.70 (0.82-3.52); et 3.57 (1.59-8.05). Un résultat similaire a été obtenu quand seule ALL était analysée.

Conclusion: les auteurs ont trouvé que l'allaitement maternel protégeait du développement de AL et ALL, et que les infections requérant une hospitalisation, durant la première année de vie, étaient en relation avec un risque accru de développer la maladie chez les enfants atteints de DS et âgés de plus de 6 ans. Ces données ne supportent pas l'hypothèse de Greaves selon laquelle les infections précoces protégeraient du développement d'ALL.

MODE OF DELIVERY AND RISK OF CHILDHOOD LEUKEMIA.
[Type d’accouchement et risque de leucémie infantile.]
Francis SS, Selvin S, Metayer C, Wallace AD, Crouse V, Moore TB, Wiemels JL, Buffler PA.
Cancer Epidemiol Biomarkers Prev. 2014; 23(5):876-881.

Les infections infantiles et la réponse immunitaire sont depuis longtemps suspectées dans l’étiologie de la leucémie infantile, particulièrement la leucémie lymphoblastique aigue (ALL). L’inoculation primaire normale du microbiome humain est contournée par l’accouchement par césarienne, ce dernier étant cité comme facteur influençant la réponse immunitaire et responsable d’infections en début de vie.

Dans cette étude, les auteurs ont analysé l’accouchement pas césarienne et le risque de leucémie infantile à partir des données de l’étude californienne cas-témoins sur la leucémie infantile (CCLS) et de modèles de régression logistique. Ils n’ont pas observé d’associations avec la leucémie myélogène aigue [OR, 0.96; intervalle de confiance à 95% (IC), 0.52-1.55]. Ils ont observé une association avec ALL (OR, 1.22; 95% CI, 0.97-1.54) mais non significative. L’analyse de l’ALL commune (cALL) définie comme une ALL avec expression des antigènes de surface CD10 et CD19 et diagnostiquée entre 2 et 5,9 ans, à mis en évidence une association significative avec l’accouchement par césarienne (OR, 1.44; 95% CI, 1.0-2.06). Les patients ALL qui n’ont pas une cALL obtiennent un risque similaire que l’ensemble des ALL (OR, 1.15; 95% CI, 0.91-1.44). En raison des résultats antérieurs suggérant une modification des effets, les auteurs ont stratifié les patients cALL selon leur statut hispanique. Les auteurs n’ont pas observé de relation entre l’accouchement par césarienne chez les non-hispaniques (OR, 1.14; 95% CI, 0.72-1.79), mais bien chez les patients cALL hispanique (OR, 2.34; 95% CI, 1.23-4.46).

Conclusion : dans l’étude CCLS, l’accouchement par césarienne semble être associé avec cALL et les patients hispaniques sont peut-être “responsables” de cette association.

IN UTERO CYTOMEGALOVIRUS INFECTION AND DEVELOPMENT OF CHILDHOOD ACUTE LYMPHOBLASTIC LEUKEMIA.
Francis SS, Wallace AD, Wendt GA, Li L, Liu F, Riley LW, Kogan S, Walsh KM, de Smith AJ, Dahl GV, Ma X, Delwart E, Metayer C, Wiemels JL.
Blood. 2017;129(12):1680-1684.

On estime généralement, malgré la controverse, que les infections jouent un rôle dans le développement de la leucémie aiguë lymphoblastique (ALL), le cancer infantile le plus fréquent et une maladie dont l’origine prénatale semble confirmée dans la plupart des cas. Les auteurs ont analysé les infections au moment du diagnostic puis ont évalué le timing de l’infection à la naissance des enfants malades et des témoins appariés selon l’âge, le sexe et l’origine ethnique, pour identifier d’éventuelles infections primaires.

Des analyses bactériennes et virales complètes d’échantillons de moelle épinière avant traitement (127 ALL comparés à 38 AML) ont révélé la présence du cytomégalovirus (CMV) lors du diagnostic d’ALL, avec une transcription virale active dans les blastes leucémiques ainsi que des virions intacts dans le sérum.  Un screening des échantillons sanguins des nouveau-nés a révélé une prévalence significativement plus élevée d’infection au CMV in utero chez les malades ALL (n=268) que les contrôles (n=270) (odds ratio [OR], 3.71, Intervalle de confiance [IC], 1.56-7.92, P = .0016). Les risques étaient moins élevés chez les enfants d’origine hispanique (OR=5.90, IC=1.89-25.96) que chez les blancs non hispaniques (OR=2.10 IC= 0.69-7.13).

Conclusions: C’est la première étude qui suggère que l’infection congénitale au CMV est un facteur de risque d’ALL infantile et est plus important chez les enfants d’origine hispanique. Des investigations approfondies du CMV en tant que facteur étiologique de l’ALL sont nécessaires.

QUANTITATIVE ASSESSMENTS OF INDOOR AIR POLLUTION AND THE RISK OF CHILDHOOD ACUTE LEUKEMIA IN SHANGHAI.
[Evaluations quantitative de la pollution de l’air intérieur et risqué de leucémie infantile aigue à Shangai.]
Gao Y, Zhang Y, Kamijima M, Sakai K, Khalequzzaman M, Nakajima T, Shi R, Wang X, Chen D, Ji X, Han K, Tian Y.
Environ Pollut. 2014; 187:81-89.

Les auteurs ont analysé l’association enter les polluants de l’air intérieur et la leucémie infantile aigue (AL). 105 malades nouvellement diagnostiqués et 105 témoins appariés 1 :1 selon le sexe, l’âge et l’hôpital ont été inclus. Des mesures des polluants intérieurs (incluant le dioxyde d’azote (NO2) et 17 sortes de composants organiques volatiles (COV)) ont été réalisées pour 64 paires cas-témoins. Des concentrations plus élevées de dioxyde d’azote et presque la moitié des VOC ont été mesurés chez les malades et ont été associés à un risque accru d’AL infantile. L’utilisation de matériaux synthétique pour la décoration des murs et les meubles des chambres à coucher était en relation avec l’AL infantile. Avoir rénové la maison ou changer les meubles dans les 5 années précédentes, fermer les portes et les fenêtres pendant la nuit en hiver et/ou en été, le tabagisme du père et les polluants extérieurs affectent les concentrations de COV.

Conclusions: Ces résultats supportent l’hypothèse d’une association entre l’AL infantile et la pollution de l’air intérieur.

CHILDHOOD LEUKEMIA AND RESIDENTIAL PROXIMITY TO INDUSTRIAL AND URBAN SITES.
[Leucémie infantile et résidence à proximité de sites industriels et urbains.]
García-Pérez J, López-Abente G, Gómez-Barroso D, Morales-Piga A, Romaguera EP, Tamayo I, Fernández-Navarro P, Ramis R.
Environ Res. 2015;140:542-553.

Peu de facteurs de risque de leucémie infantile ont été clairement établis. Alors qu’une petite proportion de cas pourrait être partiellement attribuable à certaines maladies ou à l’exposition aux radiations ionisantes, le rôle de la pollution industrielle et urbaine doit également être évalué. L’objectif de cette étude est de vérifier l’effet possible de résider à proximité de zones industrielles et urbaines sur la leucémie infantile, en prenant en compte les groupes industriels et les substances toxiques rejetées.

Les auteurs ont mené une étude cas-témoins de la leucémie infantile en Espagne, couvrant 638 cas incidents obtenus via le registre espagnol des tumeurs infantiles entre 1990 et 2011. 13 188 contrôles ont été individuellement appariés selon l’année de naissance, le sexe et la région de résidence. Les distances entre les lieux de résidence des sujets et 1068 industries ainsi que 157 zones urbaines de plus de 10 000 habitants ont été calculées. Les odds ratios (OR) et intervalle de confiance à 95% des catégories de distance avec les sources de pollutions urbaine et industrielle ont été calculés, avec ajustement pour les variables appariées.

Un risque accru de leucémie infantile a été observé chez les enfants vivant à proximité des industries (≤2,5 km) (OR=1.31; IC 95%=1.03-1.67), - en particulier fibres de verre et minérales (OR=2.42; 95%CI=1.49-3.92), traitement de surface à l’aide de solvants organiques (OR=1.87; IC 95%=1.24-2.83), galvanisation (OR=1.86; IC 95%=1.07-3.21), production et traitement des métaux (OR=1.69; IC 95%=1.22-2.34), et traitement de surface des métaux (OR=1.62; IC 95%=1.22-2.15) - , et en zones urbaines (OR=1.36; IC 95%=1.02-1.80).

Conclusions: Vivre à proximité des sites industriels et en zones urbaines pourrait être un facteur de risque de leucémie infantile.

PRENATAL EXPOSURE TO TRAFFIC-RELATED AIR POLLUTION AND RISK OF EARLY CHILDHOOD CANCERS.
[Exposition prénatale à la pollution de l’air liée à la circulation automobile et risque de cancers infantiles précoces.]
Ghosh JK, Heck JE, Cockburn M, Su J, Jerrett M, Ritz B.
Am J Epidemiol. 2013; 178(8):1233-1239.

L'exposition à la pollution de l'air pendant la grossesse a été associée au risque de cancer chez les enfants, mais les preuves ne sont pas concluantes. Dans cette étude, les auteurs ont utilisé un modèle de régression de l’utilisation des terres pour estimer les expositions prénatales aux gaz d'échappement du trafic automobile et évaluer les associations avec le risque de cancer chez les très jeunes enfants.

Les participants à “Air Pollution and Childhood Cancers Study” étaient âgés de 5 ans ou moins et un diagnostic de cancer avait été posé entre 1988 et 2008. Les dossiers de ces enfants ont été liés aux certificats de naissance californiens et les contrôles ont été sélectionnés à partir des certificats de naissance. Les estimations basées sur des régressions de l’utilisation des terres de l'exposition au oxyde nitrique, au dioxyde d'azote et aux oxydes d'azote ont été attribuées en fonction de la résidence au moment de la naissance et ajustées dans le temps à l’aide des données des stations de surveillance pour évaluer les expositions à la pollution de l'air pendant des périodes spécifiques de la grossesse. Des modèles de régression logistique ont été ajustés selon l'âge maternel, la race / l'origine ethnique, le niveau d'éducation, la parité, le type d'assurance, et le statut socio-économique basé sur le recensement, ainsi que le sexe et l'année de naissance de l’enfant.

Les risques de leucémie lymphoblastique aiguë étaient respectivement supérieurs de 9, 23 et 8% par 25 ppb (partie par milliard) des concentrations moyennes d’oxyde nitrique, de dioxyde d'azote et d'oxydes d'azote, sur l'ensemble de la grossesse . Les expositions pendant les deuxième et troisième trimestres ont augmenté les risques de rétinoblastome bilatéral. Aucune association n'a été trouvée en relation avec les expositions moyennes annuelles sans composantes temporelles ou pour n'importe quel autre type de cancer.

Conclusions: Ces résultats supportent l’hypothèse d’un lien entre l'exposition prénatale aux gaz d'échappement et le risque de leucémie lymphoblastique aiguë et de rétinoblastome bilatéral.

RISK OF CHILDHOOD ACUTE LYMPHOBLASTIC LEUKAEMIA FOLLOWING PARENTAL OCCUPATIONAL EXPOSURE TO PESTICIDES.
[Risque de leucémie lymphoblastique aigue infantile et exposition professionnelle parentale aux pesticides.]
Glass DC, Reid A, Bailey HD, Milne E, Fritschi L.
Occup Environ Med. 2012; 69):846-9.

Il s’agit d’une étude cas-témoins en Australie basée sur la population. L’exposition aux pesticides des pères et des mères a été relevée à l’aide de modules spécifiques aux professions. Les informations sur les types et les doses de pesticides ont été collectées pour les mères et les pères avant et au moment de la conception et pour les mères, durant la grossesse et 1 an après la naissance.

L’exposition professionnelle des pères aux pesticides avant et au moment de la conception n’est pas en relation avec un risque accru de leucémie infantile. Il y a une faible prévalence de mères exposées aux pesticides qui diminue après la naissance.

Conclusions: L’exposition professionnelle des pères aux pesticides n'a pas été associée à un risque accru de leucémie lymphoblastique aiguë chez les enfants. L'étude ne permet pas de conclure par rapport à l’exposition maternelle en raison d’une faible puissance statistique.

 A TASK-BASED ASSESSMENT OF PARENTAL OCCUPATIONAL EXPOSURE TO PESTICIDES AND CHILDHOOD ACUTE LYMPHOBLASTIC LEUKEMIA.
[Evaluation basée sur les tâches de l’exposition professionnelle des parents aux pesticides et leucémie aiguë lymphoblastique chez l’enfant.]
Gunier RB, Kang A, Hammond SK, Reinier K, Lea CS, Chang JS, Does M, Scelo G, Kirsch J, Crouse V, Cooper R, Quinlan P, Metayer C.
Environ Res. 2017;156:57-62.

Les auteurs ont évalué l’exposition professionnelle des parents aux pesticides l’année avant la grossesse jusqu’à la 3e année de l’enfant (669 enfants diagnostiqués ALL et 1021 contrôles). L’exposition professionnelle aux pesticides a été estimée à l’aide de modules axés sur les tâches professionnelles (JM, task-based job modules), chez des fermiers, des jardiniers, des conditionneurs agricoles et des applicateurs de pesticides. Cette méthode a été comparée à d’autres méthodes d’analyse des expositions professionnelles : (1) JM partiel à partir des intitulés et des descriptions des professions, mais sans compléter un questionnaire basé sur les tâches et (2) une matrice d’exposition professionnelle (JEM) liant les intitulés des professions à des classifications internationales (International Standard Classifications of Occupation Codes). Une régression logistique non conditionnelle a été utilisée pour calculer les odds ratios (OR) et les intervalles de confiance à 95 % (IC 95 %) pour le risque d’ALL et l’exposition aux pesticides avec ajustement selon le sexe de l’enfant, l’âge, la race/l’origine ethnique, les revenus du ménage.

En comparaison au JM complet, les JM partiels et les JEM n’évaluent pas correctement l’exposition chez 3,1% et 9,4% des parents, respectivement. La classification erronée est similaire chez les cas et les témoins. Avec le JM complet, un risque accru d’ALL a été observé dans l’exposition paternelle quel que soit le pesticide (OR=1.7; IC 95% =1.2, 2.5), avec des risques plus élevés rapportés pour les traitements des cultures de noix (OR=4.5; IC 95%=0.9, 23.0), et pour les enfants diagnostiqués avant l’âge de 5 ans (OR=2.3; IC 95%: 1.3, 4.1). Les erreurs de classification à partir de JEM atténuent ces associations de 57%. L’exposition des mères aux pesticides avant et après la naissance n’a pas été associée à ALL.

Conclusions: Le risque d’ALL était plus élevé chez les jeunes enfants dont les pères ont été professionnellement exposés aux pesticides avant la naissance, résultat obtenu à partir des informations plus détaillées de l’exposition (JM).

A COHORT STUDY OF CHILDHOOD CANCER INCIDENCE AFTER POSTNATAL DIAGNOSTIC X-RAY EXPOSURE.
[Une étude de cohorte de l'incidence du cancer infantile après exposition à des R-X de diagnostic postnatal.]
Hammer GP , Seidenbusch MC , Schneider K , Regulla DF , Zeeb H , Spix C , Blettner M .
Radiat Res. 2009;171(4):504-512.

Les radiations ionisantes sont une cause établie de cancer, mais les effets sanitaires des doses des examens subis par les enfants sont peu connus. Le risque de cancer infantile a été étudié dans une cohorte de 92 957 enfants ayant subi un examen par R-X dans un grand hôpital allemand entre 1976 et 2003. Les doses de radiation ont été obtenues en calculant pour chaque enfant le produit dose/surface irradiée et d'autres paramètres d'exposition, de même que des coefficients de conversion spécifiquement développés pour les appareils médicaux et les normes utilisées dans le département de radiologie. Les cancers nouvellement diagnostiqués entre 1980 et 2006 ont été obtenus via les données du registre des cancers infantiles allemands. La dose médiane de radiation était de 7 microSv. 87 cas incidents ont été trouvés dans la cohorte : 33 leucémies, 13 lymphomes, 10 tumeurs du système nerveux central et 31 autres tumeurs. Le ratio standardisé d'incidence (SIR) pour tous les cancers étaient de 0.99 (IC 95% : 0.79-1.22). Aucune tendance dans l'incidence des cancers totaux, de la leucémie et des tumeurs solides avec l'augmentation de la dose de radiation n'a été observée par l'analyse SIR, ni par la régression multivariée de Poisson. Le risque ne différait pas significativement entre les filles et les garçons.

Conclusions : D'une manière générale, aucune augmentation du risque de cancer lié aux radiations en diagnostic médical n'a été observée.

RISK OF LEUKEMIA IN RELATION TO EXPOSURE TO AMBIENT AIR TOXICS IN PREGNANCY AND EARLY CHILDHOOD.
[Risque de leucémie en relation avec l’exposition à des substances toxiques dans l’air ambient pendant la grossesse et la petite enfance. ]
Heck JE, Park AS, Qiu J, Cockburn M, Ritz B.
Int J Hyg Environ Health. 2014; 217(6):662-668.

Il existe peu de causes bien établies de la leucémie, le type de cancer le plus fréquent chez les enfants. Des études chez les adultes ont suggéré un rôle d’agents environnementaux spécifiques, mais on connait mal les effets des expositions à des substances toxiques dans l’air ambiant pendant la grossesse. Dans cette étude cas-témoins, 69 malades ALL (leucémie lymphoblastique aigue) et 46 malades AML (leucémie myéloïde aigue) ont été relevés dans le registre californien des cancers (enfants de moins de 6 ans) et 19 209 contrôles ont été relevés dans le registre californien des naissances. Ces derniers ont été choisis parce qu’ils habitaient dans les 2 km (1,3 miles) pour ALL et 6 km (3,6 miles) pour AML d’une station de surveillance des substances toxiques de l’air entre 1990 et 2007. Les informations sur l'exposition aux substances toxiques dans l'air ont été prises dans les systèmes de surveillance de la qualité de l’air communautaire.

Une régression logistique a été utilisée pour estimer le risque de leucémie associé à l'augmentation d’un interquartile d’une substance toxique dans l’air. Le risque de ALL était augmenté lors de l’exposition pendant le 3e trimestre aux hydrocarbures aromatiques polycycliques (OR = 1,16, IC à 95% 1,04, 1,29), à l'arsenic (OR = 1,33, IC à 95% 1,02, 1,73), au benzène (OR = 1.50, 95 % CI 1,08, 2,09), et trois autres substances toxiques liées à la combustion du carburants. Le risque d'AML était lors de l’exposition pendant le 3e trimestre au chloroforme (OR = 1,30, IC à 95% 1,00, 1,69), au benzène (1,75, IC à 95% 1,04, 2,93), et deux autres substances toxiques liés à la circulation. Pendant la première année de l'enfant, un risque accru d’AML est lié à l'exposition au butadiène, l'ortho-xylène, toluène et un risque accru d’ALL à l'exposition au sélénium.

Conclusions: Le benzène est une cause établie de leucémie chez les adultes; Cette étude confirme que les expositions ambiantes au benzène et à d'autres produits chimiques pendant la grossesse et la petite enfance peuvent également augmenter le risque de leucémie chez les enfants.

CHILDHOOD CANCER AND TRAFFIC-RELATED AIR POLLUTION EXPOSURE IN PREGNANCY AND EARLY LIFE.
[Cancers infantiles et exposition à la pollution de l’air liée à la circulation automobile pendant la grossesse et l’enfance.]
Heck JE, Wu J, Lombardi C, Qiu J, Meyers TJ, Wilhelm M, Cockburn M, Ritz B.
Environ Health Perspect. 2013; 121(11-12):1385-1391.

La littérature sur la pollution de l'air et les cancers infantiles liés à la circulation automobile ne permet pas de conclure à une association, et les cancers les plus rares sont mal connus. Dans cette étude, les auteurs analysent les relations entre les cancers infantiles et l'exposition à la pollution liée à la circulation.

L’étude a inclus des enfants de moins de 6 ans identifiés dans le registre du cancer de Californie (nés entre 1998 et 2007) qui pouvaient être liés à un certificat de naissance californiens (n = 3590). Les témoins ont été choisis au hasard à partir des certificats de naissance californiens (n = 80 224). La version 4 du logiciel de modélisation de la dispersion des sources “Californie LINE” (CALINE4) a été utilisée pour estimer les niveaux d'exposition de la circulation locale lors de chacun des trimestres de la grossesse et de la première année de la vie à l'adresse indiquée sur le certificat de naissance.

Les résultats ont été vérifiés en examinant en outre les associations avec le taux de particules dans l’air (≤ 2,5 µm de diamètre aérodynamique ; PM2.5) mesurés par des enregistreurs de la pollution de l'air, et avec une simple mesure de la densité du trafic.

Une régression logistique non conditionnelle a montré une association entre l’augmentation par intervalle interquartile de l'exposition à la pollution liée à la circulation pendant le premier trimestre (0,0538 ppm de monoxyde de carbone, estimée à l'aide de CALINE4) et la leucémie aiguë lymphoblastique [ALL ; odd ratio au premier trimestre (OR) = 1,05; IC 95%: 1,01, 1,10 ]; les tumeurs des cellules germinales (OR = 1,16, IC 95%: 1,04, 1,29), en particulier les tératomes (OR = 1,26, IC 95%: 1,12, 1,41) et le rétinoblastome (OR = 1,11 ; 95 % IC: 1.01, 1.21), en particulier le rétinoblastome bilatéral (OR = 1,16, IC 95%: 1,02, 1,33). Le rétinoblastome a également été associé à des concentrations moyennes de PM2.5 pendant la grossesse, et l’ALL et les tératomes ont été associés à la densité du trafic près de la résidence de l'enfant à la naissance.

Conclusions: Des associations faibles ont été montrées entre l'exposition précoce à la pollution liée au trafic et plusieurs cancers de l'enfant. Parce que cette étude est la première à faire un lien entre la pollution liée à la circulation automobile et le rétinoblastome ou les tumeurs des cellules germinales, deux cancers rares, ces résultats nécessitent une réplication dans d'autres études.

RESIDENTIAL PROXIMITY TO HEAVY-TRAFFIC ROADS, BENZENE EXPOSURE, AND CHILDHOOD LEUKEMIA-THE GEOCAP STUDY, 2002-2007.
[Proximité résidentielle des routes à forts trafics, exposition au benzène et leucémie infantile – L’étude GEOCAP, 2002-2007.]
Houot J, Marquant F, Goujon S, Faure L, Honoré C, Roth MH, Hémon D, Clavel J.
Am J Epidemiol. 2015;182(8):685-693.

La leucémie infantile pourrait être associée à une exposition au benzène liée au trafic routier, mais des données supplémentaires sont nécessaires. L’étude GEOCAP (Géolocalisations des Cancers Pédiatriques), une étude cas-témoins en France, a été conçue pour éviter les biais de sélection dus à une différence de participation et une classification erronée. L’étude a comparé 2760 enfants atteints de leucémie (diagnostic en France entre 2002 et 2007), dont 2275 enfants atteints de leucémie lymphoblastique aigue (ALL) et 418 de leucémie myéloblastique aigue (AML), et 30 000 enfants contrôles. Les adresses de résidence ont été précisément géocodées et 3 indicateurs du trafic ont été considérés. Les estimations des concentrations de benzène étaient également disponibles pour la région Île-de-France (dont Paris). Une augmentation de 300 m de la longueur cumulée des routes principales dans les 150 m de l’adresse géocodée était significativement associée à AML (odds ratio = 1.2, intervalle de confiance à 95%: 1.0, 1.4) mais pas à ALL (odds ratio = 1.0, IC 95%: 0.9, 1.1), et l’association était renforcée en Île-de-France quand cet indicateur était combiné aux estimations des concentrations de benzène. Ces résultats, exempts de biais de participation et basés sur des indices d’exposition déterminés objectivement, montrent une augmentation de l’incidence d’AML associée à la densité de routes à fort trafic à proximité de la maison d’un enfant.

Conclusions : Les résultats confirment le rôle de l’exposition au benzène lié au trafic routier dans l’étiologie de l’AML infantile.

RESIDENTIAL PROXIMITY TO GASOLINE STATIONS AND RISK OF CHILDHOOD LEUKEMIA.
[Proximité résidentielle des stations services et risque le leucémie infantile.]
Infante PF.
Am J Epidemiol. 2017;185(1):1-4.

Des augmentations significatives du risque de leucémie infantile ont été associées à l’exposition environnementale aux carburants, aux hydrocarbures aromatiques des raffineries, aux déchets de l’industrie pétrolière, et à la circulation automobile ; aux peintures, aux diluants pour peinture et aux dissolvants ; et au tabagisme passif. Ces risques accrus ont également été associés à l’exposition parentale au benzène, aux carburants, aux métiers de la route, aux peintures, et aux solvants pour caoutchouc.

Conclusions: Ces expositions ont en commun un élément chimique, le benzène, connu comme facteur de leucémie aiguë chez l’adulte, et posent la question du risque accru de leucémie chez les enfants en cas d’exposition environnementale de faible intensité.

EPIDEMIOLOGICAL EVIDENCE OF CHILDHOOD LEUKAEMIA AROUND NUCLEAR POWER PLANTS.
[Indications épidémiologiques de leucémie infantile autour des centrales nucléaires.]
Janiak MK.
Dose Response. 2014; 12(3):349-364.

Quelques rapports montrant une augmentation du nombre de cas de leucémie (clusters) chez les enfants vivant à proximité de centrales nucléaires et autres installations nucléaires ont déclenché un vif débat sur les causes possibles de la maladie. Dans cette revue, les clusters les plus importants de la leucémie infantile autour des centrales nucléaires sont décrits et analysés avec un accent particulier sur la relation entre l'exposition environnementale aux radiations ionisantes et le risque de leucémie. Comme il a été montré que vivre toute sa vie à proximité d'une centrale nucléaire ne pose aucun risque spécifique pour la santé des personnes et que le rayonnement ionisant émis est trop faible pour causer le cancer, un certain nombre d'hypothèses ont été proposées pour expliquer les clusters de leucémie infantile.

Conclusions: L'explication la plus probable des clusters est «le brassage des populations», à savoir l'afflux de travailleurs vers les régions rurales où les installations nucléaires sont installées et où les populations locales ne sont pas à l'abri des agents pathogènes apportés avec les nouveaux arrivants.

 BENZENE AND CHILDHOOD ACUTE LEUKEMIA IN OKLAHOMA.
[Benzène et leucémie aiguë infantile in Oklahoma.]
Janitz AE, Campbell JE, Magzamen S, Pate A, Stoner JA, Peck JD.
Environ Res. 2017; 158:167-173. 

L'objectif de cette étude était d'évaluer l'association entre le benzène, un cancérogène connu, et la leucémie aiguë infantile (AL). Les auteurs ont mené une étude cas-témoins comprenant des malades diagnostiqués entre 1997 et 2012 (n = 307, Registre Central du cancer Oklahoma) et des contrôles appariés selon la semaine de naissance à partir des certificats de naissance (n = 1013). Une régression logistique conditionnelle a été utilisée pour évaluer l'association entre le benzène, mesuré avec l’échelle NATA (2005, National-Scale Air Toxics Assessment) dans le secteur de recensement de la résidence de naissance, et la leucémie aiguë chez les enfants.

Aucune différence n'a été observée dans l'exposition au benzène entre les cas et les témoins. Cependant, lorsqu'ils sont stratifiés par année de naissance, les cas les plus exposés, nés entre 2005 et 2010 ont un odds 3 fois plus élevé que les témoins nés dans cette même période (4ème quartile OR: 3.53, IC 95%: 1.35, 9.27). En outre, les estimations de la leucémie myéloïde aiguë (LMA) étaient plus fortes que celles de la leucémie lymphoïde aiguë, mais pas statistiquement significatives.

Conclusions: Bien qu'une association entre le benzène et la leucémie infantile n'ait pas été globalement observée, les résultats suggèrent que la leucémie aiguë est associée à une exposition plus élevée au benzène parmi les naissances les plus récentes, et les enfants atteints de LMA pourraient avoir été plus exposés au benzène à la naissance. L'utilisation des données NATA permet d'évaluer un polluant spécifique au niveau des secteurs de recensement, offrant un avantage par rapport aux données de surveillance ou de sources ponctuelles. Cette étude, cependant, ne peut pas exclure que le benzène pourrait être un marqueur d'autres expositions liées à la circulation et une mauvaise classification dans le temps pourrait expliquer l’absence d'association parmi les naissances les plus anciennes. 

TRAFFIC-RELATED AIR POLLUTION AND CHILDHOOD ACUTE LEUKEMIA IN OKLAHOMA.
[Pollution de l’air liée au trafic et leucémie aigüe infantile à Oklahoma.]
Janitz AE, Campbell JE, Magzamen S, Pate A, Stoner JA, Peck JD.
Environ Res. 2016;148:102-111.

La pollution de l’air ambiant a été classée dans le groupe 1 (cancérogène), mais les études n’ont pas établi une association entre la pollution de l’air liée au trafic et la leucémie. L’objectif de cette étude était de déterminer si les enfants atteints de leucémie aiguë étaient plus exposés à cette pollution à la naissance que des contrôles.

Les auteurs ont mené une étude cas-témoins à partir du Registre des cancers d’Oklahoma dans le but d’identifier les enfants malades, diagnostiqués avant l’âge de 20 ans, entre 1997 et 2012 (n=307). Les contrôles ont été sélectionnés à partir des certificats de naissance et appariés aux malades selon la semaine de naissance (n=1013). A l’aide d'un nouveau modèle d’analyse du dioxyde d'azote (NO2) et de l’estimation de la densité des routes, l'association entre la pollution de l'air liée au trafic et la leucémie infantile a été évaluée en utilisant une régression logistique conditionnelle.

Les risques liés à une exposition au 4e quartile de NO2 (11.19-19.89 ppm) étaient similaires pour les malades et les contrôles, après ajustement pour l'éducation maternelle (OR : 1,08, IC à 95%: 0,75, 1,55). Ces estimations étaient plus élevées chez les enfants atteints de leucémie myéloïde aiguë (AML) que de leucémie lymphoïde aiguë, avec une association positive observée chez les enfants avec AML vivant en ville (OR 4e quartile : 5.25, 95% intervalle de confiance : 1,09, 25,26). Même si aucune association significative n'a été observée avec la densité des routes, l’OR des malades de sexe masculin était plus élevé pour la densité de routes dans les 500 m à la naissance par rapport aux contrôles (OR : 1,39, IC à 95%: 0,93, 2,10), et légèrement plus faible dans les 750m.

Conclusions :  Bien qu’aucune association entre NO2 et la densité de route n’ait été observée, c’est la première étude qui observe une augmentation de l’OR selon l’exposition au NO2 parmi des enfants avec AML, suggérant l’importance de continuer à explorer la pollution de l’air liée au trafic dans le développement de AML.

TRAFFIC-RELATED AIR POLLUTION AND CHILDHOOD ACUTE LEUKEMIA IN OKLAHOMA.
[Pollution de l’air liée à la circulation et leucémie infantile aigue en Oklahoma.]
Janitz AE, Campbell JE, Magzamen S, Pate A, Stoner JA, Peck JD.
Environ Res. 2016;148:102-111.

La pollution de l'air ambiant a été classée comme cancérogène du groupe 1, mais les études n'ont pas établi si la pollution atmosphérique liée à la circulation est associée à la leucémie. L'objectif de cette étude était de déterminer si les enfants atteints de leucémie aiguë avaient des probabilités plus élevées d'exposition à la pollution de l’air liée à la circulation à la naissance que les témoins.

Les auteurs ont mené une étude cas-témoins en utilisant le registre central du cancer de l'Oklahoma pour identifier les enfants atteints de leucémie aiguë diagnostiqués avant l'âge de 20 ans entre 1997 et 2012 (n = 307). Les contrôles ont été sélectionnés à partir des certificats de naissance et appariés aux malades selon la semaine de naissance (n = 1013). L'association entre la pollution atmosphérique liée au trafic et la leucémie infantile a été évaluée à l’aide d'un nouveau modèle de régression de l'utilisation des sols par satellite du dioxyde d'azote (NO2) et de l'estimation de la densité routière basée sur le recensement des États-Unis de 2010.

Les probabilités d'exposition au quatrième quartile de NO2 (11,19-19,89 ppb) étaient similaires chez les malades et les témoins après ajustement pour l'éducation maternelle (OR : 1,08, IC 95%: 0,75, 1,55). Ces estimations sont plus élevées chez les enfants atteints de leucémie myéloïde aiguë (LMA) que chez ceux atteints de leucémies lymphoïdes aiguës, avec une association positive observée chez les enfants nés en milieu urbain atteints de LMA (OR 4e quartile : 5,25, intervalle de confiance à 95%: 1,09 et 25,26). Malgré l’absence d’association significative globale avec la densité routière, les auteurs ont relevé une interaction entre la densité des routes à 500m et le genre (garçons malades versus témoins : OR : 1,39, IC 95%: 0,93; 2,10), légèrement atténuée à 750 m.

Conclusions : Bien qu'aucune association globale entre NO2 ou la densité routière n'ait été relevée, il s'agissait de la première étude à observer des OR élevées en relation avec l’exposition au NO2 chez les enfants atteints de LMA par rapport aux témoins suggérant l’intérêt d’explorer le lien entre la pollution atmosphérique liée à la circulation et la LMA.

RESIDENTIAL MOBILITY AND THE RISK OF CHILDHOOD LEUKEMIA.
[Mobilité résidentielle et risque de leucémie infantile.]
Järvelä L, Raitanen J, Erme S, Lohi O, Auvinen A.
Cancer Causes Control. 2016;27(3):433-443.

Selon certaines hypothèses, la leucémie infantile pourrait avoir une origine infectieuse : la maladie serait une réponse rare à une infection. Le brassage des populations pourrait entraîner une augmentation des contacts entre personnes infectées et vulnérables et de ce fait, augmenter le risque de leucémie. L’objectif de cette étude était d’analyser l’association entre la mobilité résidentielle comme indicateur du brassage de la population et le risque de leucémie chez les enfants de moins de 15 ans.

Les auteurs ont mené une étude cas-témoins basée sur la population en utilisant les données du registre finlandais. Les cas (n = 1093) étaient tous les enfants de moins de 15 ans diagnostiqués avec la leucémie (M9800-M9948 dans la CIM-O-3) en Finlande entre 1990 et 2011. Trois contrôles par malade (n = 3.279) ont été aléatoirement choisis. Les contrôles ont été appariés selon le sexe et l'âge. Un historique complet de la mobilité résidentielle a été construit à partir du registre de la population, y compris la migration globale, le déménagement vers une plus grande ville (plus d'habitants), et le déménagement vers une ville présentant une migration faible, moyenne ou forte. L'association entre la mobilité résidentielle et le risque de leucémie infantile a été évaluée en utilisant une régression logistique conditionnelle.

Les auteurs n’ont pas observé de risques continûment augmenté ou diminué de leucémie infantile associés à différents schémas de migration. Dans l'ensemble, la mobilité résidentielle a montré des OR non significativement inférieurs à l'unité, et des risques accrus n’ont pas été trouvés.

Conclusions : Ces résultats ne montrent pas un risque accru de leucémie infantile associé à la mobilité résidentielle ou le déménagement vers des villes avec plus d’habitants.

PARENTAL AGE AND RISK OF CHILDHOOD CANCER: A POOLED ANALYSIS.
[Age des parents et risque de cancer infantile: une analyse poolée.]
Johnson KJ , Carozza SE , Chow EJ , Fox EE , Horel S , McLaughlin CC , Mueller BA , Puumala SE , Reynolds P , Von Behren J , Spector LG .
Epidemiology. 2009;20(4):475-483.

Les auteurs ont évalué la relation entre l'âge des parents et les cancers infantiles dans une étude cas-témoins en utilisant des données poolées basées sur la population. Le regroupement est basé sur la liaison entre les enregistrements des registres de cancer et de naissance de New York, Washington, Minnesota, Texas, et Californie. L'étude a inclus 17 672 cas de cancers diagnostiqués avant l'âge de 14 ans entre 1980 et 2004 et 57 966 contrôles nés entre 1970 et 2004. Les sujets présentant un syndrome de Down étaient exclus. Les Odds Ratios et les intervalles de confiance à 95% ont été calculés par régression logistique pour une association entre l'âge des parents et les cancers infantiles, après ajustement pour le sexe, le poids à la naissance, l'âge gestationel, l'ordre de naissance, la pluralité, la race de la mère, l'année de naissance et l'état. Des tendances linéaires positives ont été observées dans la relation entre l'augmentation par 5 ans de l'âge de la mère et les cancers infantiles en général (Odds ratio = 1.08 [Intervalle de confiance 95% = 1.06-1.10]) et 7 des 10 diagnostics les plus fréquents: leucémie (1.08 [1.05-1.11]), lymphome (1.06 [1.01-1.12]), tumeurs du système nerveux central (1.07 [1.03-1.10]), neuroblastomes (1.09 [1.04-1.15]), tumeur de Wilms (1.16 [1.09-1.22]), tumeurs osseuses (1.10 [1.00-1.20]), et sarcomes des tissus mous (1.10 [1.04-1.17]). Aucun effet de l'âge maternel n'a été noté pour les rétinoblastomes, les tumeurs des cellules germinales ou les hépatoblastomes. L'âge paternel n'était pas indépendamment associé à la plupart des cancers infantiles après ajustement pour l'âge maternel.

Conclusions: Ces études suggèrent que l'âge des mères augmente le risque de la plupart des cancers infantiles étudiés. Des recherches sur les mécanismes possibles de cette association sont justifiées.

CHILDHOOD LEUKEMIA IN THE VICINITY OF NUCLEAR POWER PLANTS IN GERMANY.
[Leucémie infantile à proximité des centrales nucléaires en Allemagne.]
Kaatsch P , Spix C , Jung I , Blettner M .
Dtsch Arztebl Int. 2008;105(42):725-732.

La question de savoir si les taux de leucémie sont augmentés à proximité des centrales nucléaires est controversée. Le registre de cancer infantile allemand a publié une étude épidémiologique cas-témoin sur le cancer infantile et les centrales nucléaires. Cette étude est basée sur la distance entre les habitations des enfants et la centrale nucléaires et pose la question de savoir si des enfants de moins de 5 ans avec cancer vivent plus près, en moyenne, des centrales nucléaires que des contrôles sélectionnés aléatoirement. Les odds ratios (OR) pour les catégories de distance et les ratios d'incidence standardisés (SIR) ont été calculés. Une association a été obtenue entre l'habitat à proximité des centrales et le risque de leucémie (593 cas, 1766 contrôles). Dans un périmètre de 5 km, l'OR de développement d'une leucémie chez des enfants de moins de 5 ans était de 2,19, comparé au reste de la région. L'incidence de leucémie dans la région étudiée était la même que dans le reste de l'Allemagne (SIR=0.99; 95% IC 0.92-1.07).

Conclusion: En se basant sur les informations disponibles sur les émissions de radiations des centrales nucléaires allemandes, une relation directe avec les radiations semble improbable. Beaucoup de facteurs peuvent être, de manière concevable, à l'origine d'une leucémie, peut-être en agissant en combinaison, et ces facteurs pourraient être présents de manière plus importante à proximité des centrales nucléaires allemandes.

 PARENTAL ALCOHOL CONSUMPTION AND RISK OF LEUKEMIA IN THE OFFSPRING: A SYSTEMATIC REVIEW AND META-ANALYSIS.
[Consommation alcoolique des parents et risque de leucémie chez les enfants: Revue systématique et méta-analyse.]
Karalexi MA, Dessypris N, Thomopoulos TP, Ntouvelis E, Kantzanou M, Diamantaras AA, Moschovi M, Baka M, Hatzipantelis E, Kourti M, Polychronopoulou S, Stiakaki E, Mora AM, Wunsch-Filho V, Infante-Rivard C, Loutradis D, Petridou ET.
Eur J Cancer Prev. 2017 Apr 4.

La consommation alcoolique des parents avant et pendant la grossesse a été liée à des effets indésirables chez les enfants, y compris la leucémogenèse. Les auteurs ont donc cherché à évaluer systématiquement et à synthétiser quantitativement les données publiées sur l'association de la consommation paternelle avant la conception et la consommation maternelle pendant la grossesse avec le risque de leucémie dans l'enfance (0-14 ans). À la suite des directives PRISMA « Preferred Reporting Items for Systematic Reviews and Meta-Analyses », ils ont fait des recherches dans PubMed (jusqu'en février 2016) et dans les listes de référence des études pertinentes. Les études analysant l'association entre la consommation d'alcool parental et la leucémie infantile ont été considérées comme éligibles. Les données extraites de 39 études cas-témoins (plus de 16 000 cas de leucémie et 30 000 témoins) ont été regroupées et des estimations d'effet ont été calculées. Les analyses de sous-groupes ont été effectuées par type principal de leucémie aiguë (lymphoblastique ou myéloïde), polymorphismes cytogénétiques/génétiques et boissons alcoolisées spécifiques. Une association dose-réponse statistiquement significative a été observée pour tout niveau de consommation d'alcool par les mères pendant la grossesse par rapport à la non consommation, exclusivement pour la leucémie myéloïde aiguë (LMA) [odds ratio (OR) consommation modérée: 1,64 intervalle de confiance de 95% (IC): 1,23- 2.17 et OR consommation importante: 2.36, IC 95%: 1.60-3.49]. En revanche, aucune association de la consommation des pères avant la conception n'a été relevée. Dans les analyses spécifiques aux boissons, seule une association positive avec la consommation de vin par les mères avec la LMA infantile a été trouvée. L’association était plus forte dans les études portant uniquement sur la leucémie des nourissons (OR vin : 2,12, IC 95%: 1,16-3,90).

Conclusions: La plus grande méta-analyse à ce jour relève une association dose-réponse statistiquement significative de la consommation alcoolique des mères pendant la grossesse et le risque de LMA. Les recherches futures explorant le rôle des polymorphismes génétiques devraient mettre en lumière une pathophysiologie sous-jacente. 

CASE-CONTROL STUDY OF PATERNAL OCCUPATION AND CHILDHOOD LEUKAEMIA IN GREAT BRITAIN, 1962-2006.
[Etude cas-témoin de la profession des pères et de la leucémie infantile en Grande-Bretagne.]
Keegan TJ, Bunch KJ, Vincent TJ, King JC, O'Neill KA, Kendall GM, MacCarthy A, Fear NT, Murphy MF.
Br J Cancer. 2012; 107:1652-1659.

L’exposition des pères aux pesticides a été proposée comme facteur de risque de leucémie infantile. Cette étude analyse les associations possibles entre les expositions professionnelles des pères et la leucémie infantile en Grande-Bretagne.

Le registre national des tumeurs infantiles a fourni les données des enfants atteints de leucémie infantile, nés et diagnostiqués en Grande-Bretagne entre 1962 et 2006. Les contrôles ont été appariés selon le sexe, la période de naissance et le sous-district d’enregistrement de la naissance. Les professions des pères ont été encodées dans l’un ou plusieurs des 33 groupes d’exposition. La catégorie sociale a été dérivée de la profession du père au moment de la naissance de l’enfant.

Un total de 16 764 cas de leucémie infantile a été inclus. Un groupe d’exposition, contacts sociaux, est associé à la leucémie infantile globale (odds ratios 1.14, 1.05-1.23) ; cette association est restée significative après ajustement selon la classe sociale. Les sous-types leucémie lymphoïde (LL) et leucémie myéloïde aiguë (AML) ont montré un risque accru selon l’exposition paternelle aux contacts sociaux avant ajustement selon la classe sociale. Le risque des autres leucémies est significativement augmenté selon l'exposition aux champs électromagnétiques, même après ajustement selon la classe sociale. Pour la leucémie globale, les risques liés à l'exposition au plomb et aux gaz d'échappement sont significativement <1. La classe sociale, dérivée de l’activité professionnelle, est associée à un risque de LL, avec un risque accru dans les classes sociales supérieures.

Conclusion: Ces résultats mettent en avant une association positive entre le risque de leucémie infantile et l’activité professionnelle des pères impliquant des contacts sociaux. De plus, le risque de LL augmente dans les catégories sociales supérieures, définies sur base de l’activité professionnelle.

A RECORD-BASED CASE-CONTROL STUDY OF NATURAL BACKGROUND RADIATION AND THE INCIDENCE OF CHILDHOOD LEUKAEMIA AND OTHER CANCERS IN GREAT BRITAIN DURING 1980-2006.
[Une étude cas-témoins des radiations naturelles et de l’incidence de la leucémie et autres cancers en Grande-Bretagne entre 1980 et 2006.]
Kendall GM, Little MP, Wakeford R, Bunch KJ, Miles JC, Vincent TJ, Meara JR, Murphy MF.
Leukemia. 2013; 27(1) :3-9.

Les auteurs ont mené une large étude cas-témoins afin de tester les associations entre les cancers infantiles et les radiations naturelles. Les cas (27 447) nés et diagnostiqués en Grande Bretagne entre 1980 et 2006, et appariés à des contrôles non atteints de cancer (36 793), ont été identifiés dans le registre national des tumeurs infantiles. L’exposition aux radiations a été estimée sur base du lieu de résidence des mères au moment de la naissance de l’enfant, des moyennes par département (“county district”) des doses de rayonnements gamma et d’une carte prédictive des doses de radon basée sur des mesures regroupées selon les zones géologiques du radon. Un excès de risque relatif (ERR) de 12% (IC 95% 3, 22, p=0.01) de leucémie infantile a été relevé par millisilvert de dose cumulée de rayonnements gamma au niveau de la moelle osseuse rouge; l’association analogue avec le radon n’était pas significative, ERR 3% (IC 95% -4, 11, p=0.35). Les associations avec d’autres cancers infantiles n’étaient significatives pour aucune des deux expositions. L’excès de risque n’était pas modifié après ajustement selon le statut économique. Le risque accru de leucémie rapporté dans cette étude possédant une puissance statistique raisonnable (puissance ~50%) est cohérent avec les prédictions liées aux taux de haute dose. Des biais importants sont peu probables et les mécanismes par lesquels des facteurs de confusion pourraient intervenir dans cette association, qui semble causal, ne peuvent être identifiés.

Conclusion: L’étude soutient l’extrapolation des modèles de risques “haute dose” à des expositions prolongées à des niveaux “naturels”.

CHILDHOOD LEUKAEMIA, NUCLEAR SITES, AND POPULATION MIXING.
[Leucémie infantile, sites nucléaires et brassage des populations.]
Kinlen L.
Br J Cancer 2011;104: 12-18.

Un excès de leucémie infantile à Seascale, près du site de retraitement des déchets nucléaires de Sellafield, dans le Nord ouest rural de l'Angleterre, a suggéré qu'une épidémie infectieuse sous-jacente, à laquelle la leucémie infantile est une réponse rare, est favorisée par le brassage des populations dans les zones rurales, dans lesquelles la prévalence des sensibilités est supérieure à la moyenne.

Cette hypothèse a été confirmée par 12 études dans des situations de non-radiations. Parmi les 5 excès établi de leucémie infantile près des sites nucléaires, 4 étaient associés à un brassage significatif de la population et dans le 5e, la station de puissance allemande de Krummel, le sujet n'a pas été minutieusement analysé.

MATERNAL SMOKING DURING PREGNANCY AND RISK FOR CHILDHOOD LEUKEMIA: A NATIONWIDE CASE-CONTROL STUDY IN GREECE AND META-ANALYSIS.
[Tabagisme maternel pendant la grossesse et risque de leucémie infantile: une étude cas témoin à l’échelle nationale en Grèce et une méta-analyse.]
Klimentopoulou A, Antonopoulos CN, Papadopoulou C, Kanavidis P, Tourvas AD, Polychronopoulou S, Baka M, Athanasiadou-Piperopoulou F, Kalmanti M, Sidi V, Moschovi M, Petridou ET.
Pediatr Blood Cancer. 2012; 58: 344-351.

Le tabagisme maternel pendant la grossesse a souvent été impliqué dans le développement de la leucémie infantile avec des résultats ambigus. Les auteurs ont mené une méta-analyse afin de résumer les indications actuelles et de quantifier un impact provisoire. Ils ont travaillé sur une étude de cohorte (553 cas de leucémie comparés à 1 440 542 enfants sains), 20 études cas-témoins et ont également analysé une banque de données cas-témoins grecque contenant des données non publiées. Au total, les données de 11 092 malades et 25 221 témoins ont été inclus dans l’analyse.

Les odds ratio repris dans les études allaient de 0,70 à 2,20 pour la leucémie lymphocytique aigue (ALL) à 0,6 à 2,17 pour la leucémie myéloïde aigue (AML). L’effet combiné de l’association du tabagisme maternel (fumeur ou non) et le risque de leucémie était de 1,03 pour ALL (IC 95% = 0,95 à 1.12, modèle à effets aléatoires) et de 0,99 pour AML (IC 95% = 0.90-1.09, modèle à effets fixes). Les résultats sont restés inchangés lorsque des analyses de sensibilité ont été menées à partir des études rapportant les mêmes périodes de tabagisme maternel, celles centrées sur les décès par leucémie infantile ou les études qui n’identifiaient pas clairement le sous-type AML.

Conclusion: Les conclusions de la méta-analyse défient les limites de l'épidémiologie traditionnelle de fournir des inférences claires lorsque les estimations des études varient autour de l'hypothèse nulle. En particulier, cette étude ne permet pas de supporter l’hypothèse d’un lien entre le tabagisme maternel pendant la grossesse et le développement subséquent des principaux sous-types de leucémie infantile. D'autres investigations utilisant l'épidémiologie moléculaire et génétique pourraient cependant être nécessaires dans l'espoir de révéler même un risque minime chez les personnes présentant une sensibilité particulière à des composés du tabac qui subissent de fortes expositions environnementales pendant la période prénatale ou postnatale.

AN EXAMINATION, WITH A META-ANALYSIS, OF STUDIES OF CHILDHOOD LEUKAEMIA IN RELATION TO POPULATION MIXING.
[Analyse à l’aide d’une méta-analyse des études sur la leucémie infantile en relation avec le mixage des populations.]
Kinlen LJ.
Br J Cancer. 2012; 107: 1163-1168.

Un afflux important de personnes dans les zones rurales, appelé mixage de population rural (MP), a été associé à des excès de leucémie infantile (LI), en cohérence avec les mini-épidémies d’infections subcliniques, principalement immunisantes, auxquels LI est une réponse rare. Dans de telles situations de MP rural qui favoriseraient les contacts entre des individus infectés et des individus sensibles, ces derniers auraient une prévalence de LI supérieure à la moyenne dans les zones rurales ou isolées. La confusion est née de certains travaux qui ont utilisé le terme MP à des situations non-rurales, n’ayant pas vécu de changements récents connus.

Les études de MP disponibles qui utilisent la définition originale de l'afflux ont été examinées, une méta-analyse reprend les études de LI en relation avec l'exposition à des niveaux élevés de MP en milieu rural, mais aussi une analyse détaillée par groupe d'âge.

La méta-analyse de 17 études montre un excès significatif de LI en association avec le MP rural: le risque relatif global (RR) entre 0-14 ans: 1,57; intervalle de confiance à 95% de 1,44 à 1,72; 1,72 entre 0-4 ans (de 1,54 à 1,91). Cela contraste avec l'absence d'un excès de LI dans les zones urbaines exposées de façon similaire (RR 1,00; 0.93 à 1.07), démontrant un meilleur niveau d'immunité. Les résultats mitigés des études utilisant d'autres définitions de MP ont été résumées. L'excès lié au MP rural chez les enfants de moins de 2 ans (RR 1,51; 1,17, 1,92) n'était pas très différent de celui des enfants plus âgés.

Conclusion: Une grande partie de l’incohérence entre les études de LI et MP reflète l'utilisation de définitions autres que celle proposée initialement. La grande similarité de l'excès de LI chez les moins de 2 ans et chez les plus âgés est incompatible avec l'hypothèse de Greaves car on ne peut parler d’infections différées.

ROADS, RAILWAYS, AND CHILDHOOD CANCERS.
[Routes, voies de chemin de fer et cancers infantiles].
Knox EG.
Journal of Epidemiology and Community Health 2006; 60 :136-141.

Les objectifs de cette étude sont de localiser géographiquement les sources d’émissions d’échappement de moteur en Grande-Bretagne et de les lier aux adresses à la naissance d’enfants décédant d’un cancer. L’objectif est d’estimer le rôle de la proximité des routes et des chemins de fer dans l’initiation du cancer et de mesurer des étendues effectives. Les adresses à la naissance et au décès de tous les enfants nés entre 1955 et 1980 en Grande-Bretagne et décédés de leucémie ou autres cancers pendant ces années étaient liées à l’emplacement des stations de chemin de fer, des stations de bus, des gares maritimes, des chemins de fer, des routes, des canaux et des rivières. Les plus proches distances entre les naissances et les décès ont été mesurées et les données des enfants ayant déménagé ont été analysées. L’excès du nombre d’enfants domiciliés à leur naissance à proximité des risques comparés au nombre d’enfants résidant à proximité des risques au moment de leur décès indiquent un important risque prénatal et postnatal d’initiation de cancer. Les adresses de naissance et de décès des enfants et les coordonnées cartographiques ont été tirées d’une première enquête. Les coordonnées cartographiques des dangers présumés ont été téléchargées de la « Ordnance Survey national digital map » en Grande-Bretagne.

Ces données sont encodées avec une précision de 1m et ont une précision au sol aux alentours de 20m. Des excès significatifs de naissance ont été obtenus à une faible distance des stations de bus et de chemin de fer, des gares maritime, des voies de chemin de fer et des route de classe A et B avec un risque relatif de 2.1 dans les 100 m, atteignant le point neutre après 3 km. Environ 24% des cancers d’enfants sont attribuables à des naissances à proximité de ces sources. Les routes exercent les effets majeurs.

Conclusion: les initiations de cancer infantile sont fortement déterminées par les expositions prénatales et postnatales précoces aux gaz d’échappement des moteurs, probablement au travers de l’inhalation par la mère et par l’accumulation de carcinogènes sur plusieurs mois. La principale substance active est probablement 1,3-butadiene.

HIGH BIRTH WEIGHT AS AN IMPORTANT RISK FACTOR FOR INFANT LEUKEMIA.
[Poids élevé à la naissance comme facteur de risque important de leucémie infantile.]
Koifman S, Pombo-de-Oliveira MS; Brazilian Collaborative Study Group of Infant
Acute Leukemia.
Br J Cancer. 2008 Feb 12;98(3):664-667.

Dans cet article, les auteurs comparent la distribution du poids à la naissance de 201 enfants atteints de leucémie infantile (LI) avec celle de 440 témoins non cancéreux recrutés au Brésil entre 1999 et 2004. Comparés à la population générale et la stratification 2500-2999 g comme référence, les cas de LI pesant 3000-3999 g présentaient un Odd Ratio (OR) de 1.68 (IC 95%: 1.03-2.76), et ceux de 4000 g et plus, un OR de 2.28 (IC 95%: 1.08-4.75), P < 0.01. En utilisant des témoins basés sur l’hôpital, l’OR pour le groupe des 4000 g ou plus, comparé à celui de 2500-2999 g, était de 1.30 (IC 95%: 1.02-1.43), après ajustement pour des facteurs confondants (genre, revenus, âge de la mère, pesticides et exposition hormonale pendant la grossesse). Les résultats suggèrent qu’un poids élevé à la naissance est associé à un risque augmenté de LI.

MATERNAL FACTORS AND RISK OF CHILDHOOD LEUKEMIA.
[Facteurs maternels et rique de leucémie infantile.]
Kumar A, Vashist M, Rathee R.
Asian Pac J Cancer Prev. 2014; 15(2):781-784.

Bien que la cause dans la plupart des cas de leucémie infantile ne soit pas connue, la contribution des facteurs de risque environnementaux dans un contexte de prédisposition génétique a été rapportée avec des résultats contradictoires. Le but de cette étude était d'examiner l'association entre la leucémie infantile et des facteurs maternels, particulièrement pendant la grossesse, pour identifier les facteurs de risque. Cette étude cas- témoins inclus les enfants de moins de 18 ans atteints de leucémie (2008-2012). Les témoins ont été choisis au hasard et appariés individuellement aux cas selon l'âge, le sexe et le lieu de résidence. Toutes les variables ont été comparées entre les cas et les témoins afin de rechercher une association significative avec la leucémie. Des associations statistiquement significatives ont été relevées entre le risque de leucémie infantile et le niveau d’éducation des mères (p = 0,001), leur profession (p = 0,0005) et leur exposition aux pesticides (p = 0,005) pendant la grossesse. Cependant, aucun lien significatif n’a été relevé avec l'âge maternel (p = 0,090), les antécédents de fausse-couche (p = 0,85), les radiographies (p = 0,400), la prise de médicaments (p = 0,689) et les infections (p = 0,696) pendant la grossesse.

Conclusions: Les résultats ont montré un risque accru de leucémie chez les enfants dont les mères travaillaient dans l'agriculture et qui ont été exposés à des pesticides pendant la grossesse. L'étude plus approfondie doit permettre d’analyser des associations connues de divers facteurs de risque qui restent inconnues dans cette étude.

MATERNAL DIET AND RISK OF CHILDHOOD ACUTE LYMPHOBLASTIC LEUKEMIA.
[Régime alimentaire maternel et risque de leucémie lymphoblastique aigue infantile.]
Kwan ML , Jensen CD , Block G , Hudes ML , Chu LW , Buffler PA .
Public Health Rep. 2009; 124(4):503-514.

Des facteurs environnementaux, incluant le régime alimentaire de la mère, pourraient jouer un rôle dans la leucémie lymphoblastique aigue (ALL), un cancer infantile commun. A partir des résultats de la première phase de l'étude de la leucémie infantile dans le nord de la Californie (NCCLS), une étude cas-témoins basée sur la population, nous avons cherché à élucider de manière plus approfondie et à répliquer la relation entre le régime alimentaire de la mère et le risque d'ALL. Les auteurs ont appariés 282 groupes cas-témoins d'enfants (205 pairs et 77 triplets) des phases 1 et 2 de NCCLS selon le sexe, la date de naissance, la race de la mère, le statut racial/ethnique hispanique et la province de résidence au moment de la naissance. Nous avons utilisé un questionnaire administré par un enquêteur évaluant la fréquence alimentaire pour obtenir des informations sur le régime alimentaire maternel 12 mois avant la période de gestation. Le risque d'ALL était inversement associé avec la consommation de végétaux (odds ratios ajustés [AOR] = 0.65, 95% intervalle de confiance [IC] 0.50, 0.84); de sources de protéines (AOR = 0.55, 95% CI 0.32, 0.96); de fruits (AOR = 0.81, 95% IC 0.65, 1.00); et de légumes (AOR = 0.75, 95% CI 0.59, 0.95). La réduction du risque était plus importante pour la consommation de sources de protéines et de végétaux, indépendamment du régime alimentaire des enfants de moins de 2 ans, et cohérente entre les données récoltées pendant les phases 1 et 2 pour la consommation de végétaux.

Conclusions: Ces données suggèrent qu'il pourrait être prudent pour les femmes d'avoir un régime riche en végétaux et adéquat en protéine avant et pendant la grossesse, comme moyen possible de réduction du risque d'ALL infantile dans leur progéniture.

MATERNAL ILLNESS AND DRUG/MEDICATION USE DURING THE PERIOD SURROUNDING PREGNANCY AND RISK OF CHILDHOOD LEUKEMIA AMONG OFFSPRING.
[Maladie maternelle et prise de drogues/médicaments dans la période aux alentours de la grossesse et risque de leucémie infantile dans la progéniture].
Kwan ML, Metayer C, Crouse V, Buffler PA.
Am J Epidemiol. 2007; 165 : 27-35.

Les maladies de la mère et l’utilisation de drogues/médicaments (sous prescription, en vente libre et illicite) pendant la grossesse pourraient être en relation avec le risque de leucémie infantile. Ces paramètres ont été évalués en utilisant les données (1995-2002) de l’étude « Northern California Childhood Leukemia Study ». Les auteurs ont sélectionné 365 enfants de moins de 15 ans avec un diagnostic de leucémie et des témoins appariés pour l’âge, le sexe, l’ethnie hispanique et la race de la mère, à partir des certificats de naissance. Des données sur les maladies de la mère et la prise de drogues avant la grossesse jusqu’à l’allaitement ont été obtenues pas interviews des mères biologiques et ont été analysées par régression logistique conditionnelle. Les antécédents maternels de pneumonie/grippe étaient associés à une augmentation significative du risque d’ALL dans la progéniture (OR = 1.89, IC 95% : 1.24, 2.89), bien que le risque ne soit pas significatif pour ALL commune (OR = 1.41, 95% IC: 0.75, 2.63). Un pattern similaire d’augmentation du risque a été observé pour des antécédents de maladies sexuellement transmissibles. L’utilisation de suppléments de fer était indicatif d’une diminution du risque d’ALL (OR = 0.67, 95% CI: 0.47, 0.94).

Conclusion: Observer une augmentation du risque de leucémie chez les enfants de mères qui rapportent des antécédents de pneumonie/grippe et de maladies sexuellement transmissibles aux alentours de la grossesse suggère que les infections de la mère pourraient contribuer à l’étiologie de la leucémie. L’utilisation des suppléments en fer pourrait jouer un rôle protecteur contre la leucémie infantile.

ALLERGY AND RISK OF ACUTE LYMPHOBLASTIC LEUKEMIA AMONG CHILDREN: A NATIONWIDE CASE CONTROL STUDY IN GREECE.
[Allergie et risque de leucémie lymphoblastique aigue chez les enfants: une étude cas-témoins à l’échelon national en Grèce.]
Lariou MS, Dikalioti SK, Dessypris N, Baka M, Polychronopoulou S, Athanasiadou-Piperopoulou F, Kalmanti M, Fragandrea I, Moschovi M, Germenis AE, Petridou ET.
Cancer Epidemiol. 2013; 37(2): 146-151.

Plusieurs rapports ont montré des associations inverses entre les allergies et la leucémie lymphoblastique aigue, mais à ce jour aucune étude n’a exploré ce lien à l’aide à la fois de données auto-rapportées d’antécédents allergiques et de biomarqueurs de sensibilisation atopiques.

Les informations cliniques des variables d’intérêts étaient disponibles pour 252 des 292 enfants atteints d’ALL, nouvellement diagnostiqués en Grèce sur une période de 4 ans et demi, ainsi que pour les 294 contrôles. Les IgE spécifiques des allergènes, en tant que marqueurs de la prédisposition allergiques de 24 des allergènes liées aux aliments et respiratoires les plus fréquents, ont été déterminés à l’aide d’une procédure immunoassay enzymatique chez 199 enfants avec ALL et 113 contrôles. Les cas ont été comparés aux contrôles sur base des distributions de fréquences et de modèles de régression logistique multiple non conditionnelle dans le but d’estimer les odds ratios (OR) et les intervalles de confiance à 95% (IC) par rapport aux associations entre les allergies et la leucémie aigue lymphoblastique infantile.

Les données globales auto-rapportés d’antécédents allergiques (OR: 0.49, 95% IC: 0.34-0.72) et de pratiquement chacun de ses composants principaux (respiratoires, liés à l’alimentation et autres allergies cliniques) sont fortement et inversement associées à l’ALL. De plus, l’association inverse des IgE sériques était de la même amplitude (OR: 0.43, 95% IC: 0.22-0.84), principalement en raison des IgE alimentaires (OR: 0.39, 95% IC: 0.18-0.83).

Conclusion: Au-delà de l’association inverse déjà établie entre les antécédents allergiques et la leucémie LA infantile, une association de même amplitude est évidente lorsque les marqueurs sérologiques de la prédisposition allergique sont utilisés comme une mesure alternative de l’allergie. Des recherches ultérieures avec une méthodologie plus appropriée est nécessaire dans le but de mieux comprendre les associations possibles entre les allergiques existantes et le risque de leucémie LA infantile.

POTENTIAL IMPACTS OF RADON, TERRESTRIAL GAMMA AND COSMIC RAYS ON CHILDHOOD LEUKEMIA IN FRANCE: A QUANTITATIVE RISK ASSESSMENT.
[Les impacts potentiels du radon, des rayons gamma terrestres et cosmiques sur la leucémie infantile en France: une évaluation quantitative des risques.]
Laurent O, Ancelet S, Richardson DB, Hémon D, Ielsch G, Demoury C, Clavel J, Laurier D.
Radiat Environ Biophys. 2013; 52(2): 195-209.

Les études épidémiologiques antérieures et les évaluations quantitatives des risques (EQR) ont suggéré que les radiations d’origine naturelle pourraient être une cause de leucémie infantile. Cette étude utilise une approche EQR pour prédire l’excès de risques de leucémie infantile en France, en relation avec trois composants des radiations naturelles: le radon, les rayons gamma cosmiques et terrestres, à l’aide de modèles de risques relatifs et absolus proposés par le comité scientifique des Nations unies sur les effets des radiations atomiques (« United Nations Scientific Committee on the Effects of Atomic Radiation », UNSCEAR). Les deux modèles ont été développés à partir de la « Life Span Study » (LSS) des survivants japonais de la bombe A. Les évaluations antérieures des risques ont été élargies en considérant les incertitudes dans les paramètres des modèles de risques de leucémie liés aux rayonnements, dans un cadre bayésien.

Les doses estimées dans la moelle osseuse rouge de radon, de rayons gamma cosmiques et terrestres, cumulées en moyenne par enfant en France pendant l’enfance sont respectivement de 4,4, 7,5, et 4,3 mSy. Les proportions de cas en excès (exprimés en pourcentage) associées à ces sources de radiations naturelles sont respectivement de 20% [intervalle de confiance 95 % (IC) 0-68 %] et 4 % (95 % IC 0-11 %) selon les modèles de risques relatif et absolu. Les importants IC ainsi que les divergences dans les estimations entre les deux modèles, mettent en avant les incertitudes dans les prédictions des risques de leucémie infantile en relation avec les radiations.

Ces résultats sont uniquement valides dans l’hypothèse d’une transposition acceptée de la LSS à une population d’enfants français exposés chroniquement aux rayonnements naturels, et doivent être considérés à la lumière des connaissances actuelles limitées sur les autres facteurs de risques potentiels de leucémie infantile. Enfin, les résultats mettent en avant la nécessité de nouvelles études épidémiologiques sur les effets des radiations naturelles sur la leucémie infantile dans le but de réduire les incertitudes et d’aider à redéfinir les normes de protection contre les radiations.

THE ASSOCIATION BETWEEN ATOPY AND CHILDHOOD/ADOLESCENT LEUKEMIA: A META-ANALYSIS.
[Association entre l'atopie et leucémie dans l'enfance ou à l'adolescence: une méta- analyse.]
Linabery AM, Jurek AM, Duval S, Ross JA.
Am J Epidemiol. 2010; 171: 749-764.

La maladie atopique pourrait avoir un effet protecteur contre plusieurs cancers, y compris la leucémie dans l'enfance ou à l'adolescence. Pour résumer les données épidémiologiques disponibles, les auteurs ont réalisé une méta-analyse des associations entre l'atopie / les allergies, l'asthme, l'eczéma, le rhume des foins et l'urticaire et la leucémie dans l'enfance ou à l'adolescence , la leucémie lymphoblastique aiguë (ALL) et la leucémie myéloïde aiguë (AML) . Ils ont mené des recherches de la littérature dans MEDLINE (1952-Mars 2009) et ont demandé à des experts internationaux d' identifier les études admissibles. Dix études cas-témoins ont été inclues. Les odd ratios globaux et les intervalles de confiance à 95% ont été calculés par des modèles à effets aléatoires. Les odd ratios pour l'atopie / allergies étaient de 1,42 (intervalle de confiance 95% (IC): 0,60, 3,35) pour les 3 études de leucémie globale, 0,69 (IC 95%: 0,54, 0,89) pour les 6 études d'ALL, et de 0,87 (IC à 95% : 0,62, 1,22) pour les 2 études d'AML, avec des niveaux élevés d'hétérogénéité rapportés pour l'ensemble des leucémies et d'ALL. Des associations inverses ont été observées entre ALL et l'asthme (odds ratio (OR) = 0,79, IC 95%: 0,61, 1,02), l'eczéma (OR = 0,74, IC 95%: 0,58, 0,96), et le rhume des foins (OR = 0,55, 95 % IC: 0,46, 0,66) examinés séparément. Les odd ratios d'ALL diffèrent selon la méthodologie de l'étude, les données des sources d'exposition et la période de latence, ce qui indique que ces facteurs influent sur les résultats des études. Ces résultats doivent être interprétés avec prudence étant donné le faible nombre d'études, l'hétérogénéité, et la mauvaise classification potentielle de l'exposition, mais sont utiles dans la mise en place de recherches futures.

UPDATED ESTIMATES OF THE PROPORTION OF CHILDHOOD LEUKAEMIA INCIDENCE IN GREAT BRITAIN THAT MAY BE CAUSED BY NATURAL BACKGROUND IONISING RADIATION.
[Estimations mises à jour de la proportion de l'incidence de leucémie infantile en Grande-Bretagne qui pourrait être causée par des radiations ionisantes naturelles de fond.]
Little MP , Wakeford R , Kendall GM .
J Radiol Prot. 2009; 29(4): 467-482.

L'étiologie de la leucémie infantile reste généralement inconnu, bien que l'exposition à des niveaux modérés à hauts de radiations ionisantes, tels qu'expérimentés lors du bombardement atomique du Japon ou par radiothérapie, est une cause établie. Les modèles de risque basés d'abord sur les études des survivants de la bombe A japonaise impliquent qu'une exposition faible aux radiations ionisantes, incluant les radiations naturelles de fond omniprésentes, augmente également le risque de leucémie infantile. Dans une étude récente (Wakeford et al 2009 in Leukaemia 23 770-6), les auteurs ont estimé que la proportion de l'incidence de leucémie infantile en Grande-Bretagne attribuable aux radiations naturelles de fond est de 20%. Dans cet article, ils emploient deux séries de modèles de risque de la leucémie utilisés précédemment, mais utilisent des estimations révisées publiées récemment des doses de radiations naturelles de fond reçues par la moelle osseuse rouge des enfants anglais pour mettre à jour les résultats précédents. En utilisant la dosimétrie la plus récente, ils calculent que le meilleur estimateur de la proportion de cas de leucémie infantile en Grande-Bretagne susceptibles d'être attribuables à cette source d'exposition est de 15-20%, bien que les incertitudes associées à certaines étapes des calculs (par exemple, la nature du transfert du risque entre les populations et la dose pertinente reçue des radionucléotides .) soient significatives. Les proportions plus faiblement attribuables à celles obtenues précédemment par Wakeford et al (Leukaemia 2009 23 770-6) sont largement dues aux doses plus faibles (et en particulier les doses plus faible de particules de haut transfert linéique d'énergie "high- LET") dans la première année de la vie.

CURED MEAT, VEGETABLES, AND BEAN-CURD FOODS IN RELATION TO CHILDHOOD ACUTE LEUKEMIA RISK: A POPULATION BASED CASE-CONTROL STUDY.
[Viandes salées, légumes, et aliments à base de tofou en relation avec le risque de leucémie infantile aigue: une étude cas-témoins basée sur la population.]
Liu CY, Hsu YH, Wu MT, Pan PC, Ho CK, Su L, Xu X, Li Y, Christiani DC; Kaohsiung Leukemia Research Group.
BMC Cancer. 2009; 9: 15.

La consommation de viandes et de poissons salés/fumés entraîne la formation de composés N-nitroso carcinogéniques dans l’acidité gastrique. Cette étude analyse si consommer de la viande ou du poisson salé/fumé, la source alimentaire majeure d’exposition aux nitrites et nitrosamines, est associé à la leucémie infantile aigue. Une étude cas-témoins de chinois hans âgés de 2 à 20 ans a été menée dans le sud de Taiwan. 145 cas de leucémie aigue et 370 contrôles appariés selon l’âge et le sexe ont été recrutés entre 1997 et 2005. Les données du régime alimentaires ont été obtenues à partir d’un questionnaire. Des modèles de régression logistique multiple ont été utilisés dans l’analyse des données. La consommation de viandes ou de poissons salés/fumés, plus d’une fois par semaine était associée à un risque accru de leucémie aigue (OR = 1.74; IC à 95%: 1.15-2.64). Inversement, l’ingestion plus importante de légumes (OR = 0.55; IC à 95%: 0.37-0.83) ou de tofou (OR = 0.55; IC à 95%: 0.34-0.89) était associée à une réduction du risque. Aucune association statistiquement significative n’a été observée entre le risque de leucémie et la consommation de légumes au vinaigre/en saumure, les fruits et le thé.

Conclusions: L’exposition dans l’alimentation à de la viande ou du poisson salé/fumé pourrait être associée à un risque de leucémie par leurs contenus en nitrites et nitrosamines chez des enfants et des adolescents, et l’ingestion de légumes et de tofou pourrait jouer un rôle protecteur.

RISK OF CHILDHOOD LEUKEMIA ASSOCIATED WITH PARENTAL SMOKING AND ALCOHOL CONSUMPTION PRIOR TO CONCEPTION AND DURING PREGNANCY: THE CROSS-CANADA CHILDHOOD LEUKEMIA STUDY.
[Risque de leucémie infantile associé aux parents fumeurs et consommateurs d’alcool avant la conception et durant la grossesse: l’étude croisée canadienne sur la leucémie infantile.]
MacArthur AC, McBride ML, Spinelli JJ, Tamaro S, Gallagher RP, Theriault G.
Cancer Causes Control. 2008 ;19: 283-295.

Dans cette étude qui fait partie d’une étude cas-témoin plus large, les auteurs ont évalué le risque de leucémie infantile en relation avec l’auto-évaluation de la consommation parentale d’alcool et de tabac. Des enfants âgés de 0 à 14 ans pour lesquels le diagnostic de leucémie a été posé entre 1990 et 1994 ont été identifiés à l’aide de sources basées sur la population au moment du diagnostic. Pour chaque cas participant, un témoin apparié selon l’âge, le sexe et la localisation a été sélectionné aléatoirement à partir des listes des assurances – santé du gouvernement provincial. L’information sur les facteurs de risques a été obtenue à partir d’entretiens individuels avec les parents des enfants. Les modèles de régression logistique conditionnelle ont été utilisés pour analyser les risques de leucémie associés avec la consommation tabagique et alcoolique des parents.

La consommation d’alcool par les mères avant la conception (OR = 1.37, IC 95%, 0.99-1.90) et pendant la grossesse (OR = 1.39, IC 95%, 1.01-1.93) était associée à un risque accru de leucémie infantile, à une tendance dose-réponse positive en fonction de l’augmentation de la consommation hebdomadaire (p < 0.05). Des résultats similaires ont été observés pour les enfants présentant une leucémie lymphoblastique aigue (ALL). Les OR de la consommation tabagique maternelle avant et pendant la grossesse étaient de manière constante plus grands que 1, mais non statistiquement significatifs. Aucune relation n’a été observée avec les pères fumeurs et buveurs dans la période périnatale.

Conclusions : Cette étude suggère que la consommation d’alcool par les mères avant et pendant la grossesse pourrait contribuer à une augmentation du risque de leucémie infantile.

RISK OF CHILDHOOD LEUKEMIA ASSOCIATED WITH VACCINATION, INFECTION, AND MEDICATION USE IN CHILDHOOD: THE CROSS-CANADA CHILDHOOD LEUKEMIA STUDY.
[Risque de leucémie infantile associé à la vaccination, aux infections et à l’usage de médicament dans l’enfance : l’étude croisée canadienne sur la leucémie infantile.]
MacArthur AC, McBride ML, Spinelli JJ, Tamaro S, Gallagher RP, Theriault GP.
Am J Epidemiol. 2008; 167: 598-606.

Les hypothèses actuelles en relation avec un pic d’incidence de leucémie dans la petite enfance attirent l’attention sur une étiologie infectieuse. Les auteurs ont examiné l’effet des expositions postnatales qui pourraient affecter le fonctionnement de l’immunisation précoce, incluant les vaccins de l’enfance, les maladies, l’usage de médicament et les patterns d’allaitement maternel. Les enfants âgés de 0 à 15 ans pour lesquels le diagnostic de leucémie a été posé entre 1990 et 1994 et résidants dans les principales villes du Canada étaient inclus dans l’étude. A partir des centres d’oncologie pédiatrique et des registres de cancer basés sur la population, 399 cas ont été identifiés au moment du diagnostic. Pour chaque cas participant, un témoin apparié pour l’âge, le sexe et la localisation a été sélectionné aléatoirement à partir des listes d’assurance–santé gouvernementales.

L’information sur les facteurs de risques a été obtenue à partir d’entretiens individuels auprès des parents ou tuteurs de l’enfant. Une régression logistique conditionnelle a été utilisée pour calculer les Odds Ratios (OR), avec ajustement pour des facteurs confondants potentiels. L’utilisation de médicaments immunosuppresseurs par l’enfant entraîne une diminution de risque (OR = 0.37, intervalle de confiance à 95%: 0.16, 0.84), alors que la prise de vitamine était positivement associée à la leucémie (OR = 1.66, intervalle de confiance à 95%: 1.18, 2.33). L’allaitement maternel pendant plus de 6 mois était également protecteur (p < 0.05). Les résultats étaient identiques pour les cas diagnostiqués avec leucémie lymphoblastique aigue et pour les enfants diagnostiqués entre 1 et 5 ans. Ces résultats suggèrent le rôle d’un défi immunologique précoce dans l’expression de la leucémie infantile.

EXPOSURE TO INFECTIONS AND RISK OF LEUKEMIA IN YOUNG CHILDREN.
[Exposition aux infections et risque de leucémie chez les jeunes enfants.]
Marcotte EL, Ritz B, Cockburn M, Yu F, Heck JE.
Cancer Epidemiol Biomarkers Prev. 2014; 23(7):1195-1203.

Des études épidémiologiques montrent que les infections dans la prime enfance pourrait jouer un rôle protecteur contre la leucémie lymphoblastique aigue pédiatrique (ALL). Les auteurs ont identifié 3402 malades parmi des enfants âgés de 0 à 5 ans dans le registre californien du cancer. A partir des registres de naissance californiens, ils ont aléatoirement sélectionné des contrôles dans un rapport 20:1, appariés aux malades selon l’année de naissance. Ils ont analysé des marqueurs de l’exposition aux infections, incluant le mois de naissance, la période de naissance par rapport aux virus influenza et respiratoire syncitial (RSV), et l’ordre de naissance à l’aide des données des certificats de naissance californiens et des systèmes nationaux de surveillance des infections.

Un risque accru d’ALL a été observé chez les enfants nés au printemps et en été et chez ceux qui ont été exposés aux virus saisonniers influenza et RSV entre 9 et 12 mois en comparaison à ceux qui ont été exposés durant les trois premiers mois de la vie et cette association était plus forte chez les enfants premiers nés [odds ratios (OR), 1.44 et intervalles de confiance à 95% (IC), 1.13-1.82, pour l’exposition au virus influenza entre 9 et 12 mois]. Un risque plus faible a été observé parmi les puînés chez les blancs non hispaniques mais pas chez les hispaniques (OR, 0.76 et IC 95%, 0.59-096, pour le 4e enfant ou plus, chez les blancs).

Conclusion: Ces résultats supportent l’hypothèse selon laquelle les infections dans la prime enfance diminuent le risque d’ALL. Les résultats impliquent que l’exposition précoce aux infections sont des facteurs protecteurs d’ALL chez les jeunes enfants.

RISK OF CHILDHOOD CANCER AND SOCIO-ECONOMIC DISPARITIES: RESULTS OF THE FRENCH NATIONWIDE STUDY GEOCAP 2002-2010.
[Risque de cancer infantile et disparités socio-économiques : Résultats de l’étude nationale française Geocap 2002-2010.]
Marquant F, Goujon S, Faure L, Guissou S, Orsi L, Hémon D, Lacour B, Clavel J.
Paediatr Perinat Epidemiol. 2016;30(6):612-622.

Le statut socio-économique est lié à de nombreux facteurs de style de vie et d'environnement, dont certains pourraient influencer le risque de cancer chez l'enfant. Les études nécessitant une participation de sujets sont généralement biaisées par la sélection de parents plus instruits. Afin d'éviter ce biais, les auteurs ont utilisé des données, non sélectionnées, basées sur le Système d'Information Géographique (GIS) pour étudier l'influence des disparités socioéconomiques sur le risque de cancer chez les enfants.

L'étude Geocap a inclus tous les jeunes de moins de 15 ans résidants en France et diagnostiqués entre 2002-2010 (15 111 cas) et 45 000 contrôles représentatifs de la population infantile. Les caractéristiques socioéconomiques utilisées pour calculer l'Indice Européen de la Défavorisation (European Deprivation Index, EDI) étaient basées sur des données de recensement recueillies à l'échelle de l’îlot regroupé pour l’information statistique(IRIS).

Dans l'ensemble, le risque de leucémie aiguë lymphoblastique était plus faible dans le quintile le plus défavorisé que dans les autres quintiles de l'EDI (ORQ5vs<Q5 0,80 (intervalle de confiance à 95% (IC) 0,73, 0,88)). L’OR de l’ensemble de tous les autres cancers était proche de zéro (ORQ5vs<Q5 0,99 (IC 95%: 0,94, 1,04)).

Conclusions : Le fait de vivre dans les zones les plus défavorisées était inversement associé au risque d'ALL dans l'enfance. Rien n'indique que le risque de cancer infantile d'un site puisse être augmenté par la défavorisation. Le style de vie ou les facteurs environnementaux qui sous-tendent l'association méritent d'être approfondis.

TOBACCO SMOKE AND RISK OF CHILDHOOD ACUTE NON-LYMPHOCYTIC LEUKEMIA: FINDINGS FROM THE SETIL STUDY.
[Tabagisme passif et risque de leucémie non-lymphoïde aigue chez l’enfant : résultats de l’étude SETIL.]
Mattioli S, Farioli A, Legittimo P, Miligi L, Benvenuti A, Ranucci A, Salvan A, Rondelli R, Magnani C; SETIL Study Group.
PLoS One. 2014 Nov 17;9(11):e111028.

Le tabagisme parental et l'exposition de la mère ou l'enfant à la fumée de tabac (FTA)  ont été étudiés comme facteurs de risque de la leucémie non-lymphoïde aigue (AnLL). Les cas incidents d’AnLL ont été comptabilisés dans 14 régions italiennes entre 1998 et 2001. Les odds ratios (OR) et les intervalles de confiance à 95% (IC à 95%) ont été estimés à partir de modèles de régression logistique incluant 82 malades et 1044 contrôles. La pondération de la probabilité inverse a été appliquée pour ajuster selon l’âge, le sexe, la provenance, l’ordre de naissance, le poids à la naissance, l'allaitement maternel, l'âge des parents, le niveau d'éducation, l’année de naissance, et l'exposition professionnelle au benzène.

Les résultats montrent une association entre le tabagisme paternel pendant la période de conception et AnLL (OR pour ≥ 11 cigarettes / jour = 1,79, 95% CI 1.1 à 3.15; P tendance 0,05). Mais seuls les enfants des mères âgées de moins de 30 ans présenteraient des risques accrus. Les auteurs relèvent également une association faible entre le tabagisme passif des mères et AnLL (OR pour l'exposition> 3 heures / jour = 1,85, IC 95% 0,97 à 3,52; P tendance 0,07). Aucune association n'a été observée entre AnLL et le tabagisme maternel pendant la grossesse ou l'exposition des enfants à la fumée de tabac.

Conclusions: Cette étude confirme à l'hypothèse selon laquelle le tabagisme paternel est associé à AnLL. Les auteurs ont observé des preuves statistiques d'une association entre l'exposition maternelle au tabagisme passif et AnLL, mais pensent qu’un biais a peut-être surévalué les estimations.

EFFECTS OF MATERNAL AGE AND COHORT OF BIRTH ON INCIDENCE TIME TRENDS OF CHILDHOOD ACUTE LYMPHOBLASTIC LEUKEMIA.
[Effets de l’âge maternel et cohorte de naissance sur les tendances temporelles de l’incidence de la leucémie lymphoblastique aigue infantile.]
Maule MM, Merletti F, Pastore G, Magnani C, Richiardi L.
Cancer Epidemiol Biomarkers Prev. 2007; 16 : 347-351.

Plusieurs études rapportent une tendance à l’augmentation de l’incidence de la leucémie lymphoblastique infantile (ALL). Parce que l’ALL pourrait être générée in utero, cette étude analyse l’influence de l’âge maternel et de la cohorte de naissance sur les tendances temporelles d’ALL. Les données de 252 cas d’ALL d’enfants de 1 à 5 ans ont été extraites du registre de cancer infantile du Piedmont en Italie. Les informations sur l’âge de la mère des cas et l’âge à la naissance ont été obtenues à partir du registre, alors que les données de population ont été obtenues pour les enfants nés entre 1980 et 1997. Les taux d’incidence ont été analysés en utilisant une approche âge-période-cohorte, dans laquelle l’effet de la période était représenté par l’année de naissance de l’enfant, l’effet de l’âge par l’âge de la mère au moment de la naissance et l’effet de cohorte par la génération de la mère. L’incidence d’ALL augmente sur la période étudiée [changement de pourcentage annuel de 2.49%, intervalle de confiance à 95% (95% CI), 0.09-4.93].

Un effet linéaire des variables temporelles maternelles (p=0.012) a été trouvé, qui était également décrit par l’âge de la mère (association directe) et la génération de la mère (association inverse). Le changement de pourcentage annuel était de 1.83% (95%CI 2.29-9.27), quand l’âge de la mère était inclus dans le modèle et 5.72% (95% CI, 2.29-9.27), quand l’année de naissance de la mère était inclus.

Conclusion : les caractéristiques maternelles affectent considérablement les tendances temporelles dans l’incidence de l’ALL infantile.

HOW THE EFFECT OF MATERNAL AGE ON THE RISK OF CHILDHOOD LEUKEMIA CHANGED OVER TIME IN SWEDEN, 1960-2004.
[Comment l’effet de l’âge de la maternité sur le risque de leucémie infantile change-t-il avec le temps en Suède, 1960-2004.]
Maule MM, Vizzini L, Czene K, Akre O, Richiardi L.
Environ Health Perspect. 2009; 117: 299-302.

Des études antérieures sur l’association entre l’âge de la maternité et le risque de leucémie infantile ont donné des résultats incohérents. Les auteurs ont comme objectif d’évaluer s’il y a une association entre l’âge de la maternité et les risque de leucémie infantile et si une telle association est différente en fonction de l’année de naissance de la mère. En liant les registres nationaux suédois, ils ont analysé l’incidence de leucémie parmi tous les enfants âgés de 1 à 5 ans et nés entre 1960 et 1999. Ils ont estimé les tendances de temps d’incidence par année de naissance des enfants (globalement et stratifiés selon l’âge de la mère) et les rate ratios (RR) d’incidence pour les groupes d’âge de la maternité par cohorte des naissances maternels. L’interaction entre l’âge de la maternité et l’année de naissance des enfants a été vérifiée par le test du rapport des vraisemblances entre des modèles de régression de Poisson imbriqués (nested Poisson regression models). 1562 cas de leucémie ont été analysés. La variation procentuelle ( ) annuelle globale était de 1,00 [intervalle de confiance à 95% (IC), 0,51 à 1,49]. En stratifiant selon les classes d’âge de la maternité, les variation procentuelles annuelles diminuent de 1,66 (0,68 à 2,65), pour les mères de 24 ans et moins, à 0,23 (-0,93 à 1,40) pour les mères de 35 ans et plus au moment de l’accouchement. Les RR pour les enfants nés des mères les plus âgées par rapport aux mères les plus jeunes étaient de 2,42 (1.31 à 4.67), 1.68 (1.00 à 2.72), 1.34 (0.87 à 2.01), et 0.87 (0.46-1.54) pour les mères nées en 1930-1934, 1940-1944, 1950-1954, et 1960-1964, respectivement.

Conclusions: le risque de leucémie infantile augmente avec l’âge de la maternité pour les mères nées dans le passé, alors que l’âge de la maternité n’a pas d’effets sur ce risque chez les mères nées plus récemment. Ce résultat pourrait expliquer l’incohérence des études antérieures et suggère que le risque de leucémie pourrait être mis en relation avec un facteur environnemental pour lequel l’exposition des femmes a changé au cours du temps.

EXPOSURE TO HERBICIDES IN HOUSE DUST AND RISK OF CHILDHOOD ACUTE LYMPHOBLASTIC LEUKEMIA.
[Exposition aux herbicides dans les poussières de maison et risque de leucémie lymphoblastique aiguë chez les enfants.]
Metayer C, Colt JS, Buffler PA, Reed HD, Selvin S, Crouse V, Ward MH.
J Expo Sci Environ Epidemiol. 2013;23(4):363-370.

Les auteurs ont analysé l'association entre l'exposition aux herbicides et la leucémie lymphoblastique aiguë infantile (LAL) . Des échantillons de poussières ont été prélevés dans les maisons de 269 enfants malades et de 333 témoins sains (<8 ans au moment du diagnostic/date de référence et résidant dans la même maison depuis le diagnostic/date de référence) en Californie, à l'aide d'un échantillonneur de surface à haut volume ou d’aspirateurs ménagers avec sacs. De nombreux herbicides agricoles ou professionnels (alachlore, métolachlore, bromoxynil, l'octanoate de bromoxynil, pébulate, butylate, prométryne, simazine, éthalfluraline, et la pendiméthaline ) et résidentiels (cyanazine, la trifluraline, l'acide 2- méthyl-4- chloro ( MCPA), mecoprop, l'acide 2,4-dichlorophénoxyacétique ( 2,4-D ), chlorthal, dicamba et ) ont été mesurés. Les odds ratios (OR) et les intervalles de confiance à 95 % (IC) ont été estimés par régression logistique. Les modèles ont inclus l'herbicide d'intérêt, l'âge, le sexe, la race / l'origine ethnique, le revenu du ménage, l'année et la saison lors de l'échantillonnage des poussières, le type de quartier, et le type de résidence.

Le risque d'ALL infantile a été associé aux niveaux de chlorthal dans la poussière, par rapport aux foyers sans détection, les OR pour les premier, deuxième et troisième tertiles étaient respectivement de 1,49 (IC 95% : 0,82 à 2,72 ), de 1,49 ( IC 95%: 0,83, 2,67) et de 1,57 (IC 95% : 0,90 à 2,73 ), (valeur p pour la tendance linéaire = 0,05). L'ampleur de cette association semble être plus élevée en présence de l'alachlore. Aucun autre herbicide n’a été identifié comme un facteur de risque de l’ALL infantile.

Conclusion: Les données suggèrent que les niveaux de chlortal dans les poussières, et peut-être de l’alachlore, sont associés à un risque accru de leucémie infantile.

A TASK-BASED ASSESSMENT OF PARENTAL OCCUPATIONAL EXPOSURE TO ORGANIC SOLVENTS AND OTHER COMPOUNDS AND THE RISK OF CHILDHOOD LEUKEMIA IN CALIFORNIA.
[Evaluation de l’exposition professionnelle (basée sur les tâches) des parents aux solvants organiques et autres composés et le risque de leucémie infantile en Californie.]
Metayer C, Scelo G, Kang AY, Gunier RB, Reinier K, Lea S, Chang JS, Selvin S, Kirsch J, Crouse V, Does M, Quinlan P, Hammond SK.
Environ Res. 2016;151:174-183.

Les données de l'exposition professionnelle des parents et le risque de leucémie infantile manquent de spécificité. En utilisant 19 modules de tâches, les auteurs ont examiné la relation entre l'exposition professionnelle aux solvants organiques et d'autres composés et le risque de leucémie chez les enfants.

Des enfants latinos (48%) et non latinos (52%) atteints de leucémie lymphoblastique aiguë (LLA ; n = 670), de leucémie myéloïde aiguë (LMA; n = 104) et des témoins (n = 1021) ont été inclus dans l’étude (Californie, 2000-2008). Des modèles de régression logistique ont été utilisés pour estimer les odds ratios (OR) et les intervalles de confiance (IC) à 95%, ajustés en fonction de facteurs sociodémographiques.

Chez les enfants de pères non-latinos, aucune des expositions évaluées n’a été associée à LLA et LMA. En revanche, l'exposition aux solvants organiques des pères latinos a été associée à un risque accru de LLA infantile (OR = 1,48; IC à 95%: 1,01-2,16); dans les analyses multivariées, l'OR pour les hydrocarbures chlorés était de 2,28 (IC à 95%: 0,97-5,37) alors que les OR étaient proches de l’unité pour les hydrocarbures aromatiques, les éthers de glycol et d'autres mélanges d'hydrocarbures. Les auteurs ont également observé un risque accru de LLA pour l’exposition aux gaz de combustion / hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) (OR = 1,70; IC à 95%: 1,16-2,57 et 1,46; IC à 95%: 0,94-2,26 avec et sans ajustement pour les hydrocarbures chlorés, respectivement). On a observé des risques moyennement élevés de LLA pour l’exposition aux métaux, aux peintures et à la poussière de bois, bien que ce ne soit pas statistiquement significatif. Un risque accru a été observé pour l'amiante sur base d'un petit nombre de pères latinos exposés. Aucune association n'a été signalée entre les expositions maternelles et LLA et LMA infantiles.

Conclusions : Ces données soutiennent les associations entre les expositions professionnelles paternelles aux hydrocarbures chlorés, les gaz de combustion, les métaux et peut-être l'amiante et le risque de LLA, uniquement des enfants de pères latinos.

TOBACCO SMOKE EXPOSURE AND THE RISK OF CHILDHOOD ACUTE LYMPHOBLASTIC AND MYELOID LEUKEMIAS BY CYTOGENETIC SUBTYPE.
[Exposition à la fumée de tabac et risque de leucémies lymphoblastique aigue et myéloïde chez les enfants en fonction du sous-type cytogénétique. ]
Metayer C, Zhang L, Wiemels JL, Bartley K, Schiffman J, Ma X, Aldrich MC, Chang JS, Selvin S, Fu CH, Ducore J, Smith MT, Buffler PA.
Cancer Epidemiol Biomarkers Prev. 2013;22(9):1600-1611.

La fumée de tabac contient des carcinogènes connus pour endommager les cellules somatiques et germinales. Les auteurs ont analysés l’effet de la fumée de tabac sur le risque de leucémie lymphoblastique aigue (ALL) et de leucémie myeloïde (AML) chez les enfants, en particulier les sous-types ayant une origine prénatale comme l’ALL avec translocation t(12;21) ou à hyperdiploïdie élevée (51 à 67 chromosomes).

Les auteurs ont récolté des informations sur les expositions aux fumées de tabac avant la conception, pendant la grossesse et après la naissance de 767 cas de ALL, 135 cas de AML et 1139 contrôles (1996-2008). Parmi les cas, les translocations chromosomiques, les suppressions ou l’aneuploïdie ont été identifiés par caryotype conventionnel et hybridation par fluorescence in situ.

Les analyses de régression multivariée pour ALL et AML ne permettent de conclure à des associations avec le tabagisme d’un parent et le tabagisme passif de l’enfant. Toutefois, les enfants de parents fumeurs qui subissent également un tabagisme passif après la naissance ont 1,5 fois plus de risque d’ALL (intervalle de confiance (IC) à 95%, 1.01-2.23), comparés à ceux sans antécédents (les OR des situations de tabagisme avant la naissance et uniquement après la naissance sont proches de 1). Cet effet conjoint a été observé pour les cellules précurseurs de lymphocytes B dans ALL avec t (12; 21) (OR = 2,08, IC 95% 1.4 à 4.16), mais pas dans l’ALL à hyperdiploïde élevée des cellules B. De même, le tabagisme passif de l'enfant a été associée à un risque élevé de AML avec changements structurels chromosomiques (OR = 2,76, IC 95% 1,01 à 7,58), mais pas avec aneuploïdie.

Conclusion: Ces données suggèrent que l’exposition au tabagisme est associé à un risque accru de leucémies infantile ALL et AML et que les risques varient en fonction de la période d’exposition (avant et/ou après la naissance) et du sous-type cytogénétique, basés sur des estimations imprécises.

RISK OF CHILDHOOD LEUKAEMIA AND NON-HODGKIN'S LYMPHOMA AFTER PARENTAL OCCUPATIONAL EXPOSURE TO SOLVENTS AND OTHER AGENTS: THE SETIL STUDY.
[Risque de leucémie infantile et de lymphomes non hodgkiniens suite à l’exposition professionnelle des parents aux solvants et autres agents: l’étude SETIL.]
Miligi L, Benvenuti A, Mattioli S, Salvan A, Tozzi GA, Ranucci A, Legittimo P, Rondelli R, Bisanti L, Zambon P, Cannizzaro S, Kirchmayer U, Cocco P, Celentano E, Assennato G, Merlo DF, Mosciatti P, Minelli L, Cuttini M, Torregrossa V, Lagorio S, Haupt R, Risica S, Polichetti A; SETIL Working Group, Magnani C.
Occup Environ Med. 2013;70(9):648-655.

Dans le contexte de l’Etude épidémiologique multicentrique italienne sur les facteurs de risque de leucémie infantile et de lymphomes non hodgkiniens (SETIL), le risque de cancer infantile a été analysé en relation avec les expositions professionnelles des parents.

Tous les cas de leucémies infantiles et de lymphomes non hodgkiniens (LNH) chez des enfants de moins de 10 ans ont été identifiés. Les contrôles ont été choisis de manière aléatoire dans la population locale de chacune des régions. Les parents ont été interviewés à l’aide d’un questionnaire structuré. Les données collectées ont été analysées en aveugle par des experts hygiénistes industriels de manière à estimer l’exposition à une liste d’agents. Des analyses statistiques ont été réalisées pour chacun des agents à l’aide de modèles de régression logistique multivariée non conditionnelle, en tenant compte de la période d’exposition.

683 cas de leucémie aiguë infantile, 97 cas de LNH et 1044 contrôles ont été identifiés. Un risque accru de leucémie infantile a été montré pour l'exposition maternelle aux hydrocarbures aliphatiques (OR 4,3) ou aromatiques (OR 3,8) dans la période de préconception, et pour l'exposition paternelle aux gaz d'échappement diesel (OR 1,4), à l'exposition au plomb (OR 1,4) et aux huiles minérales (OR 1,7). Le risque de LNH semble être lié à l'exposition paternelle aux solvants oxygénés (OR 2,5) et aux gaz d'échappement essence (OR 2,2).

Conclusion: Les auteurs ont relevé un risque accru de leucémie infantile associé à l’exposition professionnelle des mères aux hydrocarbures aromatiques et aliphatiques, en particulier dans la période avant la conception. Un risque accru est également observé pour l’exposition des pères aux gaz d'échappement diesel, aux huiles minérales et au plomb. Le risque de LNH semble être lié à l'exposition paternelle aux solvants oxygénés et aux gaz d’échappements.

FETAL GROWTH AND CHILDHOOD ACUTE LYMPHOBLASTIC LEUKEMIA: FINDINGS FROM THE CHILDHOOD LEUKEMIA INTERNATIONAL CONSORTIUM.
[Croissance du foetus et leucémie lymphoblastique aigue dans l’enfance: conclusions du consortium international de recherche sur la leucémie infantile (CLIC - THE CHILDHOOD LEUKEMIA INTERNATIONAL CONSORTIUM).]
Milne E, Greenop KR, Metayer C, Schüz J, Petridou E, Pombo-de-Oliveira MS, Infante-Rivard C, Roman E, Dockerty JD, Spector LG, Koifman S, Orsi L, Rudant J, Dessypris N, Simpson J, Lightfoot T, Kaatsch P, Baka M, Faro A, Armstrong BK, Clavel J, Buffler PA.
Int J Cancer. 2013; 133(12):2968-2979.

Des associations positives ont été rapportées entre les mesures d’une accélération de la croissance fœtale et le risque de leucémie lymphoblastique aiguë (LLA). Les auteurs ont étudié cette association par la mise en commun des données de 12 études cas-témoins incluses dans “the Childhood Leukemia International Consortium”. Deux mesures de l’augmentation du poids selon l'âge gestationnel du fœtus et de la proportion du poids optimal de naissance (PPON) ont été analysées.

Les odds ratios (OR) spécifiques à l’étude et les intervalles de confiance à 95 % (IC) ont été estimés en utilisant une régression logistique multivariée, et combinés à des méta-analyses à effets fixes. Des analyses de toutes les données ont également été menées à l’aide d’une régression logistique multivariée. Les analyses de sous-groupes ont été réalisées lorsque c’était possible. Les données du poids selon l'âge gestationnel étaient disponibles pour 7348 cas et 12 489 témoins de l'ensemble des 12 études et les données PPON étaient disponibles pour 1680 cas et 3139 contrôles de trois études.

Les OR des méta-analyses étaient de 1,24 (IC 95%: 1,13, 1,36) pour les enfants qui étaient grands pour leur âge gestationnel par rapport à ceux qui avaient une taille normale, et 1,16 (IC à 95%: 1,09, 1,24 ) pour une augmentation d’un écart-standard de POBW. Les analyses poolées ont donné des résultats similaires. Les OR des enfants qui étaient petits pour leur âge gestationnel étaient de 0,83 (IC 95%: 0,75, 0,92) et 0,86 (IC 95%: 0,77, 0,95), respectivement. Les résultats sont cohérents dans les sous-groupes définis selon le sexe, l'origine ethnique et l’immunophénotype, et lorsque l'analyse était limitée aux enfants n’ayant pas un poids élevé à la naissance.

Conclusions: L’indication d’une association entre l'augmentation de la croissance du fœtus et un risque faible accru de LLA infantile est solide et cohérente avec les mécanismes biologiques connus concernant les facteurs de croissance de type insuline.

PARENTAL PRENATAL SMOKING AND RISK OF CHILDHOOD ACUTE LYMPHOBLASTIC LEUKEMIA.
[Tabagisme prénatal des parents et risque de leucémie lymphoblastique aigue chez les enfants]
Milne E, Greenop KR, Scott RJ, Bailey HD, Attia J, Dalla-Pozza L, de Klerk NH, Armstrong BK.
Am J Epidemiol. 2012; 175: 43-53.

L’association entre le tabagisme parental et le risque de leucémie lymphoblastique aigue de l’enfant (ALL) a été analysée dans une étude cas-témoins australienne basée sur la population. Cette étude incluait 388 malades et 868 contrôles âgés de moins de 15 ans, entre 2003 et 2006. Les deux parents ont donné des informations quant à leurs habitudes en matière de tabagisme depuis la naissance de leur enfant. Les données ont été analysées par régression logistique. Le tabagisme maternel n’était pas associé au risque d’ALL infantile, alors que l’odds ratio pour le tabagisme paternel (>= 15 cigarettes par jour) dans la période de conception de l’enfant était de 1,35 (Intervalle de confiance 95% : 0,98 – 1,86).

Des méta-analyses centrées sur le tabagisme paternel, incluant les résultats de l’étude australienne des causes d’ALL infantile (« Australian Study of Causes of Acute Lymphoblastic Leukemia in Children ») et ceux d’études antérieures, ont donné des odds ratios de 1,15 (IC 95%: 1.06, 1.24) pour le tabagisme paternel (sans distinction du nombre de cigarette) dans la période de conception de l’enfant et 1,44 (IC 95%: 1.24, 1.68) pour plus de 20 cigarettes par jour dans cette même période.

Conclusion: Un tabagisme important des pères dans la période de conception serait un facteur de risque d’ALL infantile. Les hommes devraient être fermement encouragés à arrêter de fumer, particulièrement lorsque qu’ils désirent fonder une famille.

FETAL GROWTH AND ACUTE CHILDHOOD LEUKEMIA: LOOKING BEYOND BIRTH WEIGHT.
[Croissance foetale et leucémie infantile aigue: regarder plus loin que le poids à la naissance.]
Milne E, Laurvick CL, Blair E, Bower C, de Klerk N.
Am J Epidemiol. 2007; 166: 151-159.

Les auteurs ont examiné la relation entre le poids à la naissance, la croissance intrautérine et le risque de leucémie infantile en utilisant des données de santé basées sur la population en Australie occidentale. Une cohorte de 576 593 enfants, nés entre 1980 et 2004 a été suivie de la naissance jusqu’au diagnostic de leucémie lymphoblastique aigue (ALL) (n=243) ou de leucémie myéloïde aigue (AML) (n=36) avant leur 15e anniversaire, leur décès ou la fin de l’étude (31 décembre 2005). Les données ont été analysées en utilisant une régression de Cox. Le risque d’ALL était positivement associé avec la proportion de poids optimal à la naissance – une mesure de l’harmonie de la croissance foetale – en particulier parmi les enfants de moins de 5 ans ; le ratio de risque pour une augmentation d’une déviation standard proportionnellement au poids optimal à la naissance était de 1.25 (Intervalle de confiance à 95% : 1.07-1.47). Parmi les enfants de moins de 5 ans, non classés comme ayant un poids important à la naissance (défini comme >3 500 g, >3 800 g, et >4 000 g), une augmentation d’une unité proportionnellement au poids optimal à la naissance était associée à environ 40% d’augmentation de risque d’ALL. Ceci suggère qu’une croissance accélérée, plutôt que le poids élevé à la naissance en luimême, est impliqué dans l’étiologie de l’ALL . Ces résultats sont cohérents avec le rôle du facteur de croissance insulinomimétique de type I dans la voie causale. Les résultats pour l’ALL ne permettaient pas de conclure, probablement en raison des trop petits nombres.

FETAL GROWTH AND RISK OF CHILDHOOD ACUTE LYMPHOBLASTIC LEUKEMIA: RESULTS FROM AN AUSTRALIAN CASE-CONTROL STUDY.
[Croissance feotale et risque de leucémie lymphoblastique aigue infantile: résultats d'une étude cas-témoins australienne.]
Milne E , Royle JA , de Klerk NH , Blair E , Bailey H , Cole C , Attia J , Scott RJ , Armstrong BK .
Am J Epidemiol. 2009; 170(2):221-228.

La relation entre la croissance intra-utérine et le risque de leucémie lymphoblastique aigue infantile a été analysée dans une étude cas-témoins basée sur la population en Australie. 347 cas et 762 contrôles âgés de moins de 15 ans recrutés entre 2003 et 2006 ont été inclus. Des informations sur la proportion du poids optimal à la naissance, une mesure de l'harmonie de la croissance fotale, ont été récoltées chez les mères par questionnaire. Les données ont été analysées par régression logistique. Le risque de leucémie lymphoblastique aigue était positivement associé avec la proportion du poids optimal à la naissance ; l'odds ratio d'une augmentation d'un écart-type en proportion au poids optimal à la naissance était de 1,18 (95% IC : 1,04-1,35) après ajustement pour les variables appariées et les facteurs potentiels de confusion. Cette association était également présente chez les enfants qui n'avaient pas un poids élevé à la naissance, suggérant que la croissance accélérée, plus qu'un poids élevé à la naissance per se est associé à un risque de leucémie lymphoblastique aigue. Des associations similaires entre la proportion du poids optimal à la naissance et la leucémie lymphoblastique aigue ont été observées dans les deux sexes et parmi les groupes d'âges et les sous-types de leucémie.

Conclusion: Les résultats de cette étude confirment des résultats précédents d'une association positive entre la rapidité de la croissance fotale et le risque ultérieur de leucémie lymphoblastique aigue dans l'enfance. Ces résultats sont cohérents avec l'hypothèse du rôle des facteurs de croissance insulinomimétique dans les voies de causalité.

MATERNAL FOLATE AND OTHER VITAMIN SUPPLEMENTATION DURING PREGNANCY AND RISK OF ACUTE LYMPHOBLASTIC LEUKEMIA IN THE OFFSPRING.
[Supplémentation maternelle en folate et autres vitamines pendant la grossesse et risque de leucémie lymphoblastique aigue des enfants.]
Milne E, Royle JA, Miller M, Bower C, de Klerk NH, Bailey HD, van Bockxmeer F, Attia J, Scott RJ, Norris MD, Haber M, Thompson JR, Fritschi L, Marshall GM, Armstrong BK.
Int J Cancer. 2010; 1; 126 : 2690-2699.

L'étude australienne des causes de leucémie lymphoblastique aiguë chez les enfants (Aus-ALL) a été conçue pour tester l'hypothèse, soulevée par une étude précédente en Australie occidentale, selon laquelle la supplémentation en acide folique de la mère pendant la grossesse pourrait réduire le risque de leucémie aiguë lymphoblastique (ALL) . Aus-ALL était une étude cas-témoins nationale, basée sur la population, multicentrique, qui a recruté 416 cas et 1361 contrôles entre 2003 et 2007. Des renseignements détaillés ont été collectés quant à l'ingestion maternelle d'acide folique et d'autres suppléments vitaminés avant et pendant la grossesse. Les données ont été analysées par régression logistique, ajustée pour les facteurs appariés et les facteurs confondants potentiels. Une méta-analyse comprenant les résultats des études antérieures sur la supplémentation en acide folique a aussi été menée. Les auteurs ont trouvé de faibles indications d'un effet protecteur contre le risque d'ALL infantile de la supplémentation maternelle en acide folique avant la grossesse, mais aucune indication d'un effet protecteur quant à son ingestion pendant la grossesse. Une méta-analyse incluant cette étude et 2 autres, mais pas l'étude qui a soulevé l'hypothèse, a également obtenu peu d'indications d'une protection contre ALL par la supplémentation en acide folique pendant la grossesse: les odd ratios globaux (OR) de la supplémentation en folates étaient de 1,06 [intervalle de confiance 95% (CI): 0.77 à 1,48] par rapport à ceux en l'absence de supplémentation en folates et 1,02 1,02 (IC 95%: 0,86 à 1,20) par rapport à ceux en l'absence de supplémentation en vitamines. Pour la supplémentation en vitamines en général, l'OR global d'une méta-analyse de 5 études, y compris Aus-ALL-était de 0,83 (IC 95%: 0,73 à 0,94).

Conclusion: La supplémentation en vitamines pendant la grossesse pourrait protéger contre l'ALL infantile, mais il est peu probable que cet effet soit important ou, s'il est réel, spécifiquement du aux folates.

PARENTAL OCCUPATIONAL EXPOSURE TO PESTICIDES AND THE RISK OF CHILDHOOD LEUKEMIA IN COSTA RICA.
[Exposition professionnelle des parents aux pesticides et le risque de leucémie infantile au Costa Rica.]
Monge P, Wesseling C, Guardado J, Lundberg I, Ahlbom A, Cantor KP, Weiderpass E, Partanen T.
Scand J Work Environ Health. 2007; 33: 293-303.

L’exposition parentale aux pesticides et le risque de leucémie chez les enfants ont été examinées par une étude cas-témoins basée sur la population au Costa Rica. Tous les cas de leucémie infantile (n=334), entre 1995 et 2000, ont été identifiés via le Registre du Cancer et l’Hôpital des Enfants. Les contrôles (n=579) ont été tirés du registre national des naissances. Les interviews des parents ont été menées en utilisant des formulaires calendrier conventionnels et contenant des icônes. Un modèle d’exposition a été construit pour 25 pesticides dans 5 périodes de temps.

Les expositions des mères à quelque pesticide que ce soit pendant l’année qui précède la conception et pendant les premier et deuxième trimestres étaient associées avec le risque [odds ratio (OR) 2.4, intervalle de confiance à 95% (95% IC) 1.0-5.9; OR 22, 95% IC 2.8-171.5; OR 4.5, 95% IC 1.4-14.7, respectivement] et à n’importe quel moment (OR 2.2, 95% IC 1.0-4.8). Une association a été trouvée pour les expositions des pères à quelque pesticide que ce soit pendant le deuxième trimestre (OR 1.5, 95% IC 1.0-2.3). Une augmentation du risque lié aux organophosphates a été trouvée chez les mères pendant le premier trimestre (OR 3.5, 95% IC 1.0-12.2) et pour les pères pendant l’année qui précède la conception et le premier trimestre (OR 1.5, 95% IC 1.0-2.2 et OR 1.6, 95% IC 1.0-2.6, respectivement), et les benzimidazoles pendant les premier, deuxième et troisième trimestres de la grossesse (OR 2.2, 95% IC 1.0-4.4; OR 2.2, 95% IC 1.0-5.0; OR 2.2, 95% IC 1.0-5.2, respectivement). Les résultats suggèrent un gradient de réponse en fonction de l’exposition pour les pères et ce pour le picloram, le benomyl et le paraquat. L’âge du diagnostic est positivement associé à l’exposition des pères et inversement à celle des mères.

Conclusions: Ces résultats suggèrent que l’exposition parentale à certains pesticides pourrait augmenter le risque de leucémie chez les enfants.

BACKGROUND RADIATION AND CHILDHOOD LEUKEMIA: A NATIONWIDE REGISTER-BASED CASE-CONTROL STUDY.
[Rayonnement de fond et leucémie infantile : une étude cas-témoins basée sur des enregistrements à l’échelle nationale.]
Nikkilä A, Erme S, Arvela H, Holmgren O, Raitanen J, Lohi O, Auvinen A.
Int J Cancer. 2016;139(9):1975-1982.

Des doses élevées de rayonnements ionisants sont une cause établie de leucémie infantile. Cependant, l'incertitude subsiste quant à l'effet de faibles doses de rayonnements, y compris le rayonnement de fond, et les différences potentielles entre les sous-groupes génétiques de la leucémie ont rarement été explorées. Les auteurs ont étudié l'effet du rayonnement gamma de fond sur la leucémie infantile en utilisant une étude cas-témoin basée sur un registre national. Pour chacun des 1 093 cas, trois contrôles appariés selon l'âge et le sexe ont été sélectionnés (N = 3 279). Les analyses de régression logistique conditionnelle ont été ajustées pour tenir compte de facteurs de confusion tels que le syndrome de Down, le poids à la naissance (grand pour l'âge gestationnel) et le tabagisme maternel. L’historique résidentiel complet et des données sur le rayonnement gamma de fond en Finlande ont été utilisés pour évaluer l'exposition des sujets de l'étude au rayonnement gamma intérieur et extérieur.

Dans l'ensemble, une association non significative a été relevée entre le rayonnement gamma de fond et la leucémie infantile (OR 1,01, IC 95% 0,97, 1,05 pour une augmentation de 10 nSv/h de la dose moyenne équivalente dans la moelle osseuse rouge). Dans les analyses de sous-groupes, un effet plus important a été relevé dans le groupe 2 - <7 ans (OR 1,27, IC 95% 1,01, 1,60 pour 1 mSv d'augmentation de la dose cumulée équivalente dans la moelle osseuse rouge). Une différence suggestive des OR par sous-type génétique a été trouvée.

Conclusions : Ces résultats corroborent l'idée que les faibles doses de rayonnements ionisants augmentent le risque de leucémie chez l'enfant, en particulier entre 2 et 7 ans. Ces résultats suggèrent un effet plus important des rayonnements sur la leucémie avec hyperdiploïdie élevée plutôt que dans les autres sous-groupes, mais ce résultat demande confirmation.

CHILDHOOD LEUKEMIA AND CANCERS NEAR GERMAN NUCLEAR REACTORS: SIGNIFICANCE, CONTEXT, AND RAMIFICATIONS OF RECENT STUDIES.
[Leucémie infantile et cancers à proximité des réacteurs nucléaires allemands: signification, contexte et ramifications des études récentes.]
Nussbaum RH .
Int J Occup Environ Health. 2009; 15(3):318-323.

Une étude sponsorisée par le gouvernement sur les cancers infantiles à proximité des centrales nucléaires allemands (acronyme allemand KiKK) a montré que les enfants de moins de 5 ans vivant à moins de 5 km des cheminées d'échappement des centrales avaient un risque doublé de contracter une leucémie par rapport à ceux vivant à plus de 5 km. Les chercheurs ont conclu que, étant donné que ce résultat n'était pas attendu dans l'état actuel des connaissances épidémiologiques sur les radiations et que les facteurs de confusion ne pouvaient être identifiés, l'association relevée entre l'incidence de leucémie et la proximité résidentielle des centrales nucléaires « reste non expliquée ». Cette conclusion injustifiée illustre la différence entre les preuves et les présomptions. Sur quel modèle se base-t-on pour évaluer l'exposition de la population et les risques des radiations ? Il existe de nombreux défauts et lacunes quant à la connaissance de ce modèle. Les études qui montrent des résultats contradictoires de ceux de KiKK manquent de puissance statistique et ne permettent donc pas d'invalider ces résultats. Les implications de l'étude KiKK ajoutent à l'urgence d'un débat publique sur les impacts sanitaires de la production de l'énergie nucléaire.

INFECTIOUS ETIOLOGIES OF CHILDHOOD LEUKEMIA: PLAUSIBILITY AND CHALLENGES TO PROOF
[Causes infectieuses de leucémie infantile: leur plausibilité et les défis pour trouver des preuves].
O’Connor SM, Boneva RS.
Environ Health Perspect. 2007; 115 : 146–150.

Les infections aussi bien que les expositions environnementales sont proposées comme déterminants de la leucémie lymphoblastique aigue de l’enfant (ALL), en particulier les cellules B précurseurs de l’ALL (cALL). Les études testent l’hypothèse selon laquelle le résultat des infections communes entraîne plus rarement cALL que les infections non communes ou qu’elles font suite à un développement immunitaire anormal ; peut-être nécessite-t-il un antécédent prénatal ou une agression dans la prime enfance.

Idéalement, les études devraient clarifier le rôle des infections particulières qui précédent les leucémies et induisent des transformations malignes. Toutefois, lesétudes de détection limitées n’ont pas directement lié des agents infectieux
spécifiques, humains ou non, avec ALL ou cALL. D’abord basées sur des marqueurs de remplacement de l’exposition infectieuse, les indications indirectes issues des études épidémiologiques et écologiques varient largement, mais certaines suggèrent que l’exposition à des agents infectieux dans la petite enfance pourrait protéger de ALL ou cALL infantile. Plusieurs autres suggèrent que des infections chez la mère pendant la grossesse pourraient augmenter le risque et que certaines pratiques d’allaitement maternel diminuent le risque.

A ce jour, les indications ne peuvent ni confirmer, ni infirmer qu’au moins une infection induit le développement de ALL ou cALL (ou en est un co-facteur majeur) ou au contraire protège peut-être concrètement de la maladie. Des différences de
méthodologie et de choix des populations étudiées pourraient expliquer certaines incohérences. D’autres défis à résoudre incluent le probable décalage temporel entre l’infection et le diagnostic, l'omniprésence de beaucoup d’infections, l ’influence de l’âge auquel a été contractée l’infection et les limites des tests en laboratoire ; petits nombres de cas, taux inexacts d’antécédents de leucémie et difficulté de suivre des populations mobiles affectent encore plus les analyses de groupe. Néanmoins, les indications existantes supportent partiellement la plausibilité et garantissent l’intérêt d’analyser les agents infectieux potentiellement impliqués dans ALL et cALL, particulièrement dans le contexte de systèmes multifactoriels ou complexes.

BIRTH WEIGHT AND OTHER PERINATAL CHARACTERISTICS AND CHILDHOOD LEUKEMIA IN CALIFORNIA.
[Poids à la naissance et autres caractéristiques périnatales et leucémie infantile en Californie.]
Oksuzyan S, Crespi CM, Cockburn M, Mezei G, Kheifets L.
Cancer Epidemiol. 2012; 36:e359-65.

Les auteurs ont analysé l’association entre des facteurs périnataux et la leucémie infantile, plus précisément la leucémie lymphocytique aigue (ALL) et la leucémie myéloïde aigue (AML).
Ils ont lié les données issues des registres californiens de cancer et de naissance afin de recenser les caractéristiques de 5788 malades et 5788 contrôles appariés selon l’âge et le sexe (1 :1). Ils ont analysé l’association entre le poids à la naissance, l’âge gestationnel, l’ordre de naissance et de grossesse, l’âge des parents et des symptômes spécifiques pendant la grossesse, et le risque global de leucémies, ALL et AML à l’aide d’une régression logistique conditionnelle, avec ajustement pour des facteurs potentiels de confusion.

L'odds ratio (OR) pour 1000 gr d’augmentation du poids à la naissance était de 1,11 pour la leucémie globale et ALL. L'OR était plus élevé chez les bébés pesant ≥ 4500 gr par rapport à ceux pesant moins de 2500 gr: 1,59 (95% IC: 1,05 à 2,40) et 1,70 (IC à 95%: 1,08 à 2,68) pour la leucémie globale et ALL, respectivement. Pour AML, une augmentation du risque a également été observée, mais l'estimation est imprécise en raison des petits nombres.

Comparativement aux enfants de poids moyen en fonction de l'âge gestationnel, les risques de leucémie globale, d’ALL et d’AML étaient légèrement supérieurs chez les enfants de poids plus important en fonction de l’âge gestationnel (OR = 1,10 ; OR = 1,07 et OR = 1,13, respectivement), mais les estimations sont imprécises. A l’inverse, un poids plus petit en fonction de l’âge gestationnel a été associé à un risque réduit de leucémie infantile (OR = 0,81, IC 95%: 0,67 à 0,97) et ALL (OR = 0,77, IC à 95%: de 0,63 à 0,94), mais pas AML.

Être le premier-né a été associée à une diminution du risque de d’AML uniquement (OR = 0,70; IC à 95%: 0,53 à 0.93). Comparativement aux enfants dont le père est âgé de <25 ans, les enfants dont le père avait entre 35 et 45 ans présentaient un risque accru de leucémie infantile totale (OR = 1,12; IC à 95%: de 1,04 à 1,40) et ALL (OR = 1,23, IC 95% : 1,04 à 1,47). Aucun des symptômes en cours de la grossesse ou l'âge de la mère n’ont été associés à un risque accru de leucémie infantile ou de ses sous-types.

Conclusions: Ces résultats suggèrent qu’un poids élevé à la naissance par rapport à l'âge gestationnel est associé à un risque accru et un poids plus petit à la naissance par rapport à l'âge gestationnel à une diminution du risque de leucémie totale et d’ALL. Etre le premier-né est associé à une diminution du risque d’AML et un âge paternel avancé à une augmentation du risque d’ALL. Ces résultats suggèrent que les associations entre la leucémie infantile et des facteurs périnataux dépendent grandement du sous-type de leucémie.

ASSOCIATIONS BETWEEN VACCINATION AND CHILDHOOD CANCERS IN TEXAS REGIONS.
[Associations entre la vaccination et les cancers infantiles dans les régions texanes.]
Pagaoa MA, Okcu MF, Bondy ML, Scheurer ME.
J Pediatr. 2011;158(6):996-1002.

Le but de cette étude était de déterminer si les enfants nés dans les régions du Texas présentant une meilleure couverture vaccinale avaient un risque réduit de cancer infantile .

Le registre du cancer du Texas a identifié 2800 cas diagnostiqués entre 1995 et 2006, et qui étaient (1) nés au Texas et (2) diagnostiqués entre 2 ans et 17 ans . Les données des certificats de naissance ont été utilisées pour identifier les 11 200 sujets témoins appariés selon l' âge et le sexe . Un modèle de régression à effets mixtes multiniveaux a permis de comparer les proportions de vaccination chez les cas et les sujets témoins au niveau des provinces.

Les enfants nés dans les provinces où la couverture vaccinale contre l'hépatite B était élevée avaient moins de risque de contracter un cancer en général (OR = 0,81 , IC 95%: 0,67 à 0,98) et plus spécifiquement une leucémie lymphoblastique aiguë (ALL) (OR = 0,63, IC 95%: 0,46 à 0,88). Le risque était également plus faible dans les provinces présentant un taux élevé de vaccination contre la poliomyélitique (OR = 0,67, IC 95% : 0,49 à 0,92) et 4-3-1-3-3 séries de vaccination (OR = 0,62, IC 95% : 0,44 à 0,87) . Les enfants nés dans les régions avec des niveaux plus élevés de vaccination contre Haemophilus influenzae type b conjugué avait moins de risque d'ALL (ou : 0,58 , IC 95%: 0,42 à 0,82) .

Conclusions: Certains vaccins infantiles communs semblent avoir un effet protecteur contre ALL, à l'échelle de la population.

IS BIRTH WEIGHT ASSOCIATED WITH CHILDHOOD LYMPHOMA? A META-ANALYSIS.
[Le poids à la naissance est-il associé au lymphome infantile ? Une méta-analyse]
Papadopoulou C, Antonopoulos CN, Sergentanis TN, Panagopoulou P, Belechri M, Petridou ET.
Int J Cancer. 2012; 130: 179-189.

Plusieurs facteurs de risque ont été identifiés dans les lymphomes infantiles. L’objectif de cette méta-analyse était de synthétiser les résultats actuels au niveau de l’association entre le poids à la naissance et le risque de lymphome non-hodgkinien (NHL), étant donné sa similitude avec la leucémie lymphoblastique aigue, le lymphome hodgkinien (HL) et tout autre catégorie de lymphome. Deux études de cohorte (278 751 enfants) et 7 études cas-témoins (2660 malades et 69 274 contrôles) ont été incluses. Les estimations des effets en ce qui concerne NHL, NL et autres lymphomes ont été regroupées de manière appropriée à l’aide de modèles à effets aléatoires ou fixes en deux analyses distinctes : un poids élevé a été comparé à un poids normal ou tous poids à la naissance et un poids faible a été comparé à un poids normal ou tous poids à la naissance.

Aucune association statistique significative n’a été obtenue entre un poids élevé à la naissance, par rapport à un poids normal, et le risque de NHL plus lymphome de Burkitt (OR = 1.17, IC 95% = 0.76-1.80, random effects), HL (OR = 0.94, IC 95% = 0.64-1.38, fixed effects) ou tout autre lymphome plus lymphome de Burkitt (OR = 1.09, IC 95% = 0.76-1.56, Effets fixes). Une association nulle a été montrée lorsque les petits poids étaient comparés aux poids normaux pour NHL plus lymphome de Burkitt (OR = 1.07, IC 95% = 0.71-1.62, Effets aléatoires), HL (OR = 0.94, IC 95% = 0.54-1.65, Effets fixes) ou tout autre lymphome plus lymphome de Burkitt (OR = 1.02, IC 95% = 0.79-1.33, Effets fixes).

Conclusion: Bien que les résultats actuels ne montrent pas d’association, le poids à la naissance pourrait ne pas être un indicateur suffisamment fin pour révéler une véritable association entre la croissance fœtale et des catégories spécifiques de lymphomes ; d'où le besoin d’utiliser des critères plus élaborés, au moins ceux prenant en compte la semaine de gestation.

RADIATION EXPOSURE FROM CT SCANS IN CHILDHOOD AND SUBSEQUENT RISK OF LEUKAEMIA AND BRAIN TUMOURS: A RETROSPECTIVE COHORT STUDY.
[Exposition aux radiations des CT scans dans l’enfance et risque ultérieur de leucémie et de tumeurs cérébrales : une étude de cohorte rétrospective.]
Pearce MS, Salotti JA, Little MP, McHugh K, Lee C, Kim KP, Howe NL, Ronckers CM, Rajaraman P, Sir Craft AW, Parker L, Berrington de González A.
Lancet. 2012; 380(9840): 499-505.

Bien que les CT scans soient cliniquement très utiles, les risques potentiels de cancer existent en raison des radiations ionisantes, en particulier chez les enfants qui sont plus radiosensibles que les adultes. Les auteurs avaient comme objectif d’évaluer le risque en excès de leucémie et de tumeurs cérébrales après CT scans dans une cohorte d’enfants et de jeunes adultes.

On été inclus dans cette étude de cohorte rétrospective, des patients non diagnostisqués pour cancer qui ont passé pour la première fois un CT scan dans les centres du National Health Service (NHS) en Angleterre, au Pays de Galles ou en Ecosse (Grande-Bretagne) entre 1985 et 2002, quand ils avaient moins de 22 ans. Les données d’incidence de cancer, de mortalité et l’arrêt du suivi ont été obtenus à partir du registre central du NHS du 1e janvier 1985 au 31 décembre 2008. Les doses absorbées au niveau du cerveau et de la moelle osseuse par CT scan (en mGy) ont été estimées et l’excès d’incidence de leucémie et de tumeurs cérébrales a été évalué à l’aide des modèles de risque relatif de Poisson. Pour éviter l’inclusion de CT scans relatifs au diagnostic de cancer, le suivi de leucémie commençait 2 ans après le premier CT scan et le suivi de tumeurs cérébrales après 5 ans.

Pendant le suivi, 74 des 178 604 patients ont été diagnostiqués avec leucémie et 135 sur 176 587 patients avec tumeurs du cerveau. Une association positive a été observée entre la dose de radiations du CT scan et la leucémie (risque relatif en excès [ERR] par mGy 0,036, IC 95% 0,005-0,120; p=0,0097) et les tumeurs cérébrales (0,023, 0,010-0,049; p<0,0001). Comparé au risque des patients ayant reçu un dose inférieure à 5 mGy, le risque relatif de leucémie des patients ayant reçu une dose cumulée d’au moins 30 mGy (dose moyenne de 51.13 mGy) était de 3.18 (IC 95% 1,46-6,94) et le risque relatif de cancer cérébral pour les patients ayant reçu une dose cumulée de 50-74 mGy (dose moyenne de 60.42 mGy) était de 2.82 (1.33-6.03).

Conclusion: L’utilisation de CT scan chez les enfants avec des doses cumulées d’environ 50 mGy pourrait presque tripler le risque de leucémie et les doses d’environ 60 mGy pourraient tripler le risque de cancer cérébral. Comme ces cancers sont relativement rares, le risque cumulé absolu est faible : dans les 10 années après les premiers scans des patients de moins de 10 ans, un cas en excès de leucémie et un cas en excès de tumeurs cérébrales sur 10 000 CT scans de la tête pourraient survenir. Neanmoins, bien que les bénéfices cliniques doivent l’emporter sur les faibles risques, les doses de radiations des CT scans doivent rester aussi faibles que possibles et des procédures alternatives, qui n’impliquent pas les radiations non ionisantes, devraient être envisagées.

FATHER'S OCCUPATIONAL EXPOSURE TO CARCINOGENIC AGENTS AND CHILDHOOD ACUTE LEUKEMIA: A NEW METHOD TO ASSESS EXPOSURE (A CASE-CONTROL STUDY).
[Exposition professionnelle des pères à des agents carcinogènes et leucémie infantile aigue: une nouvelle méthode pour évaluer l’exposition (étude cas- témoin).]
Perez-Saldivar ML, Ortega-Alvarez MC, Fajardo-Gutierrez A, Bernaldez-Rios R, Del Campo-Martinez Mde L, Medina-Sanson A, Palomo-Colli MA, Paredes-Aguilera R, Martínez-Avalos A, Borja-Aburto VH, Rodriguez-Rivera Mde J, Vargas-Garcia VM, Zarco-Contreras J, Flores-Lujano J, Mejia-Arangure JM.
BMC Cancer. 2008; 14; 8:7.

La recherche médicale n’a pas été à même d’établir si l’exposition professionnelle paternelle pouvait être associées au développement d’une leucémie aigue (LA) chez leur progéniture. Les études menées présentaient des faiblesses ayant conduit à des classifications erronées de telles expositions. Les professions et les expositions à des substances associées aux cancers infantiles ne sont pas très fréquemment rencontrées dans la population générale, de sorte que les risques rapportés sont à la fois incohérents et inappropriés. Dans cette étude, pour évaluer l’exposition, les auteurs ont utilisé une nouvelle méthode, un index d’exposition, qui prend en considération, la division industrielle, la situation professionnelle spécifique, l’utilisation d’un équipement de protection, les substances au travail, le degré de contact avec de telles substances et la durée de l’exposition. Cet index permet d’obtenir un indice, qui à son tour, permet l’identification des individus quant à leur niveau d’exposition à des agents carcinogènes connus ou potentiels, qui ne sont pas nécessairement spécifiquement identifiés comme facteurs de risque de leucémie. L’objectif de cette étude était de déterminer l’association entre l’exposition professionnelle paternelle à des agents carcinogènes et la présence de LA dans leur progéniture.

De 1999 à 2000, une étude cas-témoin a été menée sur 193 enfants résidants à Mexico et diagnostiqués avec LA. Les calculs initiaux de taille d’échantillons étaient de 150 enfants par groupe, évalués avec des odds ratio (OR) attendus de 3 et une fréquence d’exposition minimale de 15.8%. Ces enfants ont été appariés selon l’âge, le sexe et l’institution avec 193 patients en chirurgie pédiatrique dans des hôpitaux de soins secondaires. Un questionnaire a été utilisé pour déterminer l’histoire de chacun des enfants et les caractéristiques de la (des) profession(s) des pères. De manière à déterminer le niveau d’exposition à des agents carcinogènes, un index d’exposition précédemment validé (index d’exposition professionnel, occupational exposure index, OEI) a été utilisé. La cohérence et la validité de l’index ont été évaluées par une comparaison de questionnaire, la reconnaissance sensorielle de la zone de travail et une opinion d’expert.

L’OR ajusté et les intervalles de confiance à 95% étaient de 1.69 (0.98, 2.92) pendant la période de préconception; 1.98 (1.13, 3.45) pendant la grossesse; 2.11 (1.17, 3.78) pendant la période d’allaitement maternel; 2.17 (1.28, 3.66) après la naissance; et 2.06 (1.24, 3.42) pour l’exposition globale.

Conclusion: C’est la première étude dans laquelle un OEI a été utilisé pour évaluer l’exposition professionnelle du père à des agents carcinogènes comme un facteur de risque pour le développement de LA infantile dans sa progéniture. A partir de ces résultats, les auteurs concluent que les enfants dont les pères ont été exposésà des hauts niveaux d’agents carcinogènes semblent présenter un risque accru de développer une leucémie aigue. Toutefois, les facteurs confondants ne peuventêtre négligés en raison d’un contrôle incomplet de ces facteurs confondants.

IN VITRO FERTILIZATION AND RISK OF CHILDHOOD LEUKEMIA IN GREECE AND SWEDEN.
[Fécondation in vitro et risque de leucémie infantile en Grèce et en Suède.]
Petridou ET, Sergentanis TN, Panagopoulou P, Moschovi M, Polychronopoulou S, Baka M, Pourtsidis A, Athanassiadou F, Kalmanti M, Sidi V, Dessypris N, Frangakis C, Matsoukis IL, Stefanadis C, Skalkidou A, Stephansson O, Adami HO, Kieler H.
Pediatr Blood Cancer. 2012; 58: 930-936.

Le risque de cancer chez les enfants nés après fécondation in vitro (FIV) reste largement méconnu. L’objectif des auteurs était d’analyser le risque de leucémie et de lymphome après FIV à l’aide de deux bases de données nationales.

En Grèce, l’étude cas-témoins hospitalière a été menée à l’aide du National Registry for Childhood Hematological Malignancies (1996-2008, 814 leucémies et 277 lymphomes ainsi que leurs contrôles appariés (1:1)). En Suède, l’étude cas-témoins a été menée à l’aide du Swedish Medical Birth Register (1995-2007, 520 leucémies et 71 lymphomes ainsi que leurs contrôles appariés (respectivement 5200 et 710)) avec détermination de l’incidence des cas de cancers par le registre national du cancer. Des odd ratio spécifiques aux études et combinés ont été estimés à l’aide d’une régression logistique conditionnelle, avec ajustement pour les facteurs de risques possibles.

Les études nationales ont mis en avant un risque accru de leucémie après FIV, mais une association nulle avec les lymphomes. La proportion de cas de leucémie après fécondation in vitro était de 3% en Grèce et de 2,7% en Suède, la prévalence de FIV chez les témoins appariés était de 1,8% et 1,6%, respectivement. Dans les analyses multivariées combinées, le risque accru de leucémie a été retenu pour les enfants de moins de 3,8 ans (OR = 2,21, intervalle de confiance IC à 95%: 1,27 à 3,85) et pour la leucémie aiguë lymphoblastique (LAL) (OR = 1,77, IC 95%: 1,06 à 2,95) sans preuve suffisante d’un excès de risque pour les autres leucémies (OR = 1,34; IC à 95%: 0,38 à 4,69). Après fécondation in vitro, les OR de LAL étaient de 2,58 (IC 95%: 1,37 à 4,84) avant l'âge de 3,8 ans et 4,29 (IC à 95%: 1,49 à 12,37) avant l'âge de 2 ans.

Conclusion: La FIV semble être associée à une augmentation du risque de développer une LAL.

INDOOR RADON AND CHILDHOOD LEUKAEMIA.
[Radon intérieur et leucémie infantile.]
Raaschou-Nielsen O.
Radiat Prot Dosimetry. 2008; 132: 175-181.

Cet article résume la littérature épidémiologique sur l'exposition domestique au radon et le risque de leucémie infantile. Les résultats de 12 études écologiques montrent une tendance constante de l’augmentation de l'incidence et des taux de mortalité par leucémie infantile dans les zones dont les concentrations moyennes de radon intérieur sont plus élevées. Bien que les résultats de ces études soient utiles pour générer des hypothèses, elles doivent être interprétées avec prudence, car les données ont été regroupées et analysées par zones géographiques, et non par individus. Les 7 études cas-témoins disponibles de la leucémie infantile avec mesure des concentrations de radon dans les maisons des cas et des témoins ont donné des résultats mitigés, avec cependant, une indication d'une faible (risque relatif < 2) association avec la leucémie aiguë lymphoblastique.

Conclusion: A ce jour, les données épidémiologiques suggèrent qu’une association entre l’exposition intérieure au radon et la leucémie infantile pourrait exister, mais est faible. Des études cas-témoins supplémentaires sont nécessaires, avec suffisamment de puissance statistique pour détecter de faibles associations et sur base de modèles et de méthodes qui permettent de minimiser les erreurs de classement de l'exposition et d’atteindre un taux de participation élevé et un faible biais de sélection potentiel.

DOMESTIC RADON AND CHILDHOOD CANCER IN DENMARK.
[Radon domestique et cancer infantile au Danemark.]
Raaschou-Nielsen O , Andersen CE , Andersen HP , Gravesen P , Lind M , Schüz J , Ulbak K .
Epidemiology. 2008; 19: 536-543.

Des taux plus élevés d'incidence de cancer infantile et particulièrement de la leucémie ont été observés dans les régions présentant les niveaux les plus élevés de radon, mais les études cas-témoins montrent des résultats incohérents. Nous avons testé l'hypothèse selon laquelle l'exposition au radon domestique augmente le risque de cancer infantile. Les auteurs ont identifiés 2400 cas incidents de leucémie, de tumeurs du système nerveux central et de lymphomes malins diagnostiqués chez des enfants entre 1968 et 1994, à partir du registre du cancer danois. Les enfants témoins (n = 6697) ont été sélectionnés dans le registre central de population du Danemark. Les niveaux de radon dans les habitations des enfants et l'exposition cumulée de chaque enfant ont été calculés comme le produit du niveau d'exposition et du temps, pour chaque adresse occupée pendant l'enfance. L'exposition cumulée au radon était associée à un risque de leucémie lymphoblastique aigue (ALL) avec des RR de 1.21 (intervalle de confiance à 95% = 0.98-1.49) pour des niveaux de 0.26 à 0.89 x 10(3) Bq/m3-ans et 1.63 (1.05-2.53) pour des expositions de plus de 0.89 x 10(3) Bq/m3-ans, en comparaison avec moins de 0.26 x 10(3) Bq/m3-ans. Une analyse dose-réponse linéaire a montré une augmentation de 56% des taux de ALL pour 10(3) Bq/m3-ans d'augmentation de l'exposition. L'association avec ALL persistait dans les analyses de sensibilité et après ajustement pour des facteurs confondants potentiels. Aucune association n'a été trouvée avec d'autres types de cancer infantile.

Conclusions: Cette étude suggère que l'exposition au radon domestique augmente le risque d'ALL pendant l'enfance, mais pas les autres cancers infantiles.

EARLY LIFE EXPOSURE TO DIAGNOSTIC RADIATION AND ULTRASOUND SCANS AND RISK OF CHILDHOOD CANCER: CASE-CONTROL STUDY.
[Exposition tôt dans la vie aux R-X de diagnostic et échographie et risque de cancer infantile: une étude cas-témoin.]
Rajaraman P, Simpson J, Neta G, Berrington de Gonzalez A, Ansell P, Linet MS, Ron E, Roman E.
BMJ. 2011; 342:d472.

L'objectif de cette étude est d'analyser le risque de cancer infantile associé à l'exposition aux R-X de diagnostic et aux échographies in utero et dans la prime enfance (0 à 100 jours).

2690 cas de cancer infantile et 4858 contrôles appariés selon le sexe et la région recrutés par The United Kingdom Childhood Cancer Study (UKCCS), et nés entre 1976 et 1996 ont participé à cette étude cas-témoins.

Des modèles de régression logistique, avec ajustement selon l'âge de la mère et le poids de l'enfant à la naissance n'ont pas mis en évidence un risque accru de cancer infantile suite à l'exposition in utero aux ultrasons (échographie). Quelques indications existent d'une faible augmentation du risque suite à l'exposition in utero au R-X pour tous les cancers (odds ratio 1.14, 95% intervalle de confiance 0.90 to 1.45) et la leucémie (1.36, 0.91 to 2.02), mais sans atteindre la signification statistique. L'exposition au R-X de diagnostic dans la prime enfance (0-100 jours) était associée avec un excès de risque faible, non significatif pour tous les cancers et la leucémie, ainsi qu'un risque plus élevé de lymphome (odds ratio 5.14, 1.27 à 20.78) sur base de petits nombres.

Conclusions: Bien que les résultats au niveau du lymphome aient besoin d'être répliqués, tous les résultats indiquent des risques possibles de cancer associés aux radiations à des doses plus faibles que celles associées aux procédures communément utilisées comme les examens de tomodensimétrie, suggérant le besoin d'être prudent dans l'utilisation de procédures d'imagerie de diagnostique de l'abdomen/pelvis de la mère pendant la grossesse et des enfants en très bas âge.

PARENTAL OCCUPATIONAL EXPOSURE TO EXHAUSTS, SOLVENTS, GLUES AND PAINTS, AND RISK OF CHILDHOOD LEUKEMIA.
[Exposition professionnelle des parents aux gaz d'échappements, aux solvants, aux colles et aux peintures et risque de leucémie infantile.]
Reid A, Glass DC, Bailey HD, Milne E, Armstrong BK, Alvaro F, Fritschi L.
Cancer Causes Control. 2011; 22) :1575-1585.

On ne sait pas si l'exposition professionnelle des parents aux agents chimiques avant, pendant et après la grossesse augmente le risque de leucémie infantile lymphoblastique (ALL) chez les enfants. Peu d'études sur le sujet ont évalué les expositions maternelles.

Dans une étude cas-témoins australienne de l'ALL d'enfants de moins de 15 ans, les parents ont décrit les tâches entreprises dans leur travail à l'aide de modules spécifiques aux activités professionnelles « job-specific modules (JSMs) ». Un expert a fait une revue de la probabilité d'exposition aux gaz d'échappement, aux solvants, aux colles et aux peintures. L'exposition a été examinée dans chaque emploi 2 ans, 1 an et à tout moment avant la naissance de l'enfant, et jusqu'à 1 an après la naissance de l'enfant.

L'exposition aux solvants était semblable pour les mères des cas et des contrôles dans toutes les périodes. Plus de mères de cas avaient été exposées de manière modérée à élevée aux gaz de échappement par rapport aux mères des contrôles à tout moment avant la naissance de l'enfant (p = 0,010). L'exposition des mères aux gaz d'échappement à des niveaux modérés ou importants (OR = 1,97 IC à 95% de 0,99 à 3,90) ou des pères (OR = 1,37 IC à 95% 1.01 à 1.86) avant la naissance avait augmenté le risque d'ALL dans leur progéniture. L'exposition à des peintures, des pigments, des colles, des résines était similaire chez les parents des cas et des contrôles.

Conclusion: il n'existe que peu d'indications d'une association entre l'exposition professionnelle des parents aux solvants, aux colles et aux peintures et l'ALL infantile. Il existe quelques indications d'une association entre les gaz d'échappement et l'ALL.

FAMILIAL HISTORY OF CANCER AND CHILDHOOD ACUTE LEUKEMIA: A FRENCH POPULATION-BASED CASE-CONTROL STUDY.
[Histoire familiale de cancer et leucémie infantile aigue: une étude cas-témoins française basées sur la population.]
Ripert M, Menegaux F, Perel Y, Méchinaud F, Plouvier E, Gandemer V, Lutz P, Vannier JP, Lamagnére JP, Margueritte G, Boutard P, Robert A, Armari-Alla C, Munzer M, Millot F, de Lumley L, Berthou C, Rialland X, Pautard B, Clavel J.
Eur J Cancer Prev. 2007 ; 16: 466-470.

Une étude cas-témoins a été menée pour investiguer le rôle de l’histoire familiale de cancer et l’étiologie de la leucémie infantile aigue. Les antécédents de cancer des proches de 472 cas ont été comparés à ceux de 567 contrôles. Le recrutement était la fréquence appariée selon l’âge, le sexe et la région. L’histoire familiale de cancer des proches de chaque enfant était décrite par la mère en réponse à un questionnaire standardisé auto administré. Les antécédents familiaux de tumeur solide chez les proches du premier ou du second degré étaient associés à une augmentation du risque de leucémie lymphoblastique aigue (odds ratio (OR)=1,6 ; [intervalle de confiance (IC) à 95%, 1,2-2,1]), alors que des antécédents familiaux de malignités hématopoïétiques chez des proches du premier ou du second degré était associés à une augmentation du risque de leucémie myéloïde aigue (OR=4,3 ; IC à 95%, 1,4-13]). Les ORs pour les antécédents de cancer augmentaient avec les nombres de proches présentant un cancer (OR=1,5 [1,1-2,0] pour un proche et OR=1,5 [1,1-2,0] pour deux proches ou plus (p<0,0001). Des associations significatives entre la leucémie infantile aigue et l’histoire familiale de cancers génitaux et de tumeur du cerveau étaient également observées (OR=2,7 [1,2-5,8] et OR=10,7 [1,3-86], respectivement).

Conclusion: cette étude supporte l’hypothèse selon laquelle les antécédents familiaux de cancer pourraient jouer un rôle dans l’étiologie de la leucémie infantile aigue. Elle met également en évidence des associations spécifiques qui nécessitent des investigations supplémentaires.

CHILDHOOD ACUTE LYMPHOBLASTIC LEUKEMIA AND INFECTIONS IN THE FIRST YEAR OF LIFE: A REPORT FROM THE UNITED KINGDOM CHILDHOOD CANCER STUDY.
[Leucémie lymphoblastique aigue infantile et infections dans la première année de vie: un rapport de l’étude britannique sur les cancers infantiles].
Roman E, Simpson J, Ansell P, Kinsey S, Mitchell CD, McKinney PA, Birch JM, Greaves M, Eden T; United Kingdom Childhood Cancer Study Investigators.
Am J Epidemiol. 2007; 165 : 496-504.

L’étude britannique “The United Kingdom Childhood Cancer Study” a été organisée pour examiner la relation entre les cancers infantiles et l’exposition précédente à des maladies infectieuses. Les auteurs ont analysé la relation entre le diagnostic (1991-1996) de leucémie lymphoblastique aigue (ALL) entre 2 et 5 ans et des infections cliniquement diagnostiquées dans l’enfance. Pratiquement tous les enfants étudiés (96% des cas et des témoins) avaient consulté leur médecin de famille pour une visite non associée à une vaccination au moins une fois avant leur premier anniversaire.

Les enfants diagnostiqués avec ALL ont présenté significativement plus d’épisodes infectieux dans l’enfance que les témoins; la moyenne du nombre des infections étaient de 3.6 (95% IC: 3.3, 3.9) versus 3.1 (95% IC: 2.9, 3.2). Cette différence entre les cas et les témoins étaient la plus visible dans la période néonatale (≤ à un mois); 18% des témoins et 24% des cas de ALL ont présenté au moins une infection (OR = 1.4, 95% CI: 1.1, 1.9; p < 0.05). Les cas ayant présentés plus d’une infection néonatale tendent à être diagnostiqués avec ALL à un âge comparativement plus jeune, la moyenne d’âge du diagnostic étant de 37.7 mois pour les cas présentant 2 épisodes ou plus versus 45.3 mois pour les cas avec seulement un épisode ou aucun (p < 0.01).

Conclusion: ces résultats supportent l’hypothèse selon laquelle une réponse immunitaire dérégulée aux infections dans les premiers mois de la vie est susceptible de promouvoir la transition vers une ALL plus tard dans l’enfance.

CHILDHOOD ACUTE LYMPHOBLASTIC LEUKEMIA AND INDICATORS OF EARLY IMMUNE STIMULATION: A CHILDHOOD LEUKEMIA INTERNATIONAL CONSORTIUM STUDY.
[Leucémie lymphoblastique aigue infantile et indicateurs d’une stimulation immunitaire précoce: étude du consortium international de la leucémie infantile.]
Rudant J, Lightfoot T, Urayama KY, Petridou E, Dockerty JD, Magnani C, Milne E, Spector LG, Ashton LJ, Dessypris N, Kang AY, Miller M, Rondelli R, Simpson J, Stiakaki E, Orsi L, Roman E, Metayer C, Infante-Rivard C, Clavel J.
Am J Epidemiol. 2015;181(8):549-562.

Les associations entre la leucémie lymphoblastique aiguë (LLA) infantile et divers facteurs associés à la stimulation précoce du système immunitaire (par ex la fréquentation d’une garderie, l'ordre de naissance, les infections communes dans l'enfance, et l'allaitement) ont été étudiés en utilisant les données de 11 études cas-témoins participant au consortium international de la leucémie infantile (1980-2010).

L'échantillon comprenait 7399 malades et 11 181 contrôles âgés de 2-14 ans. Les données ont été recueillies par questionnaires administrés aux parents. Les odds ratios combinés et intervalles de confiance 95 % ont été estimés par régression logistique inconditionnelle ajustée pour l'âge, le sexe, l'étude, le niveau d'éducation maternelle, et l'âge de la mère. La fréquentation d’une garderie dans la première année de vie a été associée à un risque réduit de LLA (odds ratio = 0,77, 95% intervalle de confiance: 0,71, 0,84), particulièrement chez ceux qui ont commencé le plus tôt (P <0,0001). Une association inverse a également été observée avec la durée de l'allaitement de 6 mois ou plus (odds ratio = 0,86, 95% intervalle de confiance: 0.79, 0.94). Aucune relation significative avec les infections communes dans la petite enfance n’a été observée, même si l'odds ratio était inférieur à 1 pour plus de 3 infections.

Conclusions: Les résultats de cette grande analyse groupée renforcent l'hypothèse que la fréquentation d’une garderie dans l'enfance et l'allaitement maternel prolongé sont associés à une diminution du risque de LLA.

CHILDHOOD ACUTE LEUKEMIA, EARLY COMMON INFECTIONS, AND ALLERGY: THE ESCALE STUDY.
[Leucémie infantile aigue, infections communes précoces et allergie: l'étude ESCALE.]
Rudant J, Orsi L, Menegaux F, Petit A, Baruchel A, Bertrand Y, Lambilliotte A, Robert A, Michel G, Margueritte G, Tandonnet J, Mechinaud F, Bordigoni P, Hémon D, Clavel J.
Am J Epidemiol. 2010; 172(9): 1015-1027.

Cette étude analysait le rôle de facteurs en relation avec la stimulation précoce du système immunitaire dans l'étiologie de la leucémie infantile aigue. L'étude cas-témoin nationale ESCALE, à partir des registres de population, a été menée en France en 2003-2004. Les contrôles étaient appariés en fonction de l'âge et du sexe. Les données ont été obtenues à partir d'un questionnaire structuré administré par téléphone aux mères. Les odd ratio ont été estimés à partir de modèles de régression non conditionnels ajustés pour des facteurs confondants potentiels.

634 cas de leucémie lymphoblastique aigue ont été inclus, 86 cas de leucémie myéloblastique et 1494 contrôles âgés de plus d'un an. Des associations négatives ont été observées entre la leucémie lymphoblastique aigue et l'ordre de naissance dans la fratrie (p < 0.0001), la présence dans des crèches avant l'âge d'un an (OR = 0.8 ; intervalle de confiance à 95% : 0.6-1.1), l'allaitement prolongé (OR = 0.7, 95% CI: 0.5-1.0), des infections précoces répétées (OR = 0.7, 95% CI: 0.6, 0.9), des contacts réguliers avec des animaux de la ferme (OR = 0.6, 95% CI: 0.5, 0.8), des visites fréquentes chez des fermiers dans la prime enfance (OR = 0.4, 95% CI: 0.3, 0.6), et des antécédents d'asthme (OR = 0.7, 95% CI: 0.4, 1.0) ou d'eczéma (OR = 0.7, 95% CI: 0.6, 0.9).

Conclusion: Les résultats supportent l'hypothèse d'un rôle protecteur des infections précoces répétées et de l'asthme contre le leucémie aigue infantile.

RESIDENTIAL PROXIMITY TO AGRICULTURAL PESTICIDE APPLICATIONS AND CHILDHOOD ACUTE LYMPHOBLASTIC LEUKEMIA.
[Proximité résidentielle avec des applications agricoles de pesticides et leucémie lymphoblastique aigue infantile.]
Rull RP , Gunier R , Von Behren J , Hertz A , Crouse V , Buffler PA , Reynolds P .
Environ Res. 2009; 109(7):891-899.

L'exposition ambiante due à la proximité résidentielle aux pesticides agricoles pourrait contribuer au risque de développer une leucémie lymphoblastique aigue chez les enfants. A partir d'un historique des lieux de résidence recueillis auprès des familles de 213 cas d'ALL et 268 témoins appariés, inscrits dans l'étude de la leucémie infantile de Californie du Nord (the Northern California Childhood Leukemia Study), les auteurs ont évalué la proximité résidentielle dans un demi-mile (804,5m) des applications de pesticides en liant les historiques résidentiels et l es rapports d'utilisation de pesticides agricoles. La proximité a été établie dans différentes fenêtres d'exposition, comprenant la première année de vie et toute la durée de vie de l'enfant au moment du diagnostic chez les cas ou par rapport à une date de référence chez les contrôles. Les pesticides agricoles ont été classés a priori en groupe, fondés sur des similitudes des effets toxicologiques, des propriétés physico-chimiques et des nuisibles ciblés ou des usages. Les effets d'une exposition modérée et élevée pour chaque groupe de pesticides ont été estimés en utilisant une régression logistique conditionnelle. Un risque élevé d'ALL a été associé à l'exposition modérée tout au long de la vie, mais pas à une exposition importante, à certaines catégories physico-chimiques de pesticides, notamment les organophosphates, les phénols chlorés, et les triazines, et avec des pesticides classés comme insecticides ou fumigènes. Une tendance similaire a également été observée pour plusieurs groupes toxicologiques de pesticides.

Ces résultats suggèrent des directions futures permettant d'identifier des pesticides spécifiques qui pourraient jouer un rôle dans l'origine de la leucémie infantile.

BIRTH WEIGHT AND CHILDHOOD CANCER.
[Poids à la naissance et cancer infantile.]
Samuelsen SO , Bakketeig LS , Tretli S , Johannesen TB , Magnus P .
Epidemiology. 2009; 20(4):484-487.

Il a été montré que l'incidence de leucémie infantile augmentait avec le poids à la naissance. L'objectif de cet article est d'étudier si l'incidence d'autres cancers infantiles augmente également avec le poids à la naissance. Le registre médical des naissances en Norvège a été lié à celui des cancers. Les données consistent en 1,65 millions d'enfants, dont 3252 avec un cancer diagnostiqué avant l'âge de 16 ans. Les cancers ont été divisés en 1010 cas de leucémie, 870 cas de cancer du système nerveux central (SNC), et 1370 cas d'autres cancers. L'augmentation du risque de tous les cancers par augmentation de 1 kg du poids à la naissance était de 1.23 (95% IC = 1.14-1.32) après ajustement. Pour la leucémie, l'augmentation était de 1.29 (1.14-1.47), pour les cancers du SNC 1.07 (0.93-1.23), et pour les autres cancers 1.29 (1.16-1.40).

Conclusions : Il semble y avoir une relation générale entre un poids élevé à la naissance et l'incidence de cancer dans l'enfance.

HOUSEHOLD EXPOSURE TO PAINT AND PETROLEUM SOLVENTS, CHROMOSOMAL TRANSLOCATIONS, AND THE RISK OF CHILDHOOD LEUKEMIA.
[Exposition résidentielle aux solvants des peintures et des produits pétroliers, translocations chromosomiques, et risque de leucémie infantile. ]
Scélo G, Metayer C, Zhang L, Wiemels JL, Aldrich MC, Selvin S, Month S, Smith MT, Buffler PA.
Environ Health Perspect. 2009 ;117: 133-139.

Dans cette étude cas-témoins, les auteurs ont analysé si l’usage des solvants des peintures et des produits pétroliers dans les maisons avant la naissance et dans la prime enfance pourrait influencer le risque de leucémie infantile. Ils ont basé leurs analyses sur 550 cas de leucémie lymphoblastique aigue (ALL), 100 cas de leucémie myéloïde aigue (AML) et 1 ou 2 sujets contrôles par cas, individuellement appariés selon le sexe, l’âge, le statut hispanique et la race. Les auteurs ont mené des analyses supplémentaires par sous-type cytogénétique. Des techniques de régression logistique conditionnelle ont été utilisées pour faire des ajustements selon les revenus. Le risque d’ALL était significativement associé à l’exposition aux peintures [odds ratio (OR) = 1.65 ; intervalle de confiance (IC) à 95%, 1.26-2.15], avec un risque plus élevé quand la peinture était utilisée après la naissance, par une personne autre que la mère ou fréquemment. L’association était restreinte à la leucémie avec translocations entre les chromosomes 12 et 21 (OR = 4.16; IC à 95%, 1.66-10.4). Aucune association significative entre l’utilisation de solvants et le risque globale d’ALL (OR = 1.15; IC à 95%, 0.87-1.51) ou de différents sous-types cytogénétiques n’a été trouvée, mais une association significative dans le groupe 2 à 5,9 ans (OR = 1.55; IC à 95%, 1.07-2.25) a été observée. Par contre, un risque significativement plus élevé d’AML était associé aux solvants (OR = 2.54; IC à 95%, 1.19-5.42) mais pas à l’exposition à la peinture (OR = 0.64; IC à 95%, 0.32-1.25).

Conclusions: l’association entre le risque d’ALL et l’exposition à la peinture était fort, cohérent avec une relation causale, mais des études supplémentaires sont nécessaires pour confirmer l’association entre le risque d’ALL et AML et l’exposition aux solvants.

DO LONGER FORMULA FEEDING AND LATER INTRODUCTION OF SOLIDS INCREASE RISK FOR PEDIATRIC ACUTE LYMPHOBLASTIC LEUKEMIA?
[Une alimentation plus longue au lait artificiel et une introduction tardive des aliments solides augmentent-elles le risque de leucémie aigue lymphoblastique pédiatrique?]
Schraw JM, Dong YQ, Okcu MF, Scheurer ME, Forman MR.
Cancer Causes Control. 2014; 25(1):73-80.

Le lait artificiel peut augmenter les niveaux du facteur de croissance analogue à l'insuline de type 1, avec un impact possible sur la leucémogénèse. L’objectif de cette étude est d’examiner les associations entre les pratiques d’alimentation des nourrissons et l’âge d’introduction des aliments solides sur le risque de leucémie lymphoblastique aigue (LLA) infantile. Les cas incidents de bébés et d’enfants (âge ≤ 14 ans) LLA (n = 142) ont été inclus dans l’étude cas-témoins. Les cas ont été appariés selon l’âge, le sexe, la race et l’origine ethnique à 2 groupes de témoins (n = 284). Une régression logistique multivariée a été utilisée pour déterminer l’association entre les pratiques d’alimentation des enfants et l’âge d’introduction de la nourriture solide et les odds ratio de LLA. Dans les analyses multivariées ajustées, chaque mois supplémentaire de lait artificiel a été associé à un OR de 1,17 (1,09 à 1,25); chaque mois supplémentaire avant l’introduction des aliments solides a été associé à un OR de 1,18 (1,07 à 1,30).

Conclusions : Dans cette étude, une plus longue période d’allaitement artificiel et une introduction plus tardive des aliments solides sont indépendamment associés à un risque accru de LLA. Des études supplémentaires sont nécessaires pour comprendre les facteurs qui influent sur la durée de l'allaitement artificiel et l'introduction tardive d’aliments solides. Les résultats confirment le rôle potentiel de l'équilibre énergétique en début de vie en tant que contributeur au risque de leucémie lymphoblastique aiguë en pédiatrie.

ARE PRE- OR POSTNATAL DIAGNOSTIC X-RAYS A RISK FACTOR FOR CHILDHOOD CANCER? A SYSTEMATIC REVIEW.
[Les rayons X utilisés en diagnostic pré et post natal, sont-ils des facteurs de risques de cancers infantiles ? Une revue systématique de la littérature.
Schulze-Rath R , Hammer GP , Blettner M .
Radiat Environ Biophys. 2008; 47: 301-312.

Le risque de cancer après diagnostic par rayons X chez les foetus ou dans la prime enfance a été analysé dans de nombreuses études. Les résultats des études épidémiologiques récentes sont résumés dans cette revue systématique de la littérature. Les stratégies de recherche de littérature, les critères d'inclusion, et les items d'évaluation de la qualité de l'étude, ont été définies dans le protocole de l'étude. Toutes les études épidémiologiques cas-témoins et de cohortes publiées en anglais entre 1990 et 2006 rapportant au moins la taille de la population étudiée et les estimations des risques ont été inclues. Les résultats sont résumés séparément pour l'exposition pré et post natale et pour chaque site de cancer. Dix-neuf études cas-témoins et six études de cohortes donnaient les critères d'inclusion. Aucune association entre la leucémie et les expositions prénatales n'a été observée dans neuf études cas-témoins. Des résultats hétérogènes ont été obtenus pour les expositions postnatales et la leucémie dans quatre études. Aucun effet significatif de l'exposition pré ou post natale aux rayons X n'a été observé sur d'autres sites de cancer (lymphome non hodgkinien, tumeurs solides et tumeurs cérébrales). La plupart des études présente des limitations dans leur méthodologie, la taille de la population, ou les mesures de l'exposition et implique des expositions très faibles. Ces résultats ne sont donc pas en contradiction avec les indications précédentes accumulées depuis 1956 et indiquant un risque accru associé à une exposition prénatale aux rayons X. La tomographie numérisée n'est pas couverte dans ces études et nécessite d'être analysée dans le futur.

 ENVIRONMENTAL EXPOSURE AND RISK OF CHILDHOOD LEUKEMIA: AN OVERVIEW.
[Exposition environnementale et risque de leucémie infantile : une revue.]
Schüz J, Erdmann F.
Arch Med Res. 2016; 47(8):607-614.

La leucémie infantile est le cancer le plus fréquent diagnostiqué chez les enfants dans le monde entier. Cependant, seuls quelques facteurs causaux sont reconnus, principalement des facteurs génétiques et des doses élevées de rayonnements ionisants. Etant donné la variation géographique des taux d'incidence, des efforts majeurs ont été entrepris pour étudier la relation entre des facteurs environnementaux et le risque de leucémie infantile. Certains éléments de preuve sont relevés pour les expositions professionnelles des parents aux pesticides, alors que l'on constate moins d'association avec l'exposition post-natale. Les rayonnements de diagnostic et l'exposition au radon ont été proposés, mais sans confirmation convaincante. Les champs magnétiques d’extrêmement basses fréquences sont souvent associés à une faible augmentation du risque, mais les biais et les facteurs confondants ne peuvent être écartés des explications possibles. Parmi les facteurs autres que l'environnement et les rayonnements, le candidat le plus prometteur est la susceptibilité aux infections courantes, mais sans savoir quels seraient les enfants les plus à risque, ni les mécanismes d’ation. En conclusion, bien que la leucémie infantile présente des modèles d'incidence distincts selon le sexe, l'âge et la situation géographique, ce qui suggère un rôle de l'environnement dans son étiologie, aucun facteur de risque environnemental, y compris les rayonnements, n'a été défini comme contributeur majeur au risque de leucémie infantile.

Conclusions: En raison du jeune âge au moment du diagnostic et des signes de dommages chromosomiques avant la naissance de nombreux enfants malades, les expositions parentales restent importantes. Bien que les taux de guérison de la leucémie infantile soient élevés dans les pays économiquement développés, en raison des conséquences de la maladie et de son traitement, l'identification des facteurs de risque pour la mise en œuvre de la prévention primaire reste le but ultime.

RISK FOR CHILDHOOD LEUKEMIA ASSOCIATED WITH MATERNAL AND PATERNAL AGE.
[Risque de leucémie infantile associée à l’âge des mères et des pères.]
Sergentanis TN, Thomopoulos TP, Gialamas SP, Karalexi MA, Biniaris-Georgallis SI, Kontogeorgi E, Papathoma P, Tsilimidos G, Skalkidou A, Iliadou AN, Petridou ET.
Eur J Epidemiol. 2015;30(12):1229-1261.

Le rôle des facteurs de reproduction, comme l'âge des parents, dans la pathogenèse des leucémies infantiles est beaucoup étudié ; les résultats des études individuelles sont controversés. Cette méta-analyse a pour but de synthétiser quantitativement les données publiées sur l'association entre l'âge des parents et le risque de deux grands types distincts de leucémie infantile. Les études admissibles ont été identifiées et le risque relatif (RR) a été calculé en utilisant des modèles à effets aléatoires, séparément pour la leucémie infantile lymphoblastique aiguë (LAL) et de la leucémie myéloïde aiguë (LMA). Des analyses de sous-groupes ont été effectuées selon le design de l'étude, la localisation géographique, les facteurs d'ajustement ; des analyses de sensibilité et des analyses de méta-régression ont aussi été réalisées. 77 études (69 cas-témoins et 8 de cohorte) ont été jugées admissibles. Un âge maternel et paternel plus avancé a été associé à un risque accru de leucémie infantile (RR poolés= 1,05 IC à 95% 1.01-1.10 ; RR poolés = 1,04 IC à 95% 1.00-1.08, par incrémentation de 5 ans, respectivement). L'association entre l'âge maternel et le risque de AML infantile a montré un modèle en forme de U, avec un risque accru chez les plus âgées (RR poolés = 1,23 IC à 95% 1.06-1.43) et les plus jeunes (RR poolés = 1,23 IC à 95% 1.07-1.40). Enfin, seuls les plus jeunes pères avaient un risque accru d'avoir un enfant avec AML (RR poolés = 1,28 IC à 95% 1:04-1,59).

Conclusions : L'âge maternel et paternel constitue un facteur de risque significatif pour la leucémie infantile, quoique différent selon le sous-type de leucémie. Des facteurs génétiques et socio-économiques pourraient entraîner les associations observées. Des études bien menées, prévues par les grands consortiums, sont prévues pour répondre de manière satisfaisante aux questions méthodologiques, alors que les mécanismes génétiques potentiels sous-jacents devraient être clarifiés par la recherche fondamentale.

BIRTH WEIGHT, SEX AND CHILDHOOD CANCER: A REPORT FROM THE UNITED KINGDOM CHILDHOOD CANCER STUDY.
[Poids à la naissance, sexe et cancer infantile: un rapport d'une étude sur le cancer infantile au Royaume Uni.]
Smith A, Lightfoot T, Simpson J, Roman E; UKCCS investigators.
Cancer Epidemiol. 2009; 33(5): 363-367.

Le poids à la naissance a été lié au risque de développement de cancer infantile, en particulier de leucémie infantile. Toutefois, bien que beaucoup de cancers infantiles soient à prédominance masculine et que les garçons soient généralement plus gros que les filles à la naissance, peu d'études ont rapporté des associations spécifiques au sexe. La relation entre le poids à la naissance et le risque de cancer infantile a été examinée en utilisant des informations d'une étude nationale cas-témoins. Des enfants (0-14 ans) nouvellement diagnostiqués avec un cancer en GB ont été inclus dans l'étude entre 1991 et 1996 (n=3651) et des comparaisons ont été menées avec des contrôles appariés selon le sexe, le mois et l'année de naissance et identifiés à partir des registres de population (structure de soin de santé primaire). Les poids à la naissance ont été obtenus de l'Office des statistiques nationales pour tous les sujets nés en Angleterre et au Pays de Galles. D'une manière globale, les cas étaient en moyenne 30 g plus lourds à la naissance que les contrôles (p=0,003) avec des différences selon le type de cancer ; les enfants présentant des tumeurs hépatiques pesaient environ 500 g de moins à la naissance que les contrôles (p<0,0001) et ceux ayant une leucémie étaient en moyenne 50 g plus lourds que leurs contrôles (p=0,001). Une interaction entre le poids à la naissance et le sexe a été obtenue pour la leucémie aigue (chi(2)=11.2, p=0.04) et quand les données étaient stratifiées selon le sexe, une association entre un poids élevé à la naissance et un risque d'ALL était observée chez les filles (> 4000 g , OR 1.86, IC 95% 1.38-2.50, chi(2) for trend 20.2, p<0.0001).

Conclusions: Ces résultats supportent l'hypothèse selon laquelle le poids à la naissance est un déterminant important de cancer infantile. De plus, les données sont cohérentes avec la notion d'une origine prénatale de la leucémie infantile.

BACKGROUND GAMMA RADIATION AND CHILDHOOD CANCER IN GERMANY: AN ECOLOGICAL STUDY.
[Rayonnement gamma et cancer infantile en Allemagne: une étude écologique.]
Spix C, Grosche B, Bleher M, Kaatsch P, Scholz-Kreisel P, Blettner M.
Radiat Environ Biophys. 2017; 56(2):127-138.

La relation entre le rayonnement gamma à faible dose et la leucémie infantile a été étudiée dans un certain nombre d'études. Les résultats de ces études ne sont pas concluants. Par conséquent, dans la présente étude, 25 années de données ont été analysées en utilisant un taux de dose gamma annuelle interpolé par communauté dans une étude écologique. La question principale était la leucémie, mais les auteurs ont également exploré les tumeurs du système nerveux central (SNC), les carcinomes thyroïdiens et d’autres diagnostics moins susceptibles d'être liés aux rayonnements. Un indice de privation au niveau communautaire a été inclus comme facteur confondant potentiel. Il a été constaté que les taux de dose gamma annuelle extérieure en Allemagne se situent approximativement entre 0,5 et 1,5 mSv/a avec une moyenne de 0,817 mSv/a. Aucune association de taux de dose gamma annuelle avec l'incidence de la leucémie n'a été trouvée. Parmi les analyses exploratoires, une forte association a été relevée avec l'incidence de tumeurs du SNC [RR pour 1,5 vs 0,5 mSv/a: 1,35; Intervalle de confiance de 95% (1,17, 1,57)]. L'indice de privation au niveau communautaire n'était pas un facteur confondant.

Conclusions: Cette étude n'a pas confirmé une association entre le taux annuel de dose gamma extérieure et la leucémie infantile, correspondant aux résultats de certaines études et contrastant d'autres. Une association avec l'incidence de tumeurs du SNC a été trouvée dans les analyses exploratoires. Comme il s'agit d'une étude écologique, aucune interprétation causale n'est possible. 

COMPARISON OF BIRTH WEIGHT CORRECTED FOR GESTATIONAL AGE AND BIRTH WEIGHT ALONE IN PREDICTION OF DEVELOPMENT OF CHILDHOOD LEUKEMIA AND CENTRAL NERVOUS SYSTEM TUMORS.
[Comparaison du poids à la naissance corrigé selon l'âge gestationnel et le poids à la naissance seul dans la prédiction du développement d'une leucémie infantile et de tumeurs du système nerveux central.]
Sprehe MR, Barahmani N, Cao Y, Wang T, Forman MR, Bondy M, Okcu MF.
Pediatr Blood Cancer. 2010; 54: 242-9.

Un poids élevé à la naissance est un facteur de risque reconnu pour la leucémie lymphoblastique aigue infantile (ALL). L'objectif de cette étude était d'évaluer si le poids à la naissance (PN) corrigé selon l'âge gestationnel est un meilleur prédicteur que le PN seul dans l'occurrence d'ALL et d'autres malignités infantiles. Les données des certificats de naissance de 2254 enfants pour lesquels un diagnostic de cancer a été posé avant l'âge de 5 ans et qui ont été enregistrés dans le registre de cancer du Texas entre 1995 et 2003, ont été comparés à 11 734 contrôles appariés selon l'âge. Un modèle de régression logistique multivariée a été utilisé pour comparer les modèles avec PN corrigé selon l'âge gestationnel et seul. En comparaison aux enfants dont le poids était conforme à leur âge gestationnel (AGC), les enfants qui étaient plus gros que leur âge gestationnel (AGG) à la naissance avaient des odds d'ALL 1.66 fois plus élevés (IC 95% 1.32-2.10). De manière similaire, les enfants avec un PN supérieur à 4000 g avaient des odds 1.5 fois plus élevés (IC 95% 1.18-1.89) d'ALL, en comparaison aux enfants qui pesaient entre 2500 et 4000 g à la naissance. A partir des modèle de diagnostic, le modèle contenant le PN corrigé selon l'âge gestationnel était un meilleur prédicteur que le modèle avec le PN seul [Akaike's Information Criterion (AIC) 4,646 vs. 4,658, respectivement]. Les odds ratios (OR) étaient similaires pour les enfants AGG qui pesaient moins de 4000 g et pour les enfants AGG qui pesaient plus de 4000 g (OR = 1.5, IC 95% 0.97-2.5 and OR = 1.67, IC 95% 1.29-2.16, respectivement). Le PN n'était pas un facteur de risque indépendant pour la leucémie myéloïde aigue ou les tumeurs cérébrales.

Conclusion: Le PN corrigé selon l'âge gestationnel est un meilleur prédicteur que le PN seul de risque d'ALL. Des études ultérieures qui utiliseraient la variable PN devraient inclure l'âge gestationnel dans les analyses.

CHILDHOOD CANCER AND RESIDENTIAL EXPOSURE TO HIGHWAYS: A NATIONWIDE COHORT STUDY.
[Cancer infantile et résidence à proximité des autoroutes: une étude nationale de cohorte]
Spycher BD, Feller M, Röösli M, Ammann RA, Diezi M, Egger M, Kuehni CE.
Eur J Epidemiol. 2015;30(12):1263-1275.

Les enfants vivant à proximité des routes sont exposés à des concentrations plus élevées de polluants cancérigènes liés à la circulation. Plusieurs études ont rapporté un risque accru de cancer infantile associé aux polluants routiers, mais les données publiées ne sont pas concluantes. Les auteurs ont étudié dans quelle mesure le risque de cancer serait associé à la proximité des autoroutes dans une étude de cohorte à l'échelle nationale incluant tous les enfants de <16 ans (sur base de recensements nationaux suisses en 1990 et 2000). L'incidence du cancer a été investiguée (1990-2008) à l'aide de modèles de Cox proportionnels et les analyses de densité d'incidence (1985-2008) à l'aide de la régression de Poisson. Des ajustements ont été faits pour tenir compte de facteurs socio-économiques, du rayonnement ionisant ambiant et des champs électromagnétiques.

Sur la période analysée (532 enfants malades), le rapport de risque ajusté pour la leucémie comparant des enfants vivants à <100 m d'une autoroute à des enfants non exposés (≥500 m) était de 1,43 (IC à 95% 0,79, 2,61). Les résultats étaient similaires dans l'analyse de la densité d'incidence comprenant 1367 cas de leucémie (rapport des taux d'incidence (IRR) 1,57 ; IC à 95% 1,091 2,25). Les associations étaient similaires pour la leucémie lymphoblastique aiguë (IRR 1,64 ; IC à 95% 1,10 2,43) et plus forte pour la leucémie en général chez les enfants âgés de <5 ans (IRR 1,92 ; IC à 95% 1,22 3,04). Peu d’indication d'associations ont été obtenues pour d'autres tumeurs.

Conclusions : Cette étude suggère que les jeunes enfants vivant à proximité des autoroutes ont un risque accru de développer une leucémie.

BACKGROUND IONIZING RADIATION AND THE RISK OF CHILDHOOD CANCER: A CENSUS-BASED NATIONWIDE COHORT STUDY.
[Radiations ionisantes en background et risque de cancers infantiles: une étude de cohorte national basée sur un recensement.]
Spycher BD, Lupatsch JE, Zwahlen M, Röösli M, Niggli F, Grotzer MA, Rischewski J, Egger M, Kuehni CE; Swiss Pediatric Oncology Group; Swiss National Cohort Study Group.
Environ Health Perspect. 2015;123(6):622-628.

Dans une étude de cohorte basée sur un recensement à l'échelle nationale, les auteurs ont étudié si l'incidence de cancers infantiles était associée aux rayonnements de fond des rayons gamma terrestres et cosmiques.

Les enfants de <16 ans lors des recensements nationaux suisses de 1990 et 2000 ont été inclus. La période de suivi a duré jusqu'en 2008, et les cas incidents de cancers ont été identifiés à partir du registre suisse du cancer de la petite enfance. Un modèle a été utilisé pour prédire les taux de rayonnements terrestres et cosmiques aux endroits de résidence. Des modèles de régression de Cox ont été utilisés pour évaluer les associations entre le risque de cancer et les taux de dose et la dose cumulée depuis la naissance.

Parmi 2 093 660 enfants inclus dans le recensement, 1782 nouveaux cas de cancers ont été identifiés dont 530 cas de leucémie, 328 de lymphome et 423 avec une tumeur du système nerveux central (SNC). Les ratios de risque pour chaque augmentation d’un millisievert de dose cumulée de rayonnements externes étaient de 1,03 (IC à 95%: 1.01, 1.05) pour tous les cancers, 1,04 (IC 95%: 1,00, 1,08) pour la leucémie, 1,01 (IC 95%: 0,96, 1,05) pour le lymphome, et 1,04 (IC 95%: 1,00, 1,08) pour les tumeurs du système nerveux central. Un ajustement pour divers facteurs confondants potentiels a eu peu d'effet sur les résultats.

Conclusions: Cette étude suggère que le rayonnement de fond pourrait contribuer au risque de cancer chez les enfants, y compris la leucémie et les tumeurs du système nerveux central.

POPULATION MIXING, SOCIOECONOMIC STATUS AND INCIDENCE OF CHILDHOOD ACUTE LYMPHOBLASTIC LEUKAEMIA IN ENGLAND AND WALES: ANALYSIS BY CENSUS WARD.
[Brassage de population, statut socio-économique et incidence de la leucémie lymphoblastique aigue en Angleterre et au Pays de Galles : Analyse par zone de recensement.]
Stiller CA, Kroll ME, Boyle PJ, Feng Z.
Br J Cancer. 2008; 98: 1006-1011.

Dans cette étude basée sur la population portant sur la leucémie lymphoblastique aigue (ALL) diagnostiquée chez des enfants de moins de 15 ans en Angleterre et au Pays de Galles entre 1986 et 1995, nous avons analysé l’incidence d’ALL au niveau de la zone du recensement en relation avec une gamme de variables obtenues lors du recensement de 1991, lesquelles pourraient être pertinentes pour les théories d’une étiologie infectieuse. Des mesures de « brassage de population », utilisés comme substituts de la quantité et de la diversité des infections entrant dans la communauté, ont été calculées à partir des données du recensement sur les origines et les destinations des migrants, dans l’année précédent le recensement. L’incidence entre les âges de 1 et de 4 ans tendait à être indépendamment plus élevée dans les zones rurales, d’augmenter avec la diversité des zones d’origine à partir desquelles les immigrants avaient déménagé pendant l’année précédant le recensement, et à être plus basse dans les zones les plus défavorisées telles que catégorisées par l’index Carstairs.

Cette dernière association était beaucoup plus faible en tenant compte du statut urbain/rural et de la diversité des immigrants. Il n’y avait pas d’indication d’une association avec le mixage de population ou la privation pour ALL iagnostiquée à la naissance ou entre 5 et 14 ans. L’apparente spécificité pour le groupe d’âge des jeunes enfants suggère que ces associations sont particulièrement marquées pour le précurseur des cellules B de l’ALL, avec le fait que la maladie présente plus de risque de se développer quand l’exposition retardée à l’infection entraîne une augmentation du stress immunologique, telle que prédit par Greaves. L’association avec la diversité des nouveaux venus, spécialement dans les zones rurales, est également cohérente avec l’incidence élevée de leucémie prédite par Kinlen dans les situations où le brassage de population résulte en une immunité pour l’agent infectieux inférieure à la moyenne.

AIR TOXICS AND EARLY CHILDHOOD ACUTE LYMPHOCYTIC LEUKEMIA IN TEXAS, A POPULATION BASED CASE CONTROL STUDY.
[Polluants atmosphériques toxiques et leucémie lymphoïde aiguë infantile au Texas, une étude cas-témoins.]
Symanski E, Tee Lewis PG, Chen TY, Chan W, Lai D, Ma X.
Environ Health. 2016; 15(1):70.

Les gaz d'échappement, les raffineries et les installations industrielles sont des sources importantes de substances toxiques dans l'air identifiées par l'Environmental Protection Agency des États-Unis (EPA) pour leurs risques potentiels sur la santé humaine. Les expositions in utero et au début de la vie aux substances toxiques atmosphériques tels que le benzène et le 1,3-butadiène, qui sont des leucémogènes connus chez les adultes, peuvent jouer un rôle dans l’étiologie de la leucémie infantile (majorité des cancers pédiatriques).

Les auteurs ont réalisé une étude cas-témoin basée sur la population afin d’examiner les effets du benzène, du 1,3-butadiène et de la matière organique polycyclique (POM) dans l'air ambiant résidentiel sur la leucémie lymphoïde aiguë (LLA) diagnostiquée chez les enfants de moins de 5 ans au Texas entre 1995-2011. Les données du registre du cancer du Texas ont été liés aux registres de naissance et ont ensuite été appariées selon le mois de naissance et l’année à aux données de 10 contrôles. Les caractéristiques maternelles et infantiles ont été extraites des certificats de naissance pour obtenir des informations sur les facteurs de confusion potentiels. L’exposition aux substances étudiées a été modélisées en reliant les adresses géocodées des mères à la naissance des enfants aux données de U.S. EPA National-Scale Air Toxics Assessment. Des modèles de régression logistique à effets mixtes ont été appliqués pour évaluer les associations entre les substances toxiques dans l'air et la leucémie infantile.

Dans les modèles ajustés de polluants uniques, les probabilités de leucémie des enfants des mères ayant les expositions les plus élevées comparées à celles du quartile le plus faible étaient de 1,11 (IC 95%: 0,94-1,32) pour POM, 1,17 (IC 95%: 0,98-1,39) pour le benzène et 1,29 (IC à 95%: 1,08-1,52) pour le 1,3-butadiène. Dans les modèles de co-polluants, les OR pour la leucémie infantile sont restés élevés pour le 1,3-butadiène mais étaient proches de la valeur nulle pour le benzène et le POM.

Conclusions : On a observé des associations positives entre le 1,3-butadiène et la leucémie infantile dans des modèles simples et de co-polluants alors que les estimations étaient réduites pour le benzène et le POM dans les modèles de co-polluants. L'exposition précoce au 1,3-butadiène plutôt qu'au benzène ou au POM semble augmenter le risque de leucémie aiguë lymphocytaire dans la petite enfance.

ACTIVATION OF MATERNAL EPSTEIN-BARR VIRUS INFECTION AND RISK OF ACUTE LEUKEMIA IN THE OFFSPRING.
[Activation de l’infection maternelle par le virus Epstein-Barr et risque de leucémie aigue dans la progéniture].
Tedeschi R, Bloigu A, Ogmundsdottir HM, Marus A, Dillner J, dePaoli P, Gudnadottir M, Koskela P, Pukkala E, Lehtinen T, Lehtinen M.
Am J Epidemiol. 2007; 165 : 134-137.

Après identification d’une association entre la réactivation du virus Epstein-Barr (EBV) chez la mère et la leucémie lymphoblastique aigue (ALL), les auteurs ont réalisé une étude cas-témoin ciblée (nested case-control study) dans des maternités finlandaises et islandaises pour confirmer le rôle de l’EBV dans ALL. La progéniture de 550 000 mères a été suivie jusqu’à l’âge de 15 ans entre 1975 et 1997 par les registres nationaux du cancer pour identifier les cas de leucémie. Les mères des cas et ¾ des mères appariées des témoins ont été identifiées par les registres nationaux de population.

Les sérums du premier trimestre de toutes les mères des 304 cas de ALL et 39 cas de non ALL et des 943 mères des témoins ont été analysés à la recherche d’anticorps des antigènes de la capsule virale, des antigènes précoces et de la protéine ZEBRA, transactivatrice de l’EBV. Le risque relatif, estimé en odds ratio (intervalle de confiance à 95%) a été ajusté pour l’ordre de naissance et la taille de la fratrie. La combinaison de l’antigène précurseur et/ou des anticorps IgG ZEBRA en présence d’anticorps IgM de l’antigène de la capsule virale n’augmente pas les estimations de risque d’ALL pour l’IgM de l’antigène de la capsule virale seul (OR = 1.9 IC 95% : 1.2-3.0). Les anticorps IgG ZEBRA et les anticorps IgM de l’antigène de la capsule virale étaient associés à une augmentation du risque de non ALL dans la progéniture (OR = 4.5, IC 95% : 1.3, 16; OR = 5.6, IC 95%: 1.1, 29, respectivement), suggérant une réactivation de l’EBV chez les mères de tous les cas non ALL.

Conclusion : la réactivation de l’EBV pourrait être associée à une proportion de leucémie infantile.

AETIOLOGICAL CLUES FROM THE DESCRIPTIVE EPIDEMIOLOGY OF CHILDHOOD ACUTE LYMPHATIC LEUKAEMIA AND OTHER MALIGNANCIES.
[Indices étiologiques venant de l’épidémiologie descriptive de la leucémie lymphoblastique aigue infantile et autres cancers]
Terracini B, Maule MM.
J Epidemiol Community Health. 2007 ; 61 : 180-181.

Il existe des indices d’une augmentation de l’incidence de cancer infantile, au moins dans les pays européens. Toutefois, notre capacité à faire la distinction entre les augmentations réelles d’incidence et l’amélioration des critères diagnostiques est inadéquate et il est souhaitable de confirmer que l’enregistrement des cas a été complet et constant dans le temps.

L’exposition intrautérine aux rayons X de diagnostic à des doses qui sont de nos jours obsolètes est un facteur de risque connu d’ALL. En comparaison aux cancers de l’adulte, les différences géographiques dans l’incidence de cancers infantiles sont limitées, ce qui suggère un rôle de facteurs génétiques, bien que l’histoire familiale n’explique qu’une minorité de cas. L’hypothèse des infections virales comme explication de cas d’ALL a été récemment renforcée par l’observation d’une relation entre des pics d’incidence d’ALL les années suivants immédiatement des épidémies de grippe. A ce jour, pour l’ALL aussi bien que pour d’autres cancers infantiles, il y a des éléments, mais pas de confirmations définitives, du rôle d’autres facteurs étiologiques potentiels tels que les champs électromagnétiques de fréquence très basse, la profession des parents, les expositions environnementales des enfants, les facteurs socio-économiques, l’âge des parents les caractéristiques périnatales et autres. Le tabagisme ne semble pas être associé au cancer infantile.

Encore plus que pour les cancers de l’adulte, pour les cancers infantiles, l’interaction entre les facteurs environnementaux et comportementaux cités ci-dessus et entre ceux-ci et les caractéristiques génétiques est largement méconnue.

MATERNAL AND CHILDHOOD CONSUMPTION OF COFFEE, TEA AND COLA BEVERAGES IN ASSOCIATION WITH CHILDHOOD LEUKEMIA: A META-ANALYSIS.
[Consommation de café, thé et boissons au cola par les mères et les enfants et leucémie infantile : une méta-analyse.]
Thomopoulos TP, Ntouvelis E, Diamantaras AA, Tzanoudaki M, Baka M, Hatzipantelis E, Kourti M, Polychronopoulou S, Sidi V, Stiakaki E, Moschovi M, Kantzanou M, Petridou ET.
Cancer Epidemiol. 2015;39(6):1047-1059.

L'objectif de ce travail était de relever d’une manière systématique les études et de réaliser une méta-analyse sur l’association entre la consommation de café, de thé et de cola et le développement de la leucémie infantile et ses principaux sous-types. Les études ont été identifiées grâce à un algorithme détaillé et une recherche manuelle dans les références des articles admissibles. Des estimations des effets globaux ont été calculées par sous-types de leucémie et des méta-analyses dose-réponse ont été effectuées.

Douze études cas-témoins, comprenant un total de 3649 cas et 5705 contrôles ont été incluses. Une consommation élevée de café par les mères a été associée positivement à la leucémie lymphoblastique aiguë (LLA ; OR 1,43, IC à 95%: 1,22 - 1,68) et à la leucémie myéloïde aiguë (LMA; OR: 2,52 IC à 95%: 1,59-3,57). Toute ou faible à modérée consommation de cola par les mères a aussi été positivement associée à la leucémie en général et ALL. Une tendance linéaire entre le café et la consommation de cola et la leucémie infantile a été observée dans les analyses dose-réponse. Au contraire, une consommation faible à modérée de thé a été inversement associée à la leucémie en général (OR 0,85, IC à 95% : 0,75-0,97), bien que la tendance ne soit pas significative. Une association nulle entre la consommation de cola par les enfants et la leucémie a été notée.

Conclusions : Ces résultats confirment l'association néfaste entre la consommation de café par les mères et le risque de leucémie infantile et fournissent des indications pour un rôle similaire de la consommation de cola par les mères. En revanche, une association inverse avec le thé a été trouvée, ce qui implique que d’autres micronutriments contenus dans cette boisson pourraient contrebalancer les effets délétères de la caféine. D'autres recherches devraient se concentrer sur l’apport en micronutriments spécifiques, sur différents types de café et de thé, sur les immunophénotypes spécifiques de la maladie, et sur l'effet « adaptatif » des polymorphismes génétiques.

RESIDENTIAL PESTICIDES AND CHILDHOOD LEUKEMIA: A SYSTEMATIC REVIEW AND META-ANALYSIS.
[Pesticides résidentiels et leucémie infantile: Revue systématique de la littérature et méta-analyse.]
Turner MC, Wigle DT, Krewski D.
Environ Health Perspect. 2010; 118: 33-41.

Les auteurs ont mené une revue systématique de la littérature et une méta-analyse d'études épidémiologiques observationnelles précédentes en examinant la relation entre les expositions aux pesticides résidentiels durant des fenêtres temporelles critiques (avant la conception, pendant la grossesse et pendant l'enfance) et la leucémie infantile. Des recherches via Medline et d'autres bases de données électroniques ont été menées (1950-2009). Les rapports étaient inclus s'ils comprenaient des études épidémiologiques originales de la leucémie infantile, suivaient un schéma d'étude de cohorte ou cas-témoins et évaluaient au moins un index d'exposition/usage de pesticides résidentiels/ménagers. Aucun critère de langue n'a été appliqué. La sélection des études, l'abstraction des données et l'évaluation de la qualité ont été réalisées par deux reviewers indépendants. Des modèles des effets aléatoires ont été utilisés pour obtenir des odd ratio résumés (OR) et des intervalles de confiance à 95% (IC). Des 17 études identifiées, 15 ont été inclues dans la méta-analyse. Les expositions pendant la grossesse à des pesticides résidentiels non spécifiques (OR 1.54; IC 95%, 1.13-2.11; I2 = 66%), à des insecticides (OR = 2.05; IC 95%, 1.80-2.32; I2 = 0%), et des herbicides (OR = 1.61; IC 95%, 1.20-2.16; I2 = 0%) étaient positivement associées à la leucémie infantile. Les expositions pendant l'enfance à des pesticides résidentiels non spécifiques (OR = 1.38; IC 95%, 1.12-1.70; I2 = 4%) et insecticides (OR = 1.61; IC 95%, 1.33-1.95; I2 = 0%) étaient également associées positivement à la leucémie infantile, mais il n'y avait pas d'association avec les herbicides.

Conclusions: Des associations positives ont été observées entre la leucémie infantile et les expositions résidentielles aux pesticides. Des recherches ultérieures sont nécessaires afin de confirmer les résultats précédents basés sur des auto-évaluations, d'examiner les relations potentielles exposition-réponse et d'évaluer de manière plus approfondie des pesticides spécifiques et toxicologiquement en relation avec des sous-groupes de pesticides.

 ADVANCED PATERNAL AGE AND CHILDHOOD CANCER IN OFFSPRING: A NATIONWIDE REGISTER-BASED COHORT STUDY.
[Age paternal avancé et cancer des enfants: une étude nationale de cohorte.]
Urhoj SK, Raaschou-Nielsen O, Hansen AV, Mortensen LH, Andersen PK, Nybo Andersen AM.
Int J Cancer. 2017; 140(11):2461-2472.

L'initiation du cancer est présumée se produire dans l'utérus pour de nombreux cancers infantiles et l'hypothèse du rôle de l'âge des pères est avancée en raison du nombre croissant de mutations dans l'ADN du sperme avec l’âge. Les auteurs ont examiné l'association entre l'âge des pères et des types spécifiques de cancer infantile dans une grande cohorte nationale de 1 904 363 enfants nés au Danemark entre 1978 et 2010. Les enfants ont été identifiés via le registre danois des naissances et des informations provenant d'autres registres nationaux, y compris le registre danois du cancer, ont été incluses. Au total, 3 492 enfants ont été diagnostiqués avant l'âge de 15 ans. Le taux de risque ajusté de cancer de l'enfant selon l'âge paternel a été estimé en utilisant des régressions de risque proportionnel de Cox. Un taux de risque supérieur de 13% (intervalle de confiance de 95%: 4-23%) a été constaté par tranche d’âge de 5 ans pour la leucémie lymphoblastique aiguë, alors qu'aucune association claire n'a été trouvée pour la leucémie myéloïde aiguë (ratio de risque 5 ans = 1,02, intervalle de confiance de 95%: 0,80-1,30). Les estimations pour les néoplasies du système nerveux central ont suggéré un taux de risque plus faible associé à un âge plus élevé (ratio de risque de 5 ans = 0,92, intervalle de confiance de 95%: 0,84-1,01). Aucune association claire n'a été trouvée pour les autres types de cancer infantiles.

Conclusions: Ces résultats suggèrent que l'âge paternel est modérément associé à un taux plus élevé de leucémie lymphoblastique aiguë chez l'enfant, mais pas à la leucémie myéloïde aiguë, alors qu'aucune conclusion ferme ne peut être tirée pour d'autres types spécifiques de cancers.

LEUKEMIA RISK IN CHILDREN EXPOSED TO BENZENE AND PM(10) FROM VEHICULAR TRAFFIC: A CASE-CONTROL STUDY IN AN ITALIAN POPULATION.
[Risque de leucémie chez les enfants exposés au benzène et au PM(10) : une étude cas-témoin en Italie.]
Vinceti M, Rothman KJ, Crespi CM, Sterni A, Cherubini A, Guerra L, Maffeis G, Ferretti E, Fabbi S, Teggi S, Consonni D, De Girolamo G, Meggiato A, Palazzi G, Paolucci P, Malagoli C.
Eur J Epidemiol. 2012; 27:781-7890.

Le benzène étant reconnu comme leucémogène chez l’adulte en milieu professionnel, il pourrait également augmenter le risque de leucémie infantile. Les auteurs ont réalisé une étude cas-témoin dans une communauté du nord de l'Italie impliquant 83 cas de leucémie aiguë (enfants diagnostiqués dans les années 1998-2009) et 332 témoins appariés.

Ils ont évalué l'exposition résidentielle au benzène et aux particules ≤ 10 µm (PM (10)) du trafic motorisé à l'aide d’un géocodage des résidences et d’une modélisation détaillée des émissions et de la dispersion. Les expositions au benzène, et dans une moindre mesure aux PM(10), semblent être associées de façon indépendante à un risque accru de leucémie. Lorsque les auteurs ont stratifié la population étudiée selon l’âge et le sous-type de leucémie, le risque relatif associé à l'exposition au benzène était plus élevé chez les enfants âgés de moins de 5 ans et, malgré de petits nombres, cette relation semble être nettement plus forte pour la leucémie myéloïde aiguë que pour la leucémie lymphoblastique aiguë.

Conclusion: Ces résultats montrent que l’exposition à des niveaux faibles de benzène du trafic motorisé pourrait augmenter le risque de leucémie infantile et suggèrent un effet indépendant possible des PM(10), bien que des facteurs de confusion non évalués dus à la présence d’autres polluants ne puissent être écartés.

SIGNIFICANCE OF GENETIC POLYMORPHISMS AT MULTIPLE LOCI OF CYP2E1 IN THE RISK OF DEVELOPMENT OF CHILDHOOD ACUTE LYMPHOBLASTIC LEUKEMIA.
[Signification des polymorphismes génétiques à locus multiples de CYP2E1 dans le risque de développer une leucémie lymphoblastique aigue infantile.]
Ulusoy G, Adali O, Tumer TB, Sahin G, Gozdasoglu S, Arinç E.
Oncology. 2007; 72: 125-131.

L’étiologie moléculaire de la leucémie lymphoblastique aigue (ALL) infantile implique probablement des interactions entre des facteurs environnementaux et une composante génétique. Comprendre les interactions entre différents gènes prédisposants impliqués dans le risque de développer une leucémie infantile est d’une importance considérable. CYP2E1 est un gène susceptible à cet égard, spécialement pour sa capacité à bioactiver beaucoup de procarcinogènes, incluant le benzène et le N-nitrosodimethylamine. Le gène CYP2E1 possède plusieurs polymorphismes chez l’homme et parmi eux, CYP2E1*5B et *6 ont été montrés comme étant associés à une augmentation du risque de plusieurs maladies chimiquement induites. Il existe des données limitées et contradictoires concernant l’association entre l’allèle variant CYP2E1*5B et l’ALL infantile, et aucune au sujet d’une telle association avec les allèles variants CYP2E1*6 et CYP2E1*7B. L’objectif de cette étude était d’investiguer l’association possible entre les allèles CYP2E1*5B, *6 et *7B, seuls ou combinés, avec le risque d’incidence d’ALL infantile dans une population turque.

Les génotypes des deux polymorphismes étaient déterminés par des techniques de polymorphisme de la longueur des fragments de restriction/PCR sur 207 contrôles en bonne santé et 168 patients. Aucun locus n’était associé à l’occurrence d’ALL infantile. D’un autre côté, quand les allèles CYP2E1*5B et *6 étaient considérés ensemble, le risque d’ALL infantile augmentait significativement (2,9 ; OR = 2,9, IC 95% 1,0-8,5, p<0,05). De plus, la présence d’au moins deux allèles variants de quelque combinaison que ce soit augmente significativement le risque de 3,9 fois, suggérant un effet combiné (OR = 3,9, IC 95% 1,4-11,0).

Conclusion : les individus porteurs des combinaisons des variants CYP2E1*5B, *6 et *7B réunis ont plus de risque de développer une ALL infantile.

A META-ANALYSIS OF THE ASSOCIATION BETWEEN DAY-CARE ATTENDANCE AND CHILDHOOD ACUTE LYMPHOBLASTIC LEUKAEMIA.
[Méta-analyse de l'association entre la présence dans les crèches/garderies et la leucémie lymphoblastique aigue infantile.]
Urayama KY, Buffler PA, Gallagher ER, Ayoob JM, Ma X.
Int J Epidemiol. 2010; 39: 718-732.

La leucémie lymphoblastique aiguë (ALL) pourrait résulter d'une réponse anormale à une, des infection(s) commune(s) contractée(s) lors d'un contact personnel avec des individus infectés. Une méta-analyse a été menée afin d'analyser la relation entre la présence dans les crèches et le risque d'ALL infantile, spécifiquement pour vérifier si l'exposition dans la prime enfance aux infections protégerait de l'ALL. Des recherches dans la base de données PubMed et dans les bibliographies des publications sur la leucémie infantile et les infections ont été menées. Quatorze études cas-témoins de toutes tailles, toutes localisations et publiées en anglais ont été inclues dans l'analyse. Les odd ration combinés (OR) basés sur un modèle d'effets aléatoires ont montré que la présence dans les crèches est associée à un risque réduit d'ALL [OR = 0.76, 95% Intervalle de confiance (IC): 0.67, 0.87]. Dans les analyses par sous-groupe évaluant l'influence de la période d'exposition, un effet similaire plus faible a été observé pour la présence dans les crèches dans la prime enfance (avant l'âge de 2 ans) (OR = 0.79, 95% IC: 0.65, 0.95) et la présence dans les crèches à une période non spécifiée (à n'importe quel moment avant le diagnostic) (OR = 0.81, 95% IC: 0.70, 0.94). Des résultats similaires ont été observés dans 7 études dans lesquelles les ALL communes étaient analysées séparément. Les estimations de risques réduits étaient également obtenues dans les analyses qui examinaient les sources de l'hétérogénéité des études.

Conclusions: Cette analyse apporte un support important à l'association entre l'exposition aux infections communes dans la prime enfance et la réduction du risque d'ALL. Les implications d'une étiologie en relation avec l'hygiène suggèrent que certaines formes d'interventions prophylactiques pourraient être possibles.

FACTORS ASSOCIATED WITH RESIDENTIAL MOBILITY IN CHILDREN WITH LEUKEMIA: IMPLICATIONS FOR ASSIGNING EXPOSURES.
[Facteurs associés à la mobilité résidentielle d'enfants leucémiques: implications pour définir les expositions.]
Urayama KY, Von Behren J, Reynolds P, Hertz A, Does M, Buffler PA.
Ann Epidemiol. 2009; 19(11): 834-840.

Dans les études épidémiologiques, la définition des caractéristiques du voisinage est souvent basé sur une seule résidence, malgré le fait que les personnes se déplacent beaucoup et, au niveau des études sur le cancer, que la fenêtre temporelle d'exposition pertinente n'est pas connue. Les auteurs ont évalué les modèles de mobilité résidentielle pour une étude basée sur une population d'enfants leucémiques inclus dans « the Northern California Childhood Leukemia Study ». L'historique résidentiel complet entre 1 an avant la naissance et la date du diagnostic a été obtenu pour 350 malades diagnostiqués entre 1995 et 2002. Toutes les résidences ont été assignées à un secteur de recensement (« U.S. Census block group ») à l'aide d'un système d'information géographique (SIG). D'une manière générale, 2/3 des enfants (65,8%) ont déménagé entre leur naissance et la date du diagnostic et 1/3 (34,5%) ont déménagé pendant la première année de leur vie. Environ 25% des mères ont déménagé l'année avant la naissance de l'enfant. Une analyse multivariée a montré qu'une plus grande mobilité résidentielle était associée au fait d'être plus vieux au moment du diagnostic, au plus jeune âge de la mère au moment de la naissance de l'enfant et aux plus faibles revenus du ménage. Parmi ceux ayant déménagé, le statut résidentiel urbain/rural entre la naissance et le diagnostic a changé pour 20% des sujets et le statut socioéconomique du voisinage pour 35%.

Conclusions : Ces résultats suggèrent que les estimations des caractéristiques du voisinage dans les études sur la santé devraient tenir compte des modèles de mobilité résidentielle. Les estimations qui se basent sur un seul lieu de résidence seraient susceptibles d'entraîner divers inférences.

POPULATION MIXING FOR LEUKAEMIA, LYMPHOMA AND CNS TUMOURS IN TEENAGERS AND YOUNG ADULTS IN ENGLAND, 1996-2005.
[Le brassage des populations dans la leucémie, le lymphome et les tumeurs du système nerveux central chez les adolescents et les adultes en Angleterre, 1996-2005.]
van Laar M, Stark DP, McKinney P, Parslow RC, Kinsey SE, Picton SV, Feltbower RG.
BMC Cancer. 2014; 14:698.

Peu de recherches épidémiologiques étiologiques ont été entreprises sur les principaux cancers survenant chez les adolescents et les jeunes adultes (AJA). Le brassage des populations, comme facteur indirect de l’exposition aux infections, a été bien documenté pour les tumeurs malignes de l’enfance. Les auteurs ont étudié les effets du brassage des populations dans le groupe d’âge des AJA en utilisant un ensemble de données nationales anglaises de cancer.

Les cas de leucémie, lymphome et de tumeurs du système nerveux central (SNC) chez les 15-24 ans en Angleterre (diagnostic entre 1996 et 2005) ont été inclus dans l’étude. Les données ont été obtenues selon le diagnostic et couplées aux variables de recensement de 1991 incluant le brassage des populations (indice de Shannon); des données de densité de population pondérée et la déprivation (score de Townsend) ont également été utilisées et considérées comme variables explicatives. Les associations entre l’incidence du cancer chez les AJA et Les variables du recensement ont été analysées à l’aide de la régression binomiale négative et les résultats ont été présentés sous la forme de rapports de taux d'incidence (IRR) avec des intervalles de confiance à 95% (IC).

6251 cas de leucémie (21%), de lymphome (49%) et de tumeurs du système nerveux central (30%) ont été analysés. Les plus hauts niveaux de brassage de population ont été associés à une diminution significative de tumeurs du système nerveux central (IRR = 0.83, 95% IC = 0.75-0.91), représentés par les astrocytomes et autres tumeurs du SNC; toutefois, il n’y avait pas d’association avec la leucémie ou les lymphomes. L'incidence des tumeurs du système nerveux central et des lymphomes était de 3% inférieure dans les zones les plus défavorisées (IRR = 0,97, IC à 95% = 0,96 - 0,99 et IRR = 0,97, IC à 95% 0,96 - 0,98, respectivement). La densité de population n'a pas été associée à l'incidence de la leucémie, de lymphomes ou de tumeurs du système nerveux central.

Conclusions: Ces résultats suggèrent un rôle possible des facteurs de risque de l'environnement avec des corrélats de la population dans l'étiologie des tumeurs du SNC chez les AJA. Contrairement aux études de cancer chez les enfants, des associations n'ont été observées entre le brassage des populations et l'incidence de la leucémie et du lymphome.

CHILDHOOD LEUKAEMIA AND PARENTAL OCCUPATIONAL EXPOSURE TO PESTICIDES: A SYSTEMATIC REVIEW AND META-ANALYSIS.
[Leucémie infantile et exposition professionnelle des parents aux pesticides: Revue systématique et méta-analyse.]
Van Maele-Fabry G, Lantin AC, Hoet P, Lison D.
Cancer Causes Control. 2010; 21: 787-809.

L'objectif de cette étude était de mener une revue systématique et une méta-analyse des études publiées sur l'association entre l'exposition professionnelle des parents aux pesticides et la leucémie infantile.

Les études ont été identifiées par une recherche dans MEDLINE jusqu'au 31 juillet 2009 et à partir de la bibliographie des publications retenues. Les estimations de risque relatif (RR) ont été extraites des 25 études publiées entre 1985 et 2008. Les estimations de meta-rate ratio (mRR) ont été calculées en accord avec les modèles de méta-analyses aux effets fixes et aléatoires. Des analyses distinctes ont été menées après stratification selon la conception de l'étude, la définition de l'exposition (travail dans une ferme/une exploitation agricole supposant une exposition aux pesticides versus une exposition à des pesticides stipulés), le parent exposé, la fenêtre d'exposition, le type de leucémie et de la catégorie de biocide.

Aucune association statistiquement significative entre la leucémie infantile et l'occupation professionnelle des parents comme fermiers ou travailleurs agricoles n'a été observées. Quand l'exposition aux pesticides étaient stipulées, des associations positives ont été rapportées pour l'exposition maternelle pour toutes les études combinées (mRR: 1.62; 95% CI: 1.22-2.16), dans toutes les fenêtres d'exposition considérées et pour la leucémie aigue non lymphocytique (ANLL). Il n'existe pas d'association avec l'exposition des pères lorsque les études sont combinées (mRR: 1.14; 95% CI: 0.76-1.69). Toutefois, des risques significativement plus élevés ont été observés pour l'exposition paternelle, dans certaines fenêtres d'exposition ainsi que pour la catégorie des biocides.

Conclusion: La plus forte indication d'un risque plus élevé de leucémie infantile vient des études sur l'exposition professionnelle des mères aux pesticides. Les associations avec l'exposition des pères sont plus faibles et moins cohérentes. Ces résultats ajoutent des indications dans les recommandations visant à limiter l'exposition professionnelle des parents aux pesticides. Ces résultats supportent également l'intérêt de faire davantage confiance aux études qui stipulent clairement les pesticides plutôt que sur celles qui font l'hypothèse de l'exposition aux pesticides en raison du travail dans une ferme ou une exploitation agricole.

RESIDENTIAL EXPOSURE TO PESTICIDES AND CHILDHOOD LEUKAEMIA: A SYSTEMATIC REVIEW AND META-ANALYSIS.
[Exposition résidentielle aux pesticides et leucémie infantile: Revue systématique et méta-analyse.]
Van Maele-Fabry G, Lantin AC, Hoet P, Lison D.
Environ Int. 2011; 37: 280-291.

L'objectif de cette étude est de mener une revue systématique des études publiées sur l'association entre l'exposition résidentielle/domestique aux pesticides et la leucémie infantile et d'apporter une estimation quantitative du risque.

Les publications en anglais ont été recherchées dans Medline (1966-31 décembre 2009) et à partir des listes de références des publications identifiées. L'extraction des estimations de risque relatif (RR) a été menée indépendamment par deux auteurs à l'aide de critères d'inclusion prédéfinis. Des estimations meta-rate ratio (mRR) ont été calculées selon des modèles d'effets fixes ou aléatoires. Des analyses séparées ont été menées après stratification selon la fenêtre d'exposition, la localisation de l'exposition résidentielle, la catégorie de pesticides et le type de leucémie.

Les estimations de RR ont été extraites de 13 études cas-témoins publiées entre 1987 et 2007. Des associations statistiquement significatives ont été observées lorsque toutes les études étaient combinées (mRR: 1.74, 95% IC: 1.37-2.21). L'exposition pendant et après la grossesse était positivement associée à la leucémie infantile, avec un risque plus grand pour l'exposition pendant la grossesse (mRR: 2.19, 95% IC: 1.92-2.50). Les autres stratifications ont montré des estimations plus élevées des risques pour les expositions intérieures (mRR: 1.74, 95% IC: 1.45-2.09), pour l'exposition aux insecticides (mRR: 1.73, 95% IC: 1.33-2.26) ainsi que pour la leucémie aigue non lymphocytique (ANLL) (mRR: 2.30, 95% IC: 1.53-3.45). L'exposition extérieure et l'exposition des enfants aux herbicides (après la grossesse) n'était pas significativement associée à la leucémie (mRR: 1.21, 95% IC: 0.97-1.52; mRR: 1.16, 95% IC: 0.76-1.76, respectivement).

Conclusions: Ces résultats supportent la présomption d'un risque lié à l'exposition résidentielle aux pesticides dans le cadre de la leucémie infantile, mais les données disponibles étaient trop rares pour établir un lien de causalité. Il pourrait être opportun de considérer des actions préventives, incluant des mesures éducatives, dans le but de diminuer l'utilisation des pesticides à des fins domestiques et particulièrement l'utilisation des insecticides à l'intérieur des habitations pendant la grossesse.

EXPOSURE TO PESTICIDES AND RISK OF CHILDHOOD CANCER: A META-ANALYSIS OF RECENT EPIDEMIOLOGICAL STUDIES.
[Exposition aux pesticides et risque de cancer infantile: une méta-analyse d'étude épidémiologiques récentes.]
Vinson F, Merhi M, Baldi I, Raynal H, Gamet-Payrastre L.
Occup Environ Med. 2011; 68: 694-702.

Les auteurs ont réalisé une méta-analyse des études cas-témoins et des études de cohortes afin de clarifier la relation possible entre l'exposition aux pesticides et les cancers infantiles.

Deux études de cohorte et 38 études cas-témoins ont été sélectionnées pour la première méta-analyse. Après avoir évalué l'homogénéité entre les études à l'aide du test Q de Cochran, les auteurs ont calculé un méta-OR pour chaque site de cancer. Les auteurs ont ensuite construit une liste de variables censées jouer un rôle important dans l'explication de la relation entre l'exposition parentale aux pesticides et le cancer chez l'enfant, et ils ont effectué une série de méta-analyses. Les auteurs ont également effectué une méta-analyse distincte pour les trois études de cohorte avec des données RR.

La méta-analyse des trois études de cohorte n'a montré aucun lien positif entre l'exposition aux pesticides des parents et l'incidence du cancer chez les enfants. Cependant, la méta-analyse des 40 études avec les valeurs OR ont montré que le risque de lymphome et de leucémie augmentait de manière significative chez les enfants exposés lorsque leur mère avait été exposée au cours de la période prénatale (OR = 1,53, IC 95% 1,22 à 1,91 et OR = 1,48 IC à 95% de 1,26 à 1,75). Le risque de cancer du cerveau était corrélé à l'exposition paternelle avant ou après la naissance (OR = 1,49, IC 95% 1,23 à 1,79 et OR = 1,66, IC 95% 1,11 à 2,49). L'OR de la leucémie et du lymphome était plus élevé lorsque la mère était exposée aux pesticides (utilisation à domicile ou lors d'une exposition professionnelle). Inversement, l'incidence de cancer du cerveau était influencée par l'exposition du père (activité professionnelle ou de l'utilisation des pesticides domestiques ou de jardin).

Conclusion: Malgré certaines limites à cette étude, l'incidence des cancers de l'enfant semble être associée à l'exposition des parents durant la période prénatale.

RESIDENTIAL TRAFFIC DENSITY AND CHILDHOOD LEUKEMIA RISK.
[Densité de trafic à proximité du domicile et risque de leucémie infantile.]
Von Behren J , Reynolds P , Gunier RB , Rull RP , Hertz A , Urayama KY , Kronish D , Buffler PA .
Cancer Epidemiol Biomarkers Prev, 2008; 9: 2298-2301

Les expositions aux composés carcinogènes des gaz d'échappement des véhicules pourraient augmenter le risque de leucémie infantile, et la durée d'exposition pourrait être un paramètre important. Les auteurs ont analysé l'association entre la densité de trafic et le risque de leucémie infantile sur trois périodes de temps : la naissance, le moment du diagnostic et la durée moyenne de vie, en se basant sur l'historique complet des lieux de résidence dans une étude cas-témoins. Les cas ont rapidement été identifiés à partir des hôpitaux participants du nord et du centre de la Californie, entre 1995 et 2002. Les contrôles ont été sélectionnés dans des registres de naissance, et ont été individuellement appariés selon l'âge, le sexe, la race, et l'ethnicité hispanique. La densité de trafic a été calculée en estimant les miles totaux parcourus par les véhicules par mile carré dans une zone de 152 m de rayon autour du domicile. Des analyses de régression logistique conditionnelle ont été utilisées pour tenir compte des facteurs appariés et réaliser des ajustements en fonction des revenus des ménages. 310 cas de leucémie lymphocytique aigue (ALL) et 396 contrôles ont été inclus dans les analyses. L' odd ratio (OR) d'ALL et d'une densité de trafic résidentielle supérieure au percentile 75, en comparaison avec les sujets vivant dans des zones où la densité de trafic est nulle, était de 1.17 [intervalle de confiance à 95 %, 0.76-1.81] pour la résidence au moment du diagnostic et 1.11 (IC 95%, 0.70-1.78) pour la résidence à la naissance. Pour la densité de trafic sur la durée moyenne de vie, l'OR était de 1.24 (IC 95%, 0.74-2.08) pour la catégorie d'exposition la plus élevée.

Conclusion: Vivre dans une zone à haute densité de trafic, quelque soit la période d'exposition, n'est pas associé à une augmentation du risque d'ALL infantile dans cette étude.

DNA REPAIR GENE XPD POLYMORPHISMS AND CANCER RISK: A META-ANALYSIS BASED ON 56 CASE-CONTROL STUDIES.
[Polymorphismes du gène XPD de réparation de l’ADN et risque de cancer : une méta analyse basée sur 56 études cas-témoin].
Wang F, Chang D, Hu FL, Sui H, Han B, Li DD, Zhao YS.
Cancer Epidemiol Biomarkers Prev. 2008;17: 507-517.

Les variations génétiques du gène XPD pourraient augmenter la prédisposition au cancer en affectant la capacité de réparation de l’ADN. Plusieurs études ont analysé cette possibilité ; toutefois, les conclusions restent controversées. Les
auteurs ont donc fait une revue systématique et ont réalisé une méta-analyse pour explorer l’association. A partir de 56 études, un total de 61 comparaisons incluant 25 932 cas et 27 733 témoins concernant le polymorphisme Lys(751)Gln et 35 comparaisons incluant 16 781 cas et 18 879 témoins dans le cas de Asp(312)Asn ont été analysées.

Dans cette analyse, de faibles associations du polymorphisme de XPD Lys(751)Gln avec le risque de cancer de l’oesophage ([pour Lys/Gln versus Lys/Lys: odds ratio (OR), 1.34; intervalle de confiance (IC 95%), 1.10-1.64; pour Gln/Gln versus Lys/Lys: OR, 1.61; IC 95%, 1.16-2.25] et de leucémie lymphoblastique aigue (pour Gln/Gln versus Lys/Lys: OR, 1.83; IC 95%, 1.21-2.75) ont été montrées. D’une manière générale, les individus avec le génotype Gln/Gln présente un risque plus faible de cancer comparés au génotype Lys/Lys pour le cancer en général (OR, 1.10; IC 95%, 1.03-1.16). Un faible mais significatif risque de cancer a été observé pour le polymorphisme XPD Asp(312)Asn dans le cancer de la vessie (pour Asp/Asn versus Asp/Asp: OR, 1.24; IC 95%, 1.06-1.46). Aucune association significative n’a été mise en évidence pour d’autres cancers pris isolément et pour l’ensemble des cancers analysés évalués pour le polymorphisme Asp(312)Asn.

Conclusion : Cette étude suggère que XPD est un gène candidat pour la prédisposition au cancer, indépendamment des facteurs environnementaux.

RESIDENTIAL LEVELS OF POLYBROMINATED DIPHENYL ETHERS AND RISK OF CHILDHOOD ACUTE LYMPHOBLASTIC LEUKEMIA IN CALIFORNIA.
[Niveaux résidentiels des éthers diphényliques polybromés et risques de leucémie lymphoblastique aigue infantile en Californie.]
Ward MH, Colt JS, Deziel NC, Whitehead TP, Reynolds P, Gunier RB, Nishioka M, Dahl GV, Rappaport SM, Buffler PA, Metayer C.
Environ Health Perspect. 2014; 122(10):1110-1116.

La poussière dans les maisons est une source majeure d'exposition aux éthers diphényliques polybromés (PBDE), qui se trouvent à des niveaux élevés dans les foyers américains.

Les auteurs ont étudié 167 enfants (0-7 ans) atteints de leucémie lymphoblastique aiguë (ALL) et 214 contrôles appariés selon la date de naissance, le sexe et la race / ethnicité (étude de la leucémie infantile en Californie du Nord). Entre 2001-2007, les auteurs ont prélevé des échantillons de la moquette de la pièce où l'enfant a passé le plus de temps éveillé à l’aide d’un échantillonneur ‘petite surface – grand volume’ et en prenant la poussière de l'aspirateur de la maison. Les concentrations de 14 dérivés de PBDE, y compris penta (28, 47, 99, 100, 153, 154), octa (183, 196, 197, 203), et déca-BDE (206-209) ont été mesurés. Les odds ratios (OR) ont été calculés par régression logistique, avec ajustement pour la démographie, le revenu, l’année de collecte de la poussière, et la méthode d'échantillonnage.

Les concentrations les plus élevées ont été observées pour BDE-47, BDE-99 et BDE-209 (médianes, 1173, 1579, et de 938 ng / g, respectivement). En comparant les quartiles les plus élevés et les plus bas, les auteurs n’ont trouvé aucune association avec ALL pour les pentaBDEs additionnées (OR = 0,7; IC à 95%: 0,4, 1,3), les octaBDEs (OR = 1,3; IC à 95%: 0,7, 2,3), ou les décaBDEs (OR = 1,0; IC 95%: 0,6, 1,8). En comparant les résultats des maisons du tertile le plus élevé (nanogrammes par gramme) à ceux sans détection, un risque accru d’ALL a été observé pour le BDE-196 (OR = 2,1; IC 95%: 1,1, 3,8), le BDE-203 (OR = 2,0; 95% CI: 1,1, 3,6), le BDE-206 (OR = 2,1; IC 95%: 1,1, 3,9), et le BDE-207 (OR = 2,0; IC 95%: 1,03, 3,8).

Conclusions: Les auteurs n’ont trouvé aucune association entre ALL et les PBDE communs, mais ont observé des associations positives pour des octa et nonaBDEs spécifiques. Des études supplémentaires avec des échantillonnages répétés et des mesures biologiques seraient informatives.

RESIDENTIAL EXPOSURE TO POLYCHLORINATED BIPHENYLS AND ORGANOCHLORINE PESTICIDES AND RISK OF CHILDHOOD LEUKEMIA.
[Exposition résidentielle aux pesticides organochlorés et aux polychlorobiphényles et risque de leucémie infantile.]
Ward MH , Colt JS , Metayer C , Gunier RB , Lubin J , Crouse V , Nishioka MG , Reynolds P , Buffler PA .
Environ Health Perspect. 2009;117(6):1007-1013.

L'incidence de leucémie infantile dans les pays industrialisés a augmenté significativement entre 1975 et 2004 et les raisons de cette augmentation ne sont pas comprises. Les auteurs ont utilisé la poussière de tapis comme indicateur de l'exposition afin d'analyser le risque de leucémie infantile en relation avec l'exposition résidentielle à des produits chimiques organochlorés persistants : 6 composés polychlorobiphényles (PCB) et les pesticides alpha- et gamma-chlordane, p,p'-DDT (dichlorodiphenyltrichloroethane), p,p'-DDE (dichlorodiphenyl-dichloroethylene), methoxychlore, et pentachlorophenol. Une étude cas-témoins basée sur la population a été menée dans 35 provinces de Californie centrale et du nord entre 2001 et 2006. L'étude a inclus 184 cas de leucémie lymphocytaire aigue (ALL) diagnostiquée entre 0 et 7 ans et 212 contrôles appariés avec les cas selon l'année de naissance, le sexe, la race et l'ethnicité hispanique. Les échantillons de poussières des tapis placés dans les pièces où les enfants ont passé le plus de temps ont été relevés avec un aspirateur spécialisé. La détection de PCB dans la poussière entraînait un risque doublé d'ALL [odds ratio (OR) = 1.97; Intervalle de confiance 95% (IC), 1.22-3.17]. En comparaison avec les enfants se trouvant dans le quartile le plus bas en PCB totaux, ceux appartenant au quartile le plus élevé présentaient un risque triplé (OR = 2.78; IC 95%, 1.41-5.48), et la tendance positive était significative (p = 0.017). Des tendances positives significatives du risque d'ALL étaient apparentes avec l'augmentation des concentrations des composés PCB 118, 138 et 153. Nous n'avons observé aucune associations positive significative avec le chlordane, le DDT, DDE methoxychlore ou pentachlorophenol. Les associations avec les PCB étaient plus fortes chez les blancs non-hispaniques que chez les hispaniques, malgré des distributions similaires des niveaux de PCB chez les contrôles de chaque groupe racial/ethnique.

Conclusions: ces résultats suggèrent que les PCB, considérés comme carcinogènes probables pour l'homme et à l'origine de perturbations du système immunitaire, pourraient représenter un facteur de risque, jusqu'ici non reconnu, de leucémie infantile.

CHILDHOOD LEUKEMIA DEVELOPMENT AND CORRELATION WITH TRAFFIC AIR POLLUTION IN TAIWAN USING NITROGEN DIOXIDE AS AN AIR POLLUTANT MARKER.
[Développement de la leucémie infantile et corrélation avec la pollution de l’air associée à la circulation à Taiwan en utilisant le dioxyde d’azote comme marqueur de la pollution de l’air.]
Weng HH, Tsai SS, Chen CC, Chiu HF, Wu TN, Yang CY.
J Toxicol Environ Health A. 2008; 71: 434-438.

Pour étudier la relation entre la pollution de l’air liée à la circulation et le développement de leucémie infantile (14 ans ou plus jeune), les études ont été conduites sur une cohorte de cas cancéreux-témoin appariés en utilisant comme critère les décès d’enfants survenus à Taiwan entre 1995 et 2005. Les données de tous les décès par leucémie infantile ont été obtenues via le Bureau des Statistiques Vitales du Département Provincial de la Santé de Taiwan. Le groupe témoin incluait des enfants décédés de causes autres que des néoplasmes ou des maladies non associées à des complications respiratoires. Les témoins étaient appariés selon le genre, l’année de naissance et l’année de décès. Chaque témoin apparié était aléatoirement sélectionné à partir d’un ensemble de contrôles possibles pour chaque cas. Les données de la qualité de l’air, basées sur des enregistrements des concentrations de dioxyde d’azote (NO2) dans les municipalités étudiées entre 1995 et 2005 ont été utilisées comme indicateurs de l’exposition des sujets aux émissions des véhicules à moteur. Les sujets ont été divisés en 3 groupes selon le niveau de NO2 dans leur municipalité de résidence.

Les résultats ont montré l’existence d’une relation exposition-réponse significative entre l’exposition aux polluants des gaz d’échappement de la circulation et le risque de leucémie parmi les jeunes enfants, après contrôle de possibles facteurs confondants. Les résultats de cette étude nécessitent des études supplémentaires sur le rôle de la pollution de l’air liée à la circulation dans l’étiologie de la leucémie infantile.

CHILDHOOD LEUKEMIA AND TRAFFIC AIR POLLUTION IN TAIWAN: PETROL STATION DENSITY AS AN INDICATOR.
[Leucémie infantile et pollution de l’air due au trafic à Taiwan: la densité des stations services comme indicateur.]
Weng HH, Tsai SS, Chiu HF, Wu TN, Yang CY.
J Toxicol Environ Health A. 2009;72: 83-87.

Pour analyser la relation entre l’exposition à la pollution de l’air due au trafic et le développement de la leucémie infantile (14 ans ou moins), une étude cas-témoins appariés a été menée à partir des décès infantiles survenus à Taiwan entre 1996 et 2006. Les données de tous les décès éligibles par leucémie infantile ont été obtenus du Bureau of Vital Statistics of the Taiwan Provincial Department of Health. Le groupe contrôle comprend des enfants décédés pour des raisons autres que des néoplasmes ou des maladies qui ne sont pas associées à des complications respiratoires. Les contrôles ont été appariés un à un avec les enfants décédés par leucémie selon le genre, l’année de naissance et l’année du décès. Chaque contrôle apparié était sélectionné aléatoirement à partir de la liste des contrôles possibles pour chaque cas. Les données sur le nombre de stations services dans les villes étudiées ont été collectées dans deux grandes compagnies pétrolières, la « Chinese Petroleum Corporation (CPC) » et la « Formosa Petrochemical Corporation (FPCC) ». La densité de stations services (par kilomètre carré) (PKC) pour les villes étudiées a été utilisée comme indicateur de l’exposition des enfants au benzène et autres hydrocarbures présents dans l’évaporation du pétrole ou dans les émissions dans l’air des véhicules à moteur. Les sujets ont été divisés en tertiles, selon le PKC de leur ville de résidence. Les résultats montrent qu’il y avait une relation exposition-réponse significative entre PKC et le risque de développement d’une leucémie chez les jeunes enfants, après contrôle de possibles facteurs de confusion.

Conclusions : Les résultats de cette étude justifient l’intérêt de recherches supplémentaires sur le rôle de l’exposition à la pollution de l’air par le trafic dans l’étiologie de la leucémie infantile.

ASSOCIATION OF CHILDHOOD LEUKEMIA WITH RESIDENTIAL EXPOSURE TO PETROCHEMICAL AIR POLLUTION IN TAIWAN.
[Association de la leucémie infantile avec l’exposition résidentielle aux polluants pétrochimiques de l’air à Taïwan.]
Weng HH, Tsai SS, Chiu HF, Wu TN, Yang CY.
Inhal Toxicol. 2008; 20: 31-36.

Pour étudier la relation entre la pollution pétrochimique de l’air et la leucémie infantile (19 ans et plus jeunes), les auteurs ont mené une étude cas-témoins appariés à partir des décès infantiles survenus à Taïwan entre 1995 et 2005. Les données de tous les décès par leucémie infantile ont été obtenues grâce au Bureau des Statistiques Vitales du Département Provincial de la Santé de Taiwan. Le groupe témoin incluait des enfants décédés de causes autres que des néoplasmes ou des maladies non associées à des problèmes respiratoires. Les témoins étaient appariés aux cas en fonction de leur sexe, leur année de naissance et leur année de décès. Chaque témoin apparié était aléatoirement sélectionné à partir d’un ensemble de témoins possibles pour chaque cas.

La proportion de la population totale d’une municipalité employée dans l’industrie pétrochimique d’une municipalité a été utilisée comme un indicateur de l’exposition des résidents aux émissions dans l’air de l’industrie pétrochimique. Les sujets ontété divisés en 3 groupes (< ou = au 25e percentile, entre le 25e et le 75e percentile, au dessus du 75e percentile) en fonction des niveaux de l’index décrit ci-dessus. Après contrôle des facteurs confondants potentiels, les résultats indiquent que les enfants qui vivaient dans le groupe de municipalités caractérisées par les plus hauts niveaux de pollution pétrochimique de l’air présentaient un risque statistiquement plus élevé de développer une leucémie que le groupe qui vivaient dans des municipalités où les niveaux de pollutions étaient les plus faibles. Les résultats de cette étude éclairent de manière importante la relation entre l’industrie pétrochimique taiwanaise et les risques sur la santé humaine.

HOME REMODELING AND RISK OF CHILDHOOD LEUKEMIA.
[Rénovation des maisons et risque de leucémie infantile.]
Whitehead TP, Adhatamsoontra P, Wang Y, Arcolin E, Sender L, Selvin S, Metayer C.
Ann Epidemiol. 2017;27(2):140-144.e4.

Les auteurs ont analysé la relation entre le risque de leucémie infantile et la rénovation des maisons, un substitut des expositions chimiques intérieures. Ils ont recueilli les informations sur les activités de rénovation réalisées entre la naissance et le diagnostic dans les maisons de 609 cas de leucémie lymphoïde aigue (ALL), 89 cas de leucémie myéloïde aigue (AML) et 893 contrôles appariés participant à l’étude californienne de la leucémie infantile (1995-2008). Une régression logistique multivariée a été utilisée pour estimer les risques de ALL et AML associés à 6 activités de rénovation : construction, peinture, placement d’une moquette, d’un nouveau plancher, toiture et imperméabilisation. Les modèles ont été ajustés selon l’âge, le sexe, l’origine ethnique hispanique, la race, le revenu du ménage et la mobilité résidentielle.

Les travaux de construction dans la maison entre la naissance et le diagnostic sont associés à une augmentation significative du risque d’ALL (odds ratio [OR] : 1,52, intervalle de confiance à 95% [IC] : 1,14-2,02) et un risque accru non significatif d’AML (OR: 1.75, IC 95%: 0.98-3.15). Aucune autre activité de rénovation n’est associée aux risques d’ALL et d’AML dans l’analyse globale, mais une relation positive entre le risque d’ALL et la peinture a été relevée chez les enfants d’origine hispanique (OR: 1.47, IC 95% : 1.04-2.07).

Conclusions: Certaines activités de rénovation semblent être associées à un risque accru d’ALL infantile.

CHILDHOOD LEUKEMIA AND PRIMARY PREVENTION.
[Leucémie infantile et prévention primaire]
Whitehead TP, Metayer C, Wiemels JL, Singer AW, Miller MD.
Curr Probl Pediatr Adolesc Health Care. 2016;46(10):317-352.

La leucémie est le cancer pédiatrique le plus fréquent, touchant 3800 enfants par an aux États-Unis. Son incidence annuelle a augmenté au cours des dernières décennies, en particulier chez les Latinos. Bien que la plupart des enfants diagnostiqués soient maintenant guéris, beaucoup souffrent de complications à long terme, et des efforts de prévention primaire sont urgemment nécessaires. L'apparition précoce de la leucémie - habituellement avant l'âge de 5 ans - et la présence à la naissance de signatures génétiques « pré-leucémiques » indiquent que des événements périnatals sont critiques dans le développement de la maladie. Contrairement à la plupart des autres cancers pédiatriques, de plus en plus d’études, aux Etats-Unis et à l'étranger, relient plusieurs facteurs de risque environnementaux, infectieux et alimentaires dans l'étiologie de la leucémie infantile, principalement la leucémie lymphoblastique aiguë, le sous-type le plus fréquent. Par exemple, les expositions aux pesticides, à la fumée de tabac, aux solvants et aux gaz d’échappement seraient associées au risque de développer une leucémie infantile. En revanche, la prise de vitamines et de folate pendant la période de préconception ou la grossesse, l'allaitement maternel et l'exposition à de simples infections infantiles réduiraient le risque de leucémie infantile. Certains enfants pourraient être particulièrement vulnérables à ces facteurs de risque, comme le démontre la proportion importante de leucémie infantile dans la population latino de Californie. Les résultats des études soutenant les associations entre la leucémie infantile et ces facteurs de risque, y compris les analyses groupées à travers le monde et les revues systématiques, sont robustes ; Cependant, la diffusion de ces connaissances aux cliniciens reste limitée.

Conclusions : Pour protéger la santé des enfants, il est prudent de lancer des programmes conçus pour modifier l'exposition à ces facteurs de risque de leucémie plutôt que de suspendre le jugement jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'incertitude. Les programmes de prévention primaire de la leucémie infantile entraîneraient également la réduction d'autres effets nocifs sur la santé courants chez les enfants, tels que des altérations du développement neurocognitif.

CHILDHOOD LYMPHOHEMATOPOIETIC CANCER INCIDENCE AND HAZARDOUS AIR POLLUTANTS IN SOUTHEAST TEXAS, 1995-2004.
[Incidence de cancers lymphohématopoïétiques infantiles et polluants de l’air dangereux dans le sud-est du Texas, 1995-2004.]
Whitworth KW, Symanski E, Coker AL.
Environ Health Perspect. 2008; 116 : 1576-1580.

On s'intéresse de plus en plus au rôle des polluants atmosphériques, dont le benzène et le 1,3-butadiène, dans l'étiologie des cancers infantiles. L'objectif de cette étude était d'évaluer si les secteurs de recensement présentant les plus hauts niveaux de benzène ou de 1,3-butadiène dans l’air ambiant avaient une augmentation de l'incidence de cancer lymphohématopoïétique infantile. Cette analyse écologique inclus 977 cas de cancer lymphohématopoïétique infantile diagnostiqués entre 1995-2004. Les estimations des concentrations de benzène et de 1,3-butadiène dans 886 secteurs de recensement des environs de Houston (réalisés par la « US Environmental Protection Agency » en 1999) ont été obtenus. Des modèles de régression de Poisson ont été implémentés par polluant pour explorer les associations entre les niveaux de polluants et les taux de cancer par secteur de recensement. Les modèles ont été ajustés pour l'âge, le sexe, la race/ appartenance ethnique, et le statut socio-économique au niveau des communautés (CSES).

Les secteurs de recensement avec les plus hauts niveaux de benzène ont des taux élevés de toutes les leucémies [rate ratio (RR) = 1,37, intervalle de confiance 95% (IC), 1.05, 1.78]. Cette association était plus importante pour la leucémie myéloïde aiguë (AML) (RR = 2,02 95% IC, 1.03-3.96) que pour la leucémie lymphoblastique aiguë (ALL) (RR = 1,24 95% IC, 0.92-1.66). Parmi les secteurs de recensement avec les plus hauts niveaux de 1,3-butadiène, nous avons observé un RR de 1,40 (95% IC, 1.07-1.81), 1,68 (95% IC, 0.84-3.35) et 1,32 (95% IC, 0.98-1.77) respectivement pour toutes les leucémies, pour AML et pour ALL. Aucune association entre les niveaux de benzène ou 1,3-butadiène et l’incidence des lymphomes n’a été mise en avant. Les résultats qui ont examiné l'exposition conjointe au benzène et au 1,3-butadiène sont similaires à ceux qui ont examiné chaque polluant séparément.

Conclusion: Cette analyse écologique suggère une association entre la leucémie infantile et la pollution à risque de l'air ; d'autres recherches utilisant des méthodologies plus sophistiquées sont nécessaires.

PERSPECTIVES ON THE CAUSES OF CHILDHOOD LEUKEMIA.
[Point de vue sur les causes de la leucémie infantile.]
Wiemels J.
Chem Biol Interact. 2012; 196: 59-67.

La leucémie aiguë est le cancer le plus fréquent chez les enfants, mais dans la plupart des cas les causes de la maladie ne sont pas connues. Environ 80% sont, à l'origine, des précurseurs de cellules-B (CD19+, CD10+), et l’incidence de cet immunophénotype a augmenté au cours des dernières décennies dans le monde occidental. Une part de cette augmentation peut être due à de nouvelles expositions aux produits chimiques dans l'environnement de l'enfant, y compris le tabagisme des parents, les pesticides, les gaz d’échappement, la peinture et les produits chimiques ménagers. Cependant, une grande partie de l'augmentation des taux de leucémie est probablement liée à la modification des modes d'infection au cours de la petite enfance, reproduisant les relations causales responsables d'une incidence accrue de maladies immunitaires diagnostiquée dans l’enfance comme par exemple les allergies, l'asthme et le diabète de type 1.

Les facteurs liés à la leucémie infantile qui sont des substituts possibles de la stimulation immunitaire comprennent l'exposition en milieu de garde, le statut de parité et l'ordre de naissance, la vaccination, et le mixage de la population. Dans les études cas-témoins, la leucémie aiguë lymphoblastique (LAL) est inversement associée à une plus grande exposition aux infections, par l'intermédiaire de la garderie et l'ordre de naissance. De nouvelles indications suggèrent également que les enfants qui contractent la leucémie pourraient être porteurs d’un défaut congénital de la réponse immunitaire, comme indiqué par les niveaux inférieurs de la cytokine immunosuppressive IL-10 à la naissance chez ces enfants, ainsi que davantage de besoins de soins cliniques pour des infections au cours de la première année de vie, malgré une moindre d’exposition aux infections. Une manifestation de ce phénomène pourrait être les grappes de leucémie qui ont tendance à apparaître comme une "épidémie" au sein de populations à faible immunité collective contre toutes nouvelles infections.

Conclusion: Les réponses critiques à l'étiologie de la leucémie de l'enfant nécessite d’intégrer de nouveaux outils dans les approches épidémiologiques classiques - y compris la classification de la leucémie à l'échelle moléculaire, une meilleure évaluation de l'exposition à tous les moments de la vie d'un enfant, une compréhension globale des facteurs de risque génétiques et une évaluation de l'interaction entre les expositions infectieuses et l'état de la réponse immunitaire chez les individus.

A SYSTEMATIC REVIEW AND META-ANALYSIS OF CHILDHOOD LEUKEMIA AND PARENTAL OCCUPATIONAL PESTICIDE EXPOSURE. 
[Revue systématique de la littérature et des méta-analyses de la leucémie infantile et exposition professionnelle des parents aux pesticides.] 
Wigle DT, Turner MC, Krewski D. 
Environ Health Perspect. 2009; 117(10): 1505-1513.

Les auteurs ont mené une revue systématique de la littérature et des méta-analyses de la leucémie infantile et de l'exposition professionnelle des parents aux pesticides. Des recherches dans Medline (1950-2009) et autres bases de données électroniques ont fait ressortir 31 études. Deux auteurs ont indépendamment résumé les données et évalué la qualité de chacune des études. Des modèles d'effets aléatoires ont été utilisés pour obtenir des odds ratios (OR) résumés avec des intervalles de confiance à 95% (IC). Il n'y avait pas d'association globale entre la leucémie infantile et aucune des expositions professionnelles paternelles aux pesticides (OR = 1.09; 95% IC, 0.88-1.34); des risques légèrement plus élevés ont été relevés dans les sous-groupes des études présentant des scores faibles de qualité (OR = 1.39; 95% IC, 0.99-1.95), des fenêtres d'exposition temporelle mal définies (OR = 1.36; 95% IC, 1.00-1.85), et des informations sur l'exposition récoltées après le diagnostic de leucémie chez les enfants (OR = 1.34; 95% IC, 1.05-1.70). La leucémie infantile était associée à l'exposition professionnelle aux pesticides des mères avant la naissance (OR = 2.09; 95% IC, 1.51-2.88); cette association était légèrement supérieure dans les études présentant des scores élevés dans la qualité des mesures d'exposition (OR = 2.45; 95% IC, 1.68-3.58), des scores plus élevés de contrôle des facteurs confondants (OR = 2.38; 95% IC, 1.56-3.62), et des expositions en relation avec la ferme (OR = 2.44; 95% IC, 1.53-3.89). Le risque de leucémie infantile était également plus élevé en relation avec l'exposition professionnelle prénatale des mères aux insecticides (OR = 2.72; 95% IC, 1.47-5.04) et aux herbicides (OR = 3.62; 95% IC, 1.28-10.3).

Conclusions: La leucémie infantile était associée à l'exposition professionnelle prénatale des mères aux pesticides dans les analyses de toutes les études combinées et dans plusieurs sous-groupes. Les associations avec l'exposition professionnelle des pères aux pesticides étaient plus faibles et moins cohérentes. La recherche a besoin d'inclure des indices d'exposition aux pesticides améliorés, de continuer le suivi des cohortes existantes, d'évaluer la susceptibilité génétique et de mener des recherches de base sur l'initiation et la progression de la leucémie infantile.

THE ASSOCIATIONS BETWEEN MATERNAL FACTORS DURING PREGNANCY AND THE RISK OF CHILDHOOD ACUTE LYMPHOBLASTIC LEUKEMIA: A META-ANALYSIS.
[Les associations entre des facteurs maternels pendant la grossesse et le risque de leucémie lymphoblastique aigue infantile: une méta-analyse.]
Yan K, Xu X, Liu X, Wang X, Hua S, Wang C, Liu X.
Pediatr Blood Cancer. 2015;62(7):1162-1170.

Bien que des facteurs génétiques et environnementaux soient cités comme causes principales de leucémie lymphoblastique aigue, le rôle de facteurs maternels pendant la grossesse n’est toujours pas clair. Dans cette étude, une méta-analyse a été menée. Les études ont été recherchées dans les bases de données Medline, PubMed, et Web of Science. Les résultats ont été évalués sur base d’odd ratios poolés avec des intervalles de confiance à 95%. Les données montrent l’existence d’associations avec l’ordre de naissance (le 1e versus les autres, OR = 1.08, IC 95% = 1.00-1.16), le niveau d’éducation de la future maman (études supérieures versus non, OR = 0,82, IC 95% = 0.77-0.86), le tabagisme (toujours versus jamais, OR=1,10, IC 95%=1.02-1.19).

Conclusions: Cette méta-analyse a montré qu’il existe des associations importantes entre la leucémie lymphoblastique aigue infantile et l’ordre de naissance, le niveau d’éducation de la future maman et le tabagisme.

HOUSEHOLD PESTICIDE EXPOSURE AND THE RISK OF CHILDHOOD ACUTE LEUKEMIA IN SHANGHAI, CHINA.
[Exposition domestique aux pesticides et risque de leucémie aigue infantile à Shanghai, Chine.]
Zhang Y, Gao Y, Shi R, Chen D, Wang X, Kamijima M, Sakai K, Nakajima T, Khalequzzaman M, Zhou Y, Zheng Y, Bao P, Tian Y.
Environ Sci Pollut Res Int. 2015;22(15):11755-11763.

Les auteurs ont analysé la relation entre l’exposition domestique aux pesticides et la leucémie aigue infantile. Entre 2009 et 2010 à Shanghai, 248 enfants nouvellement diagnostiqués et 111 enfants appariés selon le genre, l’âge et l’hôpital ont été inclus. Cinq métabolites dialkylés des pesticides organophosphatés [incluant dimethyl phosphate (DMP), diethyl phosphate (DEP), dimethyl thiophosphate (DMTP), diethyl thiophosphate (DETP), et diethyl dithiophosphate (DEDTP)] ont été analysés dans les urines par chromatographie en phase gazeuse.

Les résultats ont montré que les niveaux médians de DMP, DEP, DMTP, DETP, et DEDTP (respectivement 13,2, 10,0, 31,3, 8,5, and 6,1 μg/g) ajustés pour la créatinine (Cr) des malades étaient tous significativement supérieurs à ceux des contrôles (respectivement 3,6, 3,6, 13,3, 2,7, et 1,7 μg/g) (p<0,05). L’utilisation domestique d’anti moustiques était significativement associée à un risque accru de leucémie aigue infantile (OR=1,9 IS 95% 1,2-3,1). De plus, des expositions plus élevées aux DMs, DEs, et DAPs étaient significativement associées à un risque accru de leucémie aigue infantile.

Conclusions: Ces résultats supportent l’hypothèse d’un rôle de l’utilisation des pesticides au niveau domestique dans l’étiologie de la leucémie infantile et montrent l’intérêt d’études ultérieures à Shanghai.

MATERNAL BENZENE EXPOSURE DURING PREGNANCY AND RISK OF CHILDHOOD ACUTE LYMPHOBLASTIC LEUKEMIA: A META-ANALYSIS OF EPIDEMIOLOGIC STUDIES.
[Exposition maternelle au benzène pendant la grossesse et risque de leucémie lymphoblastique aigue chez l’enfant : une méta-analyse des études épidémiologiques.]
Zhou Y, Zhang S, Li Z, Zhu J, Bi Y, Bai Y, Wang H.
PLoS One. 2014; 9(10):e110466.

La prévalence de la leucémie infantile augmente rapidement partout dans le monde. Cependant, les études sur l'exposition maternelle au benzène pendant la grossesse et la leucémie lymphoblastique aiguë (LLA) infantile n’ont pas été systématiquement évaluées. Par conséquent, les auteurs ont réalisé une méta-analyse pour étudier l'association entre les expositions des mères aux solvants, aux peintures, au pétrole, et le tabagisme pendant la grossesse et le risque de l'enfance ALL infantile.

Les études pertinentes jusqu'au 1er Septembre, 2013 ont été identifiées par une recherche dans les bases de données PubMed, Embase, Cochrane et Web of Science. Les effets ont été regroupés à l'aide de modèles fixes ou aléatoires selon l'hétérogénéité des études.

Vingt-huit études cas-témoins et une étude de cohorte ont été incluses dans l'analyse, avec un total de 16 695 cas et 1.472.786 contrôles impliqués. Les odds ratio (OR) avec un intervalle de confiance de 95% (IC) étaient de 1,25 (1,09-1,45) pour les solvants, 1,23 (1,02-1,47) pour les peintures, 1,42 (1,10-1,84) pour l'exposition au pétrole, et de 0,99 (0,93-1,06) pour le tabagisme maternel pendant la grossesse. Aucun biais de publication n’a été trouvé dans cette méta-analyse.

Conclusions: Les résultats montrent une association entre ALL infantile et l’exposition des mères aux solvants, aux peintures et au pétrole pendant la grossesse. Aucune association n'a été trouvée entre ALL et le tabagisme maternel pendant la grossesse.

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Dernière mise à jour le 03/08/2017

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